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Bilan 2019 : une année de transition pour les Franco-Ontariens

Temps de lecture : 4 minutes

2018 fut une année noire pour les Franco-Ontariens victimes des compressions aux services en français du gouvernement de Doug Ford. En revanche, 2019 qui s’achève aura été plus calme et consacrée à repartir de l’avant après la crise linguistique.

UNE PERSONNALITÉ

Basile Dorion

À 71 ans, l’ancienne figure de proue de la crise de Pentanguishene en 1979 n’a pas perdu son panache. Au début de l’été, Basile Dorion annonçait contempler l’idée de se rendre devant les tribunaux pour s’opposer à l’accueil qu’il juge trop large d’élèves anglophones dans les écoles de langue française.

Conséquence, selon lui, de ces fortes inscriptions : l’anglicisation beaucoup trop soutenue des élèves de langues françaises en Ontario.
Le militant franco-ontarien, accompagné de parents inquiets du phénomène, a obtenu l’aide financière du Programme de contestation judiciaire, et fait appel au cabinet d’avocats CazaSaikaley.

Le militant franco-ontarien Basile Dorion. Archives ONFR+

M. Dorion cible trois conseils scolaires dans sa croisade : le conseil scolaire catholique MonAvenir, le conseil scolaire catholique Providence et le conseil scolaire Viamonde. Des conseils scolaires dont les effectifs ont progressé ces dernières années.

UNE DATE

Le 7 septembre

Cette journée marque le nouveau feu vert officiel du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF). Le 15 novembre 2018, le gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario avait annulé le projet, en raison d’un déficit budgétaire beaucoup plus élevé que prévu.

Après des mois de négociations, les gouvernements provincial et fédéral parviennent, le 7 septembre, à s’entendre sur un protocole de financement pour relancer l’UOF. Ottawa payera les quatre premières années de démarrage du projet, avant que la province ne prenne le relais, pour la même somme, soit 63 millions de dollars, les quatre années suivantes. Le coût total est estimé à 126 millions de dollars.

Malgré les appels du pied répétés du gouvernement fédéral pendant des mois, la province n’avait finalement décidé de négocier que le 1er août.

L’ouverture du bâtiment, dont le lieu reste encore à définir, est prévue pour septembre 2021.

UN CHIFFRE

Le chiffre introuvable des économies avec la suppression du poste de François Boileau

Malgré les revendications des militants franco-ontariens, l’indépendance du commissaire aux services en français n’a toujours pas été rétablie un an après le « jeudi soir ». Le bureau reste pour l’instant sous la tutelle de l’ombudsman, Paul Dubé.

De quoi entretenir le débat sur l’utilité de la suppression du poste de François Boileau par le gouvernement progressiste-conservateur.

Durant la rentrée parlementaire au mois d’octobre, le député indépendante, Amanda Simard, avait d’ailleurs questionné le gouvernement sur le dossier de l’indépendance, exigeant par ailleurs de connaître les économies avancées avec cette « amalgamation ».

François Boileau, l’ex-commissaire aux services en français. Archives ONFR+

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) aimerait voir l’indépendance du commissaire incluse dans un nouveau projet de loi sur la modernisation de la Loi sur les services en français. Une idée sur laquelle la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, n’a pas fait preuve d’ouverture.

À ce jour, le nouveau commissaire aux services en français, même dépendant du bureau de M. Dubé, n’a pas été nommé.

UN LIEU

Parry Sound

Le pire a été évité du côté de Parry Sound. Au mois d’août, on apprend qu’une trentaine d’enfants se retrouvent sans école à la rentrée. La raison ? Le conseil municipal vient de décider de ne pas autoriser l’ouverture de l’établissement élémentaire dans les locaux du Collège Canadore, officiellement pour des raisons de zonage.

Pendant dix jours, c’est l’angoisse du côté des parents d’élèves de cette municipalité située à l’est de la Baie georgienne.

Le 28 août, la Cour supérieure de justice de l’Ontario accorde finalement à l’école francophone le droit de faire sa première rentrée scolaire au sein du campus du Collège Canadore. Un verdict qui donne donc raison au Conseil scolaire du Nord-Est de l’Ontario (CSPNE).

Trois mois après cette rentrée scolaire houleuse, l’école n’a pas encore trouvé son endroit définitif. Les pistes étudiées se heurtent encore à des zonages inadaptés pour l’implantation d’une école.

UNE CITATION

« Avoir des gars de différents pays parlant différentes langues, ça nous a rapprochés »

Parce que l’Ontario français ne se résume pas aux enjeux éducatifs et politiques, et parce que Pascal Siakam est francophone et vit en Ontario, la citation de l’année lui revient.

Et pour cause : en juin dernier, l’équipe torontoise des Raptors remportait la finale de la NBA contre les Warriors de Golden State, devenant ainsi la première équipe canadienne sacrée à ce niveau. Un succès de premier plan donnant des scènes de liesse un peu partout dans la Ville reine.

Le joueur Pascal Siakam en action. Gracieuseté : Getty Images

Brillant lors de cette même finale, le joueur camerounais de 25 ans a su séduire la communauté franco-ontarienne, notamment en s’étonnant de ne pas avoir de questions en français en conférence de presse, puis en faisant référence aux bénéfices des différentes langues.

L’ailier droit natif de Douala formait avec Serge Ibaka et Chris Boucher un « trio francophone » au sein des Raptors.

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