À 100 jours de la Coupe du monde de soccer de la FIFA, la francophonie torontoise se prépare
TORONTO – Dans 100 jours, la Ville reine vibrera au rythme de la Coupe du monde de soccer de la FIFA. La métropole ontarienne s’apprête à accueillir plusieurs rencontres du tournoi, des sélections internationales et des milliers de partisans. Les communautés francophones de Toronto, elles aussi, s’activent en coulisses. Associations françaises, sénégalaises et ivoiriennes, hôteliers et commerçants affûtent leurs plans pour faire de ce rendez-vous planétaire un moment de rassemblement, d’identité et de célébration.
Une « Maison des Bleus » pour rassembler les Français
Du côté français, l’objectif est clair : éviter la dispersion et créer un point de ralliement unique. À l’initiative d’Olivier Debrégeas, plusieurs associations majeures ont été réunies autour d’un projet commun. Fédération Tricolore, PSG Fan Club Toronto, Consulat général de France, Toronto Accueil, French Tech, Chambre de commerce, TFS, Lycée français et d’autres encore travaillent de concert pour proposer un événement fédérateur.
Le lieu est déjà confirmé : le restaurant Ricarda’s accueillera la « Maison des Bleus » pour les trois matchs de poule de l’équipe de France.

« L’objectif, c’est de rassembler le maximum et de fédérer derrière le même drapeau », explique M. Debrégeas.
Au-delà de la simple diffusion des matchs, les organisateurs souhaitent créer une véritable expérience immersive : décorations, animations et ambiance pensée pour que les partisans se sentent « à la maison », même à des milliers de kilomètres de la France.
Un match amical entre la communauté française et la communauté sénégalaise est également envisagé au mois de mai afin de lancer la dynamique avant le choc France-Sénégal en phase de groupes.
Le principal défi demeure le financement. Les organisateurs recherchent des partenaires afin de maintenir l’événement gratuit et accessible à toute la communauté.
La communauté sénégalaise entre fan zone et mobilisation
Du côté de Senontario, l’organisation est encore en réflexion, mais la mobilisation est réelle.
Mamadou Bamba Ndaw indique que la création d’une fan zone est à l’étude. Une rencontre communautaire doit permettre de consulter les membres afin de définir la meilleure formule. « On n’a pas encore vraiment finalisé », précise-t-il.

Des regroupements pourraient également être organisés dans différents lieux afin de permettre au plus grand nombre de participer.
Le fait que le Sénégal joue à Toronto donne une dimension particulière à cette mobilisation, avec une volonté claire de créer un espace festif et rassembleur.
Un village africain en préparation
L’Association des communautés ivoiriennes de la région de Toronto (ACIRT) affiche également son enthousiasme. Par la voix de sa vice-présidente Viviane Sinan, l’organisation indique attendre son équipe « avec enthousiasme » et travailler, avec d’autres pays africains jouant à Toronto et en concertation avec la Ville, à la mise sur pied d’un village africain durant le mondial.
Un projet qui pourrait devenir un carrefour culturel, musical et gastronomique pour les diasporas africaines et pour l’ensemble des Torontoniens.
Par ailleurs, comme lors des grandes compétitions précédentes, les restaurants Le Plato Royal et L’Instant du Palais devraient de nouveau devenir les quartiers généraux de la communauté ivoirienne à Toronto, accueillant les partisans pour suivre les matchs et célébrer ensemble.
L’hôtellerie prête pour l’afflux international
Dans le secteur hôtelier, la préparation est déjà bien engagée. Jean-Philippe Dupré, directeur général des Hôtels Germain à Toronto, rappelle que ses établissements sont habitués à gérer des événements d’envergure internationale.
« On était habitué à recevoir des événements de cette trempe-là », explique-t-il, citant notamment les Jeux panaméricains de 2015, le Festival international du film de Toronto, mais aussi le concert de Taylor Swift il y a deux ans, qui avait généré un afflux massif de visiteurs.

À 100 jours de la compétition, les réservations de groupes sont déjà visibles et les demandes individuelles commencent à augmenter.
Les hôtels travaillent en collaboration avec la Ville et Destination Toronto pour répondre aux besoins liés à l’événement, qu’il s’agisse d’équipes, de médias ou de personnel de soutien.
« Tout le monde devient un peu un concierge et un ambassadeur de la Ville », souligne M. Dupré.
Restaurants et commerces : une effervescence en préparation
Du côté des restaurateurs et commerçants francophones, les discussions sont en cours, mais l’anticipation est bien réelle.
Au restaurant Pendafrica, l’idée de diffuser l’ensemble des matchs fait déjà consensus. En collaboration avec Senontario, l’établissement envisage de retransmettre toutes les rencontres, avec des événements spéciaux et une décoration adaptée. Les détails doivent encore être finalisés après une réunion interne avec l’équipe.
La propriétaire Mame Penda Niang se montre toutefois enthousiaste : « Je suis impatiente de faire comme pour la CAN, mais en mieux. »

Du côté de la boutique Douce France, sur Danforth, la réflexion est également engagée. Sa gérante, Laurence Delmas, explique qu’une réunion est prévue à la mi-mars pour définir la stratégie.
« Forcément, on y pense », affirme-t-elle, évoquant l’afflux attendu dans la ville et l’espoir que le quartier Danforth se mobilise lui aussi autour de l’événement.
Habituée à adapter sa vitrine aux saisons et aux grands rendez-vous, la boutique prévoit probablement un clin d’œil spécial à la Coupe du monde. « On fonctionne toujours par rapport aux saisons, donc il y aura certainement un petit supplément pour la Coupe », précise-t-elle.

Un regret subsiste toutefois : l’absence de la France parmi les équipes jouant à Toronto, ce qui aurait pu attirer davantage de visiteurs venus directement de l’Hexagone.