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Budget fédéral : les Franco-Ontariens espèrent une bonne surprise

Temps de lecture : 4 minutes

OTTAWA – À la veille du dépôt du budget fédéral, ce mardi, les attentes sont mesurées du côté des francophones en milieu minoritaire. Mais, année électorale oblige, les Franco-Ontariens espèrent tout de même une « bonne surprise ».

« On espère que les fonds en éducation seront majorés, car cela fait dix ans qu’ils sont gelés et cela affecte nos conseils scolaires », explique le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin.

Depuis 10 ans, les fonds versés par le gouvernement fédéral aux provinces pour soutenir l’éducation en français en contexte minoritaire sont restés quasiment les mêmes. En 2009, Ottawa leur remettait 148,4 millions de dollars par année. Et pour les cinq prochaines années, le fédéral a promis, en 2018, 149,1 millions de dollars annuels.

En Ontario, cela se traduit par une enveloppe de 55 millions de dollars par année, une somme inchangée depuis une décennie.

Une bonification serait sans doute bien vue par toutes les provinces, alors que les négociations pour renouveler cette entente bilatérale pluriannuelle n’ont pas abouti, depuis leur début en 2017.

Si le gouvernement libéral s’est engagé à verser les sommes promises pour deux ans, il semble pour l’instant faire le choix de ne pas augmenter l’enveloppe, au grand dam des provinces, expliquant vouloir se concentrer sur des investissements directs dans les communautés francophones. Ottawa reproche aux provinces de manquer de transparence dans l’utilisation des fonds versés.

Contacté par ONFR+, le bureau de la ministre de l’Éducation, Lisa Thompson, a décliné notre demande d’entrevue, expliquant que les négociations sont toujours en cours.

L’Ontario demande des actions concrètes

Le président de l’AFO espère aussi retrouver dans le budget fédéral une mention des 40 millions de dollars promis par Ottawa pour démarrer le projet de l’Université de l’Ontario français.

« Cela enverrait un signe à la province que dès qu’elle sera prête à faire une demande, l’argent sera disponible », suggère M. Jolin.

Le président de l’AFO, Carol Jolin. Archives ONFR+

Du côté du bureau de la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, on invective le gouvernement libéral et lui demande « des actions concrètes ».

« L’ultime budget du gouvernement Trudeau serait une bonne occasion pour passer des paroles aux actes afin de signaler son appui envers la francophonie en Ontario », lance le porte-parole de la ministre, Jesse Robichaud.

Il rappelle qu’en décembre, la ministre Mulroney et le ministre des Finances, Vic Fedeli, ont envoyé une lettre au gouvernement fédéral demandant que les Franco-Ontariens reçoivent leur juste part.

« C’est une demande qui est demeurée sans réponse. Néanmoins, nous continuons de mettre le gouvernement Trudeau au défi de combler l’écart important entre le financement que l’Ontario reçoit pour les services en français et celui accordé aux autres provinces. (…) Si les libéraux fédéraux sont vraiment engagés à investir dans la francophonie ontarienne, ils devraient avant tout réévaluer comment leurs contributions actuelles aux programmes de services en français de l’Ontario pourraient mieux répondre aux attentes et aux besoins. »

Davantage d’argent, c’est également ce que demande l’AFO. Car malgré la bonification globale de près de 500 millions de dollars, annoncée l’an dernier, dans le Plan d’action pour les langues officielles, le président de l’organisme rappelle que cela ne représente que la moitié des 575 millions de dollars supplémentaires demandés uniquement pour les francophones en milieu minoritaire par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

« On demande toujours une amélioration, car il y a encore des défis. En Ontario, nous avons une trentaine d’organismes qui ne reçoivent aucun financement », dit-il.

Attentes nationales mesurées

Cette situation concerne toute la francophonie canadienne. Pourtant, au niveau national, la FCFA ne fait aucune demande particulière à la veille de ce budget, concentrant ses efforts sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles. L’organisme a d’ailleurs décliné l’entrevue prébudgétaire sollicitée par ONFR+.

Mais du côté de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), le président Martin Théberge « espère toujours des annonces positives ».

Le président de la FCCF, Martin Théberge. Source : Facebook

Dans son mémoire prébudgétaire, l’organisme formule quatre demandes, dont celle de bonifier le Fonds du Canada pour la présentation des Arts.

« On demande de doubler ce fonds, ce qui représente 30 millions de dollars annuels. Actuellement, beaucoup d’organismes et de festivals n’y ont pas accès, car les demandes sont nombreuses, notamment de la part des gros festivals, comme le Festival international de Jazz de Montréal ou le Festival international du film de Toronto. »

Autre requête de la FCCF, l’application de la Taxe de vente harmonisée sur toutes les entreprises culturelles étrangères qui font des affaires au Canada.

« On a beaucoup parlé de Netflix, mais ça concerne aussi Amazon, Google, Facebook… C’est une question d’équité ! Le gouvernement perd beaucoup de revenus à cause de ça, qui pourraient servir en culture ou dans d’autres domaines », estime M. Théberge.

La FCCF suivra également avec intérêt si ses propositions de créer un Observatoire sur les arts et la culture dans la francophonie canadienne, pour obtenir de meilleures données et de mettre en place un Centre d’expertise en innovation sociale feront partie du document du ministre des Finances, Bill Morneau.

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