Le ministre Stan Cho remet sa démission suite à la polémique des frais d’hôtel
TORONTO – Le ministre du Tourisme, de la Culture et des Jeux, Stan Cho, au coeur d’une polémique cette semaine entourant une quinzaine d’autres députés du Parti progressiste-conservateur pour des frais d’hôtel à Toronto, a démissionné de son poste. Le ministre a « reconnu son erreur », a annoncé le premier ministre Doug Ford par voie de communiqué ce vendredi. Il conserve toutefois son siège de député provincial de Willowdale.
Le bureau de Doug Ford a annoncé la démission effective et immédiate de Stan Cho de ses fonctions ministérielles.
Moins de 24 heures après que le gouvernement progressiste-conservateur ait annoncé son intention d’abolir la clause de remboursement pour « circonstances spéciales » qui a permis ces dépenses, l’annonce du ministre Cho est tombée.
Bien qu’il quitte ses fonctions ministérielles, Stan Cho conservera son siège de député provincial pour la circonscription torontoise de Willowdale.
« Il a reconnu son erreur et en a assumé la responsabilité », a simplement commenté le premier ministre Doug Ford.
Dans le même communiqué, le gouvernement a également annoncé le départ à la retraite du ministre du Sport, Neil Lumsden (Hamilton-Est-Stoney Creek), qui quittera le Cabinet et la vie politique le 4 août prochain. M. Ford a salué le travail de ce dernier, notamment dans la préparation de l’accueil de la Coupe du Monde de la FIFA à Toronto.
Une tentative pour esquiver les comptes, selon l’opposition
La réplique de l’opposition officielle ne s’est pas fait attendre. Pour la cheffe du NPD, Marit Stiles, cette démission soudaine n’est qu’une tentative d’étouffer l’affaire sans fournir d’explications sur les 16 000 $ de frais d’hôtel. «
Ce ministre menait la grande vie, s’offrant des suites de luxe sur le dos des contribuables, et il essaie maintenant de fuir ses responsabilités parce qu’il s’est fait prendre la main dans le sac », a-t-elle exprimé.
« Ont-ils toujours la confiance du premier ministre? Il est temps d’avoir de vraies réponses », a-t-elle aussi questionné au sujet des députés Hardeep Grewal, Nina Tangri et Charmaine Williams, dont les notes de frais exorbitantes ont également été exposées.
Même son de cloche du côté du chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser, pour qui la polémique autour de Stan Cho n’est que « la pointe de l’iceberg ». Selon lui, cette affaire cache une culture d’abus bien plus profonde au sein du gouvernement. « L’histoire ne s’arrête pas aux chambres d’hôtel de Stan Cho. Il y a d’autres ministres, d’autres députés, et d’autres scandales », a prévenu M. Fraser, exigeant que Doug Ford montre l’ensemble des reçus aux contribuables : « Qui était où, quand, et pourquoi? Le public mérite de savoir. »
Pour le chef du Parti vert, Mike Schreiner, ce départ est le symptôme d’un problème systémique généralisé. « Alors que les Ontariens ordinaires peinent à payer leur loyer ou leur épicerie, les membres du gouvernement Ford utilisent l’argent des contribuables pour financer leur propre train de vie », s’est insurgé le leader des Verts.
Ces derniers ont d’ailleurs tous deux pointé du doigt une responsabilité directe de Doug Ford relative à un sens du privilège « qui commence au sommet », rappelant notamment les récentes tentatives du premier ministre de faire l’acquisition d’un avion privé de luxe alors que la population écope. Pour l’opposition, le départ d’un seul ministre ne suffira pas à répondre à la question de la gestion des fonds publics à Queen’s Park.