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À quoi l’Université de l’Ontario français devait ressembler

TORONTO – En septembre 2020, l’Université de l’Ontario français (UOF) devait voir le jour et occuper un espace de 50 000 pieds carrés au sein d’un tout nouvel immeuble sur les berges de Toronto, a appris ONFR+. Dernièrement, l’entente a dû être déchirée après la décision du gouvernement Ford d’éliminer le financement du projet universitaire francophone.

Le secteur où devait s’installer l’UOF attire les regards. Son campus aurait vu le jour directement en face de la plage urbaine de Sugar Beach, mais surtout à quelques pas d’une parcelle de terre prête à être développée par Google.

Au Nord, à quelques pas de là, on retrouve le prestigieux quartier de la Distillery, où s’installera prochainement le Collège Boréal. La gare centrale de Toronto, la station Union, où transitent métro, trains et autobus, est située à une dizaine de minutes de marche.

« On avait une entrée directe, accès à une cour intérieure. En arrivant à l’étage que nous voulions, vous seriez arrivé devant notre espace de 50 000 pieds carrés. On était à réfléchir à l’aménagement qu’on voulait, en misant sur un apprentissage interactif et collaboratif. Il y aurait eu un auditorium, mais surtout des espaces ouverts et souples », confie Dyane Adam, présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF.

Un espace de 50 000 pieds carrés dans la nouvelle tour City of the Arts devait accueillir l’UOF. Gracieuseté : Daniels Waterfront

Mais tout a volé en l’air, après la décision du gouvernement Ford d’interrompre le financement du projet universitaire francophone. « On a signé ce lieu une première fois en août, puis à l’automne, mais c’était conditionnel au financement. Malheureusement, le gouvernement a maintenu sa décision et le promoteur a dû trouver un autre locataire », se désole Mme Adam. Le coût de l’espace envisagé pour l’UOF était dans les balises imposées par le ministère de l’Enseignement supérieur et la Formation professionnelle, dit-elle, sans préciser le montant.

L’entente avait été signée avec le groupe Daniels Waterfront, qui est à construire l’immeuble City of the Arts. « C’est un immeuble dédié aux arts et à la culture, on y voyait la pertinence de s’y installer. On avait une entente qui avait une date d’échéance et nous n’avons pas pu conclure l’entente finale. On était en priorité, mais là, ils vont aller voir ailleurs. On a étiré l’élastique le plus possible », explique-t-elle. Malgré cette finale en queue de poisson, l’UOF ne devra assumer aucun coût pour l’annulation de cette entente, insiste Dyane Adam.

Type d’espaces envisagés pour l’Université de l’Ontario français en collaboration avec
Tomás Dorta du Laboratoire de recherche en Design Hybridlab de l’Université de Montréal et Didier Paquelin de l’Université Laval. Gracieuseté : UOF

Dyane Adam le dit franchement : elle est déçue, l’emplacement de choix aurait donné une visibilité importante à l’établissement universitaire et collait parfaitement à sa philosophie. « C’est pas le premier deuil qu’on fait, c’était un lieu de choix extraordinaire pour les étudiants et on répondait aux paramètres financiers. On ne pouvait pas mieux tomber. C’est triste. Mais la vie, c’est comme ça. On va aller ailleurs. On recommence », lance-t-elle, réaliste.

Pleins feux sur le Carrefour francophone

L’argent neuf obtenu du gouvernement fédéral par l’équipe de l’Université de l’Ontario français a donné un peu d’oxygène à l’organisation, mais le décompte est depuis reparti, révèle Dyane Adam. « L’échéancier ultime pour déposer un rapport au fédéral, c’est le 15 janvier 2020. On est à étudier des partenaires privés qui peuvent se joindre au Carrefour. On aura un concept novateur qui répondra aux besoins de l’université », dit-elle.

Très concrètement, Dyane Adam et son équipe développent le lieu qui doit accueillir un tas d’organismes francophones, mais aussi l’université francophone, éventuellement. Et elle compte bien recruter plusieurs partenaires privés qui vont permettre de réduire les coûts d’infrastructures du projet.

Objectif : avoir de nouvelles cartes en main pour convaincre le gouvernement de Doug Ford d’embrasser le projet. « Notre projet est d’en arriver à travailler avec ce gouvernement pour qu’il puisse comprendre les besoins, dans les limites de leur contexte financier. Qu’on puisse lui proposer un projet qu’il soit plus en mesure d’accepter », affirme Mme Adam.

Quant à l’échéancier, Dyane Adam reste évasive, mais elle dit que les choses pourraient aller plus rapidement que les gens le croient. « Selon l’endroit retenu et les modalités de financement, ça peut être rapide. Si tout le monde est prêt, ça peut aller vite. Si la Ville collabore bien, également », lance-t-elle.

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