L’Ontario en vert, en blanc et en force, ce 25 septembre
De Toronto à Sudbury, de London à Ottawa en passant par Rockland et de multiples recoins de la province, le drapeau vert et blanc a flotté haut dans un ciel, en ce Jour des Franco-Ontariens, dans une année où la communauté tente de redessiner son avenir et s’apprête à marquer les 40 ans de Loi sur les services en français.
Près de 300 personnes se sont rassemblées à Toronto sur la place Nathan-Phillips, devant l’hôtel de ville, pour célébrer le Jour des Franco-Ontariens. Sur le thème de la relève, la cérémonie initiée par l’Association des communautés francophones de l’Ontario de Toronto (ACFO Toronto) a débuté par une performance de slam saisissante de l’artiste franco-torontois Ilyas Mofaddel, mettant les mots sur les combats de la communauté.
Devant des élèves électrisés à l’annonce de leur école respective au micro, le président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Henri Lavergne, a encouragé la nouvelle génération à s’impliquer activement au sein de la francophonie.
Si aucune figure politique municipale n’a assisté à l’événement en cette période électorale, de nombreux leaders institutionnels étaient présents pour représenter le Centre francophone du Grand Toronto, Action positive, le Consulat général de France et bien d’autres.
À Queen’s Park, une cérémonie inhabituelle
À Queen’s Park, en raison de travaux, les célébrations d’ordinaire à l’extérieur au pied du mât protocolaire se sont déplacées dans l’édifice de l’Assemblée législative où une succession de discours a ponctué la matinée.
« L’an dernier, nous célébrions les 50 ans de notre drapeau. Cette année, nous célébrons une avancée importante : la décision de faire flotter notre drapeau en permanence ici, à Queen’s Park, au cœur de la démocratie ontarienne, a rappelé Fabien Hébert, le président de l’Assemblée de la francophonie (AFO).
La ministre des Affaires francophones, Natalia Kusendova, l’a rejoint sur un point dans son discours : donner les clés à la francophonie afin qu’elle prenne une place plus importante en Ontario.
Des mots qui ont pris tout leur sens un peu plus tard dans les appartements de la lieutenante-gouverneure, Édith Dumont, qui dévoilait le catalogue numérique « 50 ans de fierté ensemble pour demain », une initiative débutée un an plus tôt et impliquant 17 projets artistiques à découvrir sur internet.
À Ottawa, on continue de « se transformer et grandir »
À Ottawa, le drapeau était hissé par le maire et le président de l’ACFO, deux cadets de l’escadron 925 Edmond-Lanthier, le premier escadron francophone des Cadets de l’Aviation royale du Canada à Ottawa. Le numéro 925 fait référence au 25 septembre 1975, jour du premier lever du drapeau.
« La francophonie d’Ottawa, c’est aussi une communauté qui continue de se construire, de se transformer et de grandir », a souligné Bobby Bourdeau, président de l’ACFO, lors de la cérémonie tenue à l’édifice historique de l’hôtel de ville.
Cette célébration coïncidait cette année avec le 200e anniversaire d’Ottawa et a également permis de rappeler la contribution des francophones à la construction et au développement de la ville.
À quelques encablures de là, dans l’agora de l’Université d’Ottawa, Julie Cafley participait à son premier lever du drapeau en tant que vice-rectrice à la francophonie.
Dan Ngenzi Ya Ruty, commissaire aux affaires francophones du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa, a pour sa part déclamé un slam émouvant célébrant son amour pour la francophonie ontarienne. L’autrice franco-ontarienne Michèle Vinet a également pris la parole pour lire un poème.
À Rockland, une tradition du défilé bien ancrée
Dans l’Est ontarien, à Clarence-Rockland, la célébration du Jour des Franco-Ontariens a pris une tournure particulièrement rassembleuse devant le Monument de la francophonie. Quelque 250 élèves issus des écoles francophones et des programmes d’immersion des établissements anglophones voisins se sont rassemblés dans une mer de vert et de blanc.
Pour le Club Champlain, anciennement Club Richelieu et le coorganisateur de l’événement, ce rassemblement revêtait un cachet tout particulier. Son président, Richard Gagné, a souligné avec fierté que le club célébrait cette année son 60e anniversaire d’engagement auprès de la jeunesse et de la communauté francophone locale.
Des élèves issus de programmes d’immersion d’écoles anglophones sont venus exprimer tour à tour leur attachement à la langue française tandis que le maire Mario Zanth a rappelé la portée de cet engagement pour toute la collectivité.
Les festivités ont culminé avec un défilé puis un lever de drapeau porté et hissé par les jeunes, au rythme de la chanson Notre place interprétée par la chorale de l’école L’Escale.
À Sudbury, « Rappelons-nous où nous allons! »
« Rappelons-nous où nous allons », énonce Serge Miville, le recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury où le drapeau franco-ontarien a été levé pour la toute première fois il y a 51 ans.
À l’occasion du Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes, plusieurs membres de la communauté sudburoise se sont rassemblés pour célébrer l’Ontario français, dont des étudiants de MacDonald-Cartier, de la Laurentienne, et de l’Université de Sudbury. En tant que maître de cérémonie, l’étudiant à l’Université de Sudbury, Oumarou Tapily, en a profité pour lire le texte de sa camarade, Bertine Bonyoku Wuya. Il figurera d’ailleurs dans le recueil de textes, Ancrage et exil, rédigés par les étudiants.
« Mon cœur bat au rythme de deux terres unies par la langue et l’espoir » peut-on lire au début de ce récit qui rend hommage à sa francophonie.
Avant le lever du drapeau, plusieurs acteurs de la communauté ont pris la parole, notamment Karine Tellier, la directrice générale de l’ACFO du Grand Sudbury et France Gélinas, la députée provinciale pour la circonscription de Nickel Belt, afin de faire valoir l’importance de vivre en français.
À London, une grande fête scolaire et musicale
À London, le Jour des Franco-Ontariens a pris des airs de grande fête scolaire. À l’initiative du Carrefour communautaire francophone de London (CCFL), des élèves du Conseil scolaire Viamonde et du Conseil scolaire catholique Providence étaient réunis au Centennial Hall pour assister au spectacle Passeport Franco de Johanne Lefebvre et Brian St-Pierre, auteur-compositeur de Mon beau drapeau.
Drapeaux dans les mains, vêtements verts et blancs, chants et danses : l’ambiance a rapidement gagné la salle. « C’était comme un feu d’artifice de joie et de fierté, ont résumé les artistes. On les a fait danser, on les a fait chanter, et c’était formidable. »
Créé il y a quatre ans, Passeport Franco met à l’honneur la musique, la culture et les artistes franco-ontariens, autour notamment de Mon beau drapeau, chanson composée il y a 25 ans.
Les célébrations se sont poursuivies à St. Thomas, où le drapeau franco-ontarien a été hissé devant l’hôtel de ville à 14 h. Une première pour la municipalité, qui a également proclamé officiellement le 25 septembre Journée des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes. Pour le CCFL, cette cérémonie marque aussi sa volonté d’accroître la visibilité de la francophonie au-delà de London et de rapprocher les communautés francophones de London, St. Thomas et des environs.
La fête continue cette fin de semaine
Après une journée somme toute très protocolaire, les festivités se poursuivent en fin de journée et en certains endroits toute la fin de semaine.
En fin d’après-midi, des Ottaviens se rassembleront au Carré de la francophonie, à Vanier, tandis que d’autres se sont donné rendez-vous au MIFO à Orléans pour assister aux festivités du Centre des arts Shenkman, avant un spectacle à 18 h réunissant Mélissa Ouimet, YAO, Sébastien Leroux, Bruny Surin et la chorale de L’Escale de Rockland.
Toujours dans l’Est, les festivités se poursuivent ce soir. À Hawkesbury, l’artiste franco-ontarien Serge Monette présente son spectacle Un gars de la vallée à 19 h 30 au centre culturel Le Chenail. À Cornwall, le premier Gala de la francophonie sous le thème « Une langue… mille histoires », lequel affiche complet, réunit la communauté ce soir au Centre Charles-Émile-Claude.
Les célébrations se prolongeront également demain, à Casselman, où la population est invitée au 2e Rassemblement communautaire et foire du patrimoine franco-ontarien, qui se tiendra le samedi 26 septembre de 11 h à 15 h à la Salle Deguire du complexe J.-R.-Brisson.
Dans le Nord, les Sudburois se préparent pour le Banquet de la francophonie ce vendredi, puis le French Fest le lendemain, tandis qu’à Toronto le festival Francophonie en fête laisse s’échapper les premières notes de trois jours de concert au sein de l’amphithéâtre Bentway, sous l’autoroute Gardiner.