Banquet des Franco-Ontariens 2026 : Joanne Gervais est la lauréate du Prix de la francophonie
SUDBURY – En ce Jour des Franco-Ontariens, Joanne Gervais reçoit le Prix de la francophonie, une récompense pour ses décennies d’implication dans le monde francophone de Sudbury. À l’occasion du banquet des Franco-Ontariens, l’ancienne directrice de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Sudbury a ainsi vu la communauté la célébrer.
« C’est surréel, je suis très flattée », se réjouit Joanne Gervais. À l’occasion du Banquet des Franco-Ontariens, une soirée organisée au Collège Boréal par l’ACFO, qu’elle a dirigée pendant seize ans, la Sudburoise s’est vu remettre le fameux Prix de la francophonie, anciennement connu sous le titre de Prix de la Personnalité de l’année de l’ACFO du grand Sudbury.
« Rien ne s’est fait seul. Tout a été réalisé en partenariat parce que j’avais de bons contacts », souligne-t-elle. « Quand tu es dans le feu, c’est difficile de voir les réalisations et les avancées. Donc ce sont des moments qui te forcent à réfléchir et à sentir une certaine fierté ».
Originaire de Sudbury, Mme Gervais s’est longuement impliquée dans les revendications francophones de la ville. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’elle est récompensée par des organismes locaux.
En 2022, elle recevait le Mérite Horace-Viau. L’année suivante, elle obtient un diplôme honorifique en affaires et service communautaire du Collège Boréal. Trois ans plus tard, elle a l’honneur d’être nommée au Palmarès des personnalités influentes de la francophonie canadienne, avant de recevoir, en 2026, le Prix Coup de cœur à la onzième édition de la Soirée saphir de la Fondation franco-ontarienne.
« Cette année, l’événement avait une résonance toute spéciale pour moi : à mon premier banquet comme organisatrice, j’ai eu le privilège de voir ma propre mentore recevoir cette distinction bien méritée. Voir son dévouement ainsi reconnu a été un moment
inoubliable », soulève Karine Tellier qui a pris les rênes de l’ACFO cette année, par communiqué.

Un parcours ancré dans la francophonie
Après l’obtention d’un baccalauréat ès arts en études éthiques de la Laurentienne, elle entame une carrière marquée par plusieurs changements de direction, elle œuvre dans le domaine de la santé, du service social, et de l’éducation. C’est en 2005 qu’elle devient directrice du Centre franco-ontarien de folklore, une expérience qui la plonge dans le milieu culturel et patrimonial de l’Ontario français.
Vite immergée dans le milieu communautaire francophone de sa ville natale, elle devient membre du conseil d’administration de l’AFO.
Issue d’une grande fratrie, Joanne Gervais a grandi dans la francophonie. Son frère ainé n’est nul autre que l’historien sudburois, Gaëtan Gervais, cocréateur du drapeau franco-ontarien et figure importante du patrimoine, nommé membre de l’Ordre du Canada en 2014, soit quatre ans avant sa disparition en 2018.
Au niveau local, elle est fortement engagée dans la défense de la langue française. Elle joue un rôle dans la création de l’Université de Sudbury. Durant son mandat à la tête de l’ACFO, un rapport d’enquête sur le bilinguisme municipal par l’historien Serge Dupuis, est publié lors du Jour des Franco-Ontariens de 2023.
En dehors de la remise du Prix de la francophonie, ce premier banquet mené sous la nouvelle direction de Mme Tellier, n’a pas manqué de réunir les membres de la communauté et a aussi donné l’occasion aux acteurs de la communauté de s’exprimer sur la francophonie à Sudbury. Le maire de Sudbury, Paul Lefebvre, ainsi que les députés néodémocrates provinciaux Jamie West et France Gélinas, étaient également présents à l’occasion.
Parmi les célébrations figurait aussi le 35e anniversaire du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury. Son directeur, Denis Constantineau, a pris le temps, lors d’un discours, de saluer l’offre active de services en français à Sudbury, notamment à travers ses « bénévoles et toutes les personnes qui nous ont fait confiance au cours de ces 35 années et qui continuent ensemble de faire vivre cette francophonie accueillante, diversifiée, confiante et en santé ».
Pour la lauréate, la retraite ne veut pas dire qu’elle cesse ses engagements. Après six mois de repos, elle garde l’esprit ouvert, assurant qu’elle souhaite maintenir des activités qui lui tiennent à cœur : « J’ai pris ma retraite mais je n’ai pas arrêté d’être Franco-Ontarienne. »