Sudbury : un nouveau livre illustre 75 ans de cheminement culturel et institutionnel francophone
SUDBURY – L’historien sudburois Serge Dupuis a lancé ce mardi à la Place des Arts son nouveau livre Grandir et bâtir en milieu minoritaire, un ouvrage qui illustre les 75 ans d’existence du Carrefour francophone au sein de la vie culturelle de la communauté francophone de 1951 à aujourd’hui. Publiée aux éditions Septentrion, l’œuvre est composée d’archives, d’entrevues, de témoignages et d’images retraçant l’engagement du Carrefour dans la francophonie locale.
Après cinq ans de recherche, Serge Dupuis lance officiellement Grandir et bâtir en milieu minoritaire, un ouvrage de 200 pages sur le cheminement culturel et institutionnel de la francophonie sudburoise, retraçant les 75 ans d’activité du Carrefour francophone. « En 2020, on avait commencé des recherches sur des matériaux patrimoniaux de l’histoire culturelle francophone à Sudbury, des éléments qui allaient être intégrés à la Place des Arts qui a été inaugurée en 2022 », explique-t-il.
En effet, le projet commence à prendre forme pendant la pandémie. L’ouvrage s’appuie sur un projet datant de 1992 intitulé Centre des jeunes à Carrefour francophone. Publié sous la direction du professeur Guy Gaudreau, ce projet illustrait à l’époque les 40 ans d’existence de l’organisme phare de la francophonie sudburoise.
« Il y a une bonne partie de l’histoire qui existait dans l’ouvrage de 1992, mais il y en a des parties qui sont nouvelles, notamment parce qu’on a eu recours à l’histoire orale avec des témoignages qui n’avaient pas été faits dans la première mouture de l’ouvrage », souligne-t-il. En soi, Grandir et bâtir en milieu minoritaire est une mise à jour historique dans la documentation de la vie culturelle francophone dans la ville du nickel, dit-il à ONFR.
Si le Carrefour francophone occupe une grande place dans le livre, d’autres organismes culturels francophones sont mentionnés dans l’ouvrage.
« C’est le prétexte pour parler des 75 ans de l’histoire culturelle francophone à Sudbury, mais on a inclu d’autres organisations et leur évolution, comme le club Saint-Louis qui avait précédé dans les années 20, 30, et 40. On a parlé de la jeunesse étudiante catholique qui existait dans les autres paroisses et d’autres organismes culturels qui ont été mis sur pied dans les années 1970, comme le festival La Nuit sur l’étang », affirme l’auteur.

Plonger dans les archives
Pour mener ce livre à bout, M. Dupuis a été accompagné par le Carrefour francophone, notamment son directeur général et culturel, Stéphane Gauthier. Ce dernier s’est impliqué dans les travaux de recherche iconographique et historique.
« Il voulait que j’approfondisse certaines dimensions de cette histoire-là. Ça faisait partie du mandat. Il faut dire que c’est l’équipe du Carrefour francophone qui a vraiment trouvé une grande majorité des iconographies et qui a rédigé les légendes. Donc j’étais accompagné dans ce processus », explique l’historien, ajoutant que M. Gauthier figure d’ailleurs comme second auteur, ayant rédigé et retravaillé les légendes, soit 9000 mots.
Pour documenter les 35 dernières années du Carrefour francophone de Sudbury, l’historien se base sur d’anciens rapports annuels de la Ville, une revue de presse, mais aussi des entretiens et des documents internes reflétant les « moments charnières dans l’histoire de l’organisation ».
Quant au format de ce livre, l’auteur a opté pour un format plus condensé. « Le récit que vous avez sous les yeux est un modèle de récit un peu plus resserré comparativement à l’essai régulier qui est en moyenne de 80 000 mots. On en a 34 000. C’est un peu moins que la moitié, mais on a pu inclure plus de 600 photos ce qui est quand même inhabituel. »

Un outil d’intégration et de mémoire historique
Alors que la francophonie sudburoise change de visage, notamment à travers la hausse de l’immigration francophone, l’historien voit en ce livre une opportunité pour les nouveaux arrivants de comprendre le passé de la francophonie dans laquelle ils s’implantent. Avec Grandir et bâtir en milieu minoritaire, Serge Dupuis veut mettre l’accent sur l’ancienneté de la population francophone de la ville.
« L’histoire est toujours un moyen de comprendre cette quatrième dimension qui est le passé qu’on ne voit pas à l’œil nu, mais qui reste très réel. Je pense notamment l’impact de l’ancienneté de cette présence francophone à Sudbury parce qu’elle fait partie des fondateurs de la ville. La francophonie a déjà été proportionnellement plus nombreuse. On a déjà été dans la région à peu près la moitié de la population, alors qu’aujourd’hui on est plus aux alentours de 20 %. »
Et de poursuivre : « Je pense que c’est un outil qui peut à la fois permettre à une population de longue date de se réapproprier le centre, mais aussi à de nouveaux arrivants de se greffer à cette histoire ».