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À L’Université Laurentienne, Wynne évasive sur les dossiers francophones

Temps de lecture : 3 minutes

SUDBURY ­­– Une centaine d’étudiants et de professeurs étaient assis en cercle pour accueillir Kathleen Wynne, de passage à l’Université Laurentienne pour une assemblée publique. Réconciliation autochtone et francophonie ont marqué une vive discussion, au Centre autochtone de partage et d’apprentissage (CAPA), le lundi 12 février. 

DIDIER PILON
dpilon@tfo.org | @DidierPilonONFR

 La communauté franco-ontarienne était sur toute les lèvres, inspirant la majorité des questions à la première ministre de l’Ontario.

Lorsque questionnée au sujet de la provincialisation de l’Université de l’Ontario français, Mme Wynne a évité de se prononcer. La foule est demeurée silencieuse alors que la première ministre a réitéré que « si la francophonie est forte en Ontario, l’Ontario est fort », une réponse qui avait pourtant soulevé des applaudissements enthousiastes à Ottawa.

La question du statut officiel du bilinguisme de Sudbury et de la province est aussi ressortie d’un étudiant inspiré par le succès du mouvement Ottawa ville bilingue.

« Nous n’avons pas à ce moment un plan pour le bilinguisme provincial », a déclaré la première ministre sans équivoque. Toutefois, elle a laissé place à un bémol. « La solution d’Ottawa est une initiative municipale. Si d’autres municipalités veulent une législation similaire, nous sommes ouverts à cette possibilité. »

Malaise dans la traduction

Un moment de malaise a couronné la rencontre alors que Mme Wynne a demandé à un étudiant unilingue francophone d’expliquer ses questions en anglais. Le jeune homme s’est donc tourné vers la foule, qui a agi en tant que traducteur.

La première ministre, alors questionnée sur la difficulté de se faire servir en français dans le Nord ontarien, a peiné à répondre en français, passant fréquemment à l’anglais pour quelques mots ici et là ainsi qu’une phrase complète à la fin.

À la question plus précise de savoir quelles seront les priorités de sa plateforme électorale en ce qui a trait à la francophonie, Mme Wynne a simplement répondu qu’elle « n’a pas, en ce moment, de plateforme électorale ».

 

Un examen « mal traduit »

Une étudiante en sciences infirmières a aussi soulevé un problème plus ésotérique. Elle a témoigné que l’examen NCLEX (National Council Licensure Examination) serait si mal traduit en français que « la majorité des 53 étudiants du programme francophone décident de prendre le test en anglais ».

La première ministre avoue n’avoir rien entendu auparavant à cet effet et n’a donc pas de solution immédiate. Elle s’est engagée toutefois à en parler avec le ministre de la Santé et des Soins de longue durée.

 

Réconciliation après le décès de Colten Boushie

Le discours d’ouverture de Heaven Man a donné le ton à une conversation centrée sur la philosophie et les enjeux autochtones. D’emblée, le leader autochtone a abordé les relations aux femmes, aux communautés autochtones et à l’environnement, des thèmes qui sont revenus à maintes reprises dans les questions de la foule et les réponses de Mme Wynne.

« C’est un temps de deuil », s’est exclamé Pamela Toulouse, professeure à la faculté d’éducation et vice-rectrice agrégée par intérim aux relations autochtones. Une référence à l’acquittement de Gerald Stanley, un fermier qui a tiré fatalement un jeune autochtone en Saskatchewan l’été dernier.

Lorsqu’interrogée à cet égard par une femme autochtone qui brandissait une pancarte « Justice pour Colten », la première ministre a offert son appui moral à la communauté, exprimant ses sympathies. « J’aimerais rajouter ma voix aux condoléances présenté à la famille de Colten, et à toutes les familles qui ont souffert de notre histoire et de notre manque de réconciliation. »

Quoique’elle a avoué n’avoir que peu de recours dans cette affaire qui a eu lieu dans une autre province, la première ministre a tout de même souligné des initiatives ontariennes.

« Nous avons reconnu qu’en Ontario, il y a un problème de représentativité des communautés autochtones sur les jurys. Nous avons demandé conseil à Frank Iacobucci, [ancien juge de la Cour suprême du Canada], et nous sommes en train de remédier à la situation. Nous espérons que ce genre d’initiatives servira d’exemple aux autres provinces. »

 

 

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