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Bilinguisme : l’Ontario un bon élève, mais en recul, selon un sondage

L’Ontario ne serait pas épargné par un léger recul quant à l’intérêt du bilinguisme. Mais le sondage, publié hier et chapeauté entre autres par l’Environics Institute for Survey Research et le Centre Mowat, démontre que le constat est un chouia moins sombre en comparaison des autres provinces.

Le chiffre avait quelque peu fait jaser, ce lundi. Parmi les anglophones hors Québec âgés de 18 à 34 ans, 69 % disaient juger important que leurs enfants apprennent une autre langue. En 2001, cette proportion était tout de même de 86 %.

L’Ontario n’échappe pas à cette tendance, mais avec un petit mieux. Quelque 74 % des répondants jugent qu’il est important d’apprendre une seconde langue, contre 89 % 18 ans en arrière.

« Ca m’a surpris un petit peu que ce soit à la baisse, mais le fait qu’on ait une pénurie d’enseignants, n’aide pas forcement », affirme le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin. « Les parents doivent passer à la loterie pour que leurs enfants intègrent l’immersion. Des gens ont lancé leur serviette, car s’ils voient l’accès difficile, ils abandonnent. Cela a un impact sur le bilinguisme. »

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin. Crédit image : Étienne Ranger

La politologue du Collège militaire royal du Canada à Kingston, Stéphanie Chouinard, juge en revanche « les hypothèses » beaucoup plus difficiles sur cette « surprenante » baisse. « La pénurie est disons sur le radar depuis récemment. D’une part, la baisse de la menace nationaliste au Québec fait qu’on parle dans l’espace canadien beaucoup moins de bilinguisme qu’en 2001. On sentait alors une urgence de comprendre le Québec. »

Les résultats un peu plus corrects de l’Ontario par rapport aux autres provinces hors Québec seraient avant tout « géographiques » pour la politologue. « Il y une proximité avec le Québec évidente qui joue en faveur du bilinguisme. Le timing du sondage a été administré après le début de la crise linguistique. Il se peut que cela ait joué aussi. »

Deuxième langue à apprendre pour 72 % des Ontariens anglophones

Si cette deuxième langue à apprendre pour les enfants reste à 67 % le français pour les Canadiens anglophones, l’Ontario fait là aussi figure d’élève plus solide. Selon les auteurs du sondage, quelque 72 % des Ontariens voient la langue de Molière comme le meilleur gage d’apprentissage.

Le chiffre selon lequel les allophones voyaient le français comme la langue idoine à seulement 35 % est encore là un peu plus « optimiste » en Ontario. Quelque 41 % jugent d’intérêt que cette seconde langue soit celle de Molière.

Une donnée rassurante : s’ils sont 79 % dans le Canada hors Québec à « supporter » le bilinguisme officiel, les données sont meilleures pour l’Ontario. Selon les auteurs du sondage, 81 % seraient en accord avec cette affirmation.

À la surprise générale, l’Île-du-Prince-Édouard arrive en tête avec 94 % des répondants déclarant « supporter » le bilinguisme officiel, contre inversement 70 % pour l’Alberta.

Fiabilité du sondage en question

Le sondage a été réalisé en ligne dans les provinces et par téléphone dans les territoires auprès d’un échantillon représentatif de 5732 Canadiens âgés de 18 ans et plus entre le 14 décembre 2018 et le 16 janvier 2019.

Faut-il dès lors vraiment se fier à ce coup de sonde ? Concernant le bilinguisme, on sait que les tendances varient bien souvent d’un sondage à l’autre. « Je ne sais pas jusqu’à quel point il faut s’y fier, cela peut donner une petite indication, mais dans le fond, le changement est positif et drastique au sujet de l’engouement pour les écoles de langue française et l’immersion », estime M. Jolin.

« Il faut se poser quelques questions et savoir qui a fait le sondage », renchérit Mme Chouinard. « Si c’est le Commissariat aux langues officielles, c’est certain que les répondants vont se garder une gêne sur le déclin du bilinguisme. Les think tanks peuvent aussi contaminer les résultats. Dans ce cas-ci, je pense qu’il n’y a pas de parti pris. »

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