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Semaine nationale de l'immigration francophone

Caroline Raynaud ou l’art de tout quitter pour vivre son rêve

Temps de lecture : 4 minutes

Parfois il faut savoir partir pour se trouver. Caroline Raynaud en est l’exemple vivant. Cette Parisienne a choisi de tenter sa chance en traversant l’océan pour se retrouver à Sudbury afin de vivre de sa passion : la comédie.

Née à Orléans en France, cette jeune femme a suivi un parcours classique, celui que ses parents espéraient d’elle. Elle déménage dans la capitale française pour poursuivre des études en mathématiques, mais réalise très vite que ce n’est pas sa vocation.

Elle décide alors d’abandonner ses études afin d’entrer dans un conservatoire, contre l’avis de sa famille.

Après avoir tissé un réseau de contacts intéressants, elle jouera dans plusieurs films dont les noms nous sont tous familiers : le très oscarisé La Môme aux côtés de Marion Cotillard ou encore La Rafle mettant-en scène Jean Réno et Mélanie Laurent, pour ne citer qu’eux.

Caroline Raynaud joue dans plusieurs scène du film phénomène La Môme qui a révélé Marion Cotillard. Gracieuseté

Mais la monotonie de la vie parisienne et se réveiller chaque jour dans une chambre de bonne ne la satisfait plus. « J’en avais marre, j’étouffais, j’avais envie d’autre chose et besoin d’aventure », confie-t-elle.

C’est alors qu’on lui propose de lire un script de court-métrage dont le tournage a lieu au Canada, dans la ville du Grand Sudbury en 2017.

Le grand saut

« C’est la première fois que je voyageais. J’ai traversé l’atlantique pour la première fois », explique-t-elle le sourire dans la voix.

Un départ précipité en deux semaines qui a failli ne jamais se faire, faute d’un passeport tout juste périmé, mais qu’elle a réussi à renouveler in extremis après de très lourdes démarches.

Le tournage terminé, le retour a été plus compliqué qu’attendu : « Je suis revenue complètement bouleversée, des rêves plein la tête, parce que je me disais comment je vais pouvoir y retourner ? »

Et le destin faisant si bien les choses, Caroline Raynaud a rencontré lors de ce voyage à Sudbury celui qui est aujourd’hui non seulement son mari, mais aussi le père de son enfant.

Caroline Raynaud dans le film français La Rafle aux côtés de l’actrice Mélanie Laurent. Gracieuseté

Après avoir tout tenté, elle obtient le premier rôle de sa vie dans une fiction de long-métrage qui sera tourné, là encore, dans la ville du Nickel.

Elle décidera en 2018 de faire le grand saut et de poser définitivement ses valises dans la plus grande ville du Nord.

La communauté, avant tout

Et le froid alors ? « Je suis amoureuse de la neige, donc je suis bien ici », rit-elle. Mais ce qu’elle n’avait pas espéré c’est la chaleur humaine qu’elle trouverait sur place. « Ce que j’ai rencontré à Sudbury, que je n’avais pas à Paris, c’est une communauté francophone artistique très active, une famille qui m’a accueillie à bras ouverts. »

La jeune maman explique que le saut de Paris vers Sudbury a été facilité par ce sentiment d’appartenance à la communauté si singulier aux localités plus isolées.

« C’est l’avantage des petites communautés, on est pas nombreux donc on chérit chaque membre individuellement. »

Caroline Raynaud dans le film Projet Ithaca tourné à Sudbury en 2018. Gracieuseté

Et d’ajouter : « Depuis que je suis ici, j’ai réalisé que l’indifférence ou le fait de se sentir noyée dans une grande ville ça ne me convient plus. »

Et, rien d’étonnant ici, les nombreuses possibilités d’activités de plein air dans le Nord sont aussi une autre des raisons qui l’ont poussée à adopter définitivement la ville.

« J’ai découvert plus de connexion à la nature », ajoute-t-elle, en citant par exemple le programme d’éducation dans la forêt offerte par la garderie francophone où est inscrit son fils.

Après de premiers pas en anglais dans le cinéma, la jeune actrice explique également avoir été agréablement surprise de voir que la francophonie est aussi vibrante à Sudbury.

« Je suis venue au Canada avec une envie de m’intégrer et d’apprendre la culture anglophone donc ça a été un bonus que de découvrir que je pouvais m’exprimer dans les deux langues », dit-elle avant d’ajouter que son anglais s’est considérablement amélioré depuis son arrivée dans la ville du Nord.

Une terre d’opportunités

Et depuis son arrivée, il en neige des scripts et des projets. Celle qui est en ce moment même à Vancouver pour le projet théâtral Un. Deux. Trois. se réjouit de partir à la découverte du reste du Canada tout en jouant dans une pièce célébrant la francophonie.

Être tous les soirs sur les planches lui a permis de retomber en amour avec le milieu théâtral qu’elle avait laissé à la ville lumière. Celle-ci nous confie avoir pour projet d’écrire son propre spectacle, un one-woman show qu’elle écrit en ce moment même.

Et le rêve nord-américain est bien vivant selon Caroline Raynaud qui relève que les opportunités y sont plus grandes.

Caroline Raynaud en répétition pour le spectacle Un.Deux.Trois. à Vancouver. Crédit image : Jonathan Lorange

« J’ai l’impression qu’en Amérique du Nord on te laisse plus ta chance sans regarder d’où tu viens et ce que tu as fait avant », juge-t-elle, précisant que son accent de France lui a probablement permis de se distinguer pour accéder à certains rôles.

Jouer une toxicomane dans son premier long-métrage ? Un exemple de rôle plus profond et à l’opposé de sa personnalité, que ceux auxquels elle avait pu avoir accès à Paris.

« Je suis très heureuse de tout ce que je vis ici, et j’ai bien hâte de retourner à Sudbury. Ça a pris du temps, mais Sudbury c’est chez moi », lâche finalement avec émotion Caroline Raynaud.

Chaque jour de la Semaine nationale de l’immigration francophone, ONFR+ vous fait découvrir un portrait d’immigrant francophone en Ontario, son parcours, ses défis, ses succès.

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