De gauche à droite, les candidats à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario Lee Fairclough, Eric Lombardi, Navdeep Bains, Stephanie Bowman et Dylan Marando avant le débat des candidats à Brampton, en Ontario, ce lundi 10 août 2026. Photo : La Presse Canadienne/Arlyn McAdorey
Politique

« Une alternative crédible à Doug Ford » : l’ambition des candidats à la chefferie libérale

De gauche à droite, les candidats à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario Lee Fairclough, Eric Lombardi, Navdeep Bains, Stephanie Bowman et Dylan Marando avant le débat des candidats à Brampton, en Ontario, ce lundi 10 août 2026. Photo : La Presse Canadienne/Arlyn McAdorey

TORONTO — Réunis à Toronto pour le tout premier débat de la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario (PLO), les cinq candidats en lice ont affiché un consensus sans équivoque : au-delà de leurs parcours respectifs, l’objectif prioritaire reste de reconstruire une opposition solide capable de faire tomber le gouvernement de Doug Ford lors du prochain scrutin.

Dans le cadre de la course à la chefferie libérale de 2026, les cinq candidats en lice ont partagé leur vision en tant que futur potentiel chef du parti autour de différents volets, allant de l’abordabilité et du logement, des soins de santé, de l’éducation et du pouvoir gouvernemental, de l’économie et de l’énergie ou encore de la manière dont le Parti libéral peut riposter à Doug Ford.

Mais la volonté majeure qui a dominé était celle d’incarner le leader qui pourra « prendre » le gouvernement Ford. Une des toutes premières questions de la modératrice, Tina Yazdani, journaliste pour The Trillium, visait à savoir « ce qui vous différenciera des autres leaders qui ont perdu contre Doug Ford? »

« Nous avons besoin d’un front uni, d’un leadership authentique, d’une équipe solide et d’un plan complet », a déclaré l’ancien député et ministre fédéral Navdeep Bains. Source : chaîne YouTube OntarioLiberalTV

Si le fait de « regagner la confiance des Ontariens » a fait consensus après trois défaites du Parti libéral, deux courants de pensée se sont distingués entre les candidats.

« À l’inverse de la dernière leader, j’ai un siège dans la législature, nous devons avoir un leadership fort et un chef qui a un siège », a lancé Lee Fairclough, députée d’Etobicoke-Lakeshore depuis 2025.

« C’était un challenge que les précédents leaders n’aient pas de siège à Queen’s Park », a appuyé Stephanie Bowman, députée de Don Valley West depuis 2022.

Eric Lombardi, ingénieur, entrepreneur et militant, appuyé par Dylan Marando, stratège et conseiller politique, a défendu l’idée que le chef n’a pas besoin de siéger immédiatement à Queen’s Park, cette position offrant l’avantage de pouvoir aller davantage à la rencontre des Ontariens sur le terrain.

Navdeep Bains, ancien député fédéral et ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada sous le gouvernement Trudeau, en accord avec ces derniers, s’est toutefois appuyé sur son statut établi pour appuyer sa légitimité : « Les Ontariens veulent une alternative crédible à Doug Ford ».

Un réquisitoire unanime contre le gouvernement Ford

Les cinq aspirants chefs ont profité de la tribune pour dresser un bilan sombre de la gestion des progressistes-conservateurs, accusant le premier ministre Doug Ford de servir des intérêts privés et de multiplier les mauvaises priorités budgétaires.

Navdeep Bains et Dylan Marando ont vivement dénoncé les dépenses promotionnelles de la province, les millions de dollars engloutis dans des campagnes publicitaires gouvernementales, notamment pour vanter l’agrandissement des prisons, a noté Marando.

De son côté, Stephanie Bowman a fustigé un gouvernement qui « gaspille des milliards de dollars qui auraient pu éponger le déficit d’infrastructures » tout en cherchant à « enrichir ses amis ».

Le secteur de la santé a concentré une grande partie des attaques. M. Bains, M. Marando et Mme Fairclough ont tous trois accusé Doug Ford d’avoir délibérément sous-financé le système public afin de favoriser la privatisation des soins, forçant ainsi les Ontariens à payer plus cher.

Lee Fairclough a également dénoncé les « projets fantasmes » du gouvernement et s’est dite estomaquée par le récent scandale des factures d’hôtel de Toronto remboursées à des députés conservateurs résidant pourtant dans la région du Grand Toronto.

Différentes priorités avancées mais un même cap

Parmi ses priorités, Navdeep Bains entend miser sur la croissance économique et une meilleure protection des consommateurs pour accroître la concurrence et faire baisser le coût de la vie. Pour l’ancien ministre, générer des revenus grâce à une économie forte, notamment en misant sur les ressources du Nord, est la seule façon de réinvestir massivement dans les services publics.

« Je comprends que la situation est très difficile pour beaucoup d’Ontariens et d’Ontariennes », a-t-il déclaré en français lors de son mot de clôture, ajoutant que « nous devions regagner leur confiance ».

Lee Fairclough souhaite moderniser le parti et servir de pont face à la polarisation politique. Celle qui a fait basculer sa circonscription d’Etobicoke-Lakeshore du bleu au rouge promet de redonner la priorité absolue à l’accès aux soins de santé publics et aux opportunités pour la nouvelle génération. « Les meilleurs jours sont à venir », a-t-elle affirmé en français.

« J’ai fait basculer un siège du bleu conservateur au rouge, a déclaré la candidate Lee Fairclough lors du premier débat de la course à la chefferie libérale. » Source : chaîne YouTube OntarioLiberalTV

Stephanie Bowman entend consolider les bases financières de la province afin de restaurer le système de santé. Parmi ses mesures phares figurent des baisses d’impôts pour les petites entreprises et la création d’un fonds d’aide à la carrière pour les jeunes, tout en mettant fin au gaspillage des fonds publics.

Dylan Marando fait de l’abordabilité sa priorité absolue en proposant des baisses d’impôts, la réduction des coûts des services de garde d’enfants et une revalorisation des travailleurs de la santé. Il a également insisté sur la nécessité de présenter une équipe libérale renouvelée et prête à gouverner.

Eric Lombardi prône un leadership audacieux axé sur la résolution de la crise du logement, la hausse du nombre de médecins et la réduction de la bureaucratie. Voulant aller chercher les votes du NPD et du Parti conservateur, il appelle le parti à faire preuve de transparence et à proposer une vision innovante pour convaincre les électeurs.

Le nouveau leader du Parti libéral, qui succèdera à l’ex-mairesse de Mississauga Bonnie Crombie, sera annoncé le 21 novembre prochain.