Ancien joueur de la LNH, Pascal Rhéaume devient le premier Québécois à diriger la formation torontoise depuis la création de la LPHF. Crédit : Heather Pollock/LPHF
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« Arriver à l’aréna avec le sourire » : la méthode Pascal Rhéaume pour relancer les Sceptres de Toronto

Ancien joueur de la LNH, Pascal Rhéaume devient le premier Québécois à diriger la formation torontoise depuis la création de la LPHF. Crédit : Heather Pollock/LPHF

TORONTO – Nommé entraîneur-chef des Sceptres de Toronto au début du mois de juin, Pascal Rhéaume entame un nouveau chapitre de sa carrière dans le hockey féminin, après plusieurs années passées à développer des joueurs dans les rangs professionnels masculins. Pour le Québécois, l’objectif est clair : bâtir une culture où le plaisir, la communication et le développement individuel doivent mener les Sceptres jusqu’à la Coupe Walter.

Après 17 saisons en tant que joueur professionnel et une quinzaine d’années derrière un banc, Pascal Rhéaume estime avoir atteint une étape importante de son parcours en prenant les commandes des Sceptres de Toronto, une équipe qui avait atteint les demi-finales lors des deux premières saisons de la LPHF avant de manquer les séries en 2025-2026.

« C’était un gros but pour moi et c’est un privilège d’être l’entraîneur-chef d’une équipe de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF). On parle des meilleures joueuses au monde dans une ligue qui continue de grandir chaque année », confie-t-il en entrevue avec ONFR.

L’ancien attaquant, qui a disputé plus de 300 rencontres dans la Ligue américaine et une partie de sa carrière dans la LNH avant d’entreprendre une reconversion derrière le banc, occupait jusqu’ici le poste d’entraîneur adjoint des Islanders de Bridgeport, le club-école des Islanders de New York, dans la Ligue américaine de hockey. Il succède à Troy Ryan, parti relever un nouveau défi avec l’équipe d’expansion de San José.

Au-delà du prestige du poste, c’est surtout l’occasion de travailler quotidiennement avec l’élite du hockey féminin qui a convaincu Rhéaume. « Ce qui me motive, c’est de développer des joueuses au plus haut niveau. J’ai beaucoup travaillé individuellement avec les athlètes tout au long de ma carrière d’entraîneur, avant les entraînements, après les entraînements, avec des vidéos personnalisées. Aujourd’hui, je me sens prêt à relever ce défi comme entraîneur-chef. »

Développer avant tout

Si les Sceptres viseront naturellement le championnat, Rhéaume refuse que les résultats soient le seul indicateur de réussite. Le nouveau pilote torontois veut avant tout faire progresser chacune de ses joueuses.

« Notre but, c’est de gagner la Coupe Walter, mais aussi de développer nos athlètes. On veut qu’elles repartent meilleures qu’à leur arrivée. On veut construire quelque chose qui va durer plusieurs années. »

Pascal Rhéaume souhaite installer une identité de jeu fondée sur l’engagement collectif et une communication constante entre les membres du personnel et les joueuses. Photo : Heather Pollock/LPHF

Pour y parvenir, il s’appuiera sur son personnel d’entraîneurs avec lequel il veut des échanges ouverts pour faire évoluer ses idées au quotidien.

« Je veux qu’on prenne les décisions ensemble. J’amène des idées, mais le personnel est là pour les enrichir. Une équipe ne fonctionne jamais grâce à une seule personne. »

Le bien-être mental au cœur du projet

Au fil de l’entretien accordé à ONFR, un thème revient constamment : l’importance de l’humain. Rhéaume souhaite instaurer un environnement où les joueuses prennent plaisir à venir à l’aréna.

« Une de mes plus grandes valeurs, c’est que les joueuses aient envie de venir à l’aréna tous les matins. On peut avoir du plaisir, mais dès qu’on embarque sur la glace, c’est le temps de travailler fort. »

L’ancien joueur estime que le métier d’entraîneur a profondément évolué au cours des dernières décennies.

« Dans mon temps, on se faisait souvent crier après. Aujourd’hui, on comprend beaucoup mieux l’importance de la façon dont on parle aux athlètes. Le positif amène énormément de choses. Les joueuses sont ici parce qu’elles ont du talent. Notre rôle, c’est de leur donner confiance. »

Selon lui, la préparation mentale est devenue aussi importante que la préparation physique. « Quand une joueuse ne va pas bien, ce n’est pas toujours une question de hockey. Il peut y avoir la famille, le couple ou d’autres préoccupations. C’est important de savoir ce qui se passe et d’avoir une relation de confiance. Après, il y a aussi des spécialistes pour les accompagner lorsque c’est nécessaire. »

Poser les bases avant novembre

Même si le premier camp d’entraînement est encore à plusieurs mois, Pascal Rhéaume ne manque pas de travail. Entre les réunions régulières avec son personnel, la préparation des systèmes de jeu, les analyses vidéo et le suivi des joueuses durant l’été, les journées sont déjà bien remplies.

« Je suis devant mon ordinateur pratiquement tous les matins. On travaille déjà sur notre système de jeu, sur les vidéos qu’on présentera au camp et sur les aspects que les joueuses peuvent améliorer pendant l’été. Quand elles arriveront au camp, on veut que tout soit déjà bien préparé. »

Après un été consacré à bâtir son équipe d’entraîneurs et à préparer la saison, Pascal Rhéaume retrouvera ses joueuses sur la glace lors du camp d’entraînement d’avant saison à l’automne. Photo : Heather Pollock/LPHF

Le contexte de la prochaine saison ajoute toutefois un défi supplémentaire. Avec l’expansion de la LPHF et l’arrivée de nouvelles équipes, plusieurs effectifs seront profondément remodelés.

« On ne connaît pas encore toutes les autres équipes. Beaucoup de nouvelles joueuses arrivent dans la ligue. Notre priorité, c’est surtout de nous concentrer sur Toronto et sur ce qu’on peut contrôler. »

Une rivalité… familiale

L’objectif demeure évidemment de remporter la Coupe Walter, mais Rhéaume préfère parler d’un processus plutôt que de résultats immédiats. « On veut poser nos bases dès le début de la saison. Ce n’est pas parce qu’on commence avec dix ou douze victoires qu’on gagne nécessairement le championnat. Ce qui compte, c’est de progresser et d’être prêt au bon moment. »

Sa première saison pourrait également offrir un scénario particulier puisque Manon Rhéaume, sa soeur, a récemment été nommée directrice générale de la franchise d’expansion de Detroit. « On était des ennemis au repêchage, mais des frères et sœurs en même temps », lance-t-il en souriant.

Le Québécois imagine déjà les retrouvailles lorsque les deux équipes s’affronteront. « Ça va être une belle rivalité. Notre mère va sûrement vouloir que les deux gagnent. Mais après le match, si on peut aller souper ou prendre un verre ensemble, on va le faire. »

En attendant, Rhéaume espère surtout convaincre les amateurs torontois, et notamment la communauté francophone, de découvrir la ligue qui ne cesse de grandir depuis sa création en 2023.

« Venez l’essayer. C’est du très bon hockey, l’ambiance est excellente et je suis convaincu que les gens ne seront pas déçus. »