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« Changer le discours autour du centre-ville », le défi du French Fest de Sudbury

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Stéphanie Dupuis est directrice artistique de la programmation du French Fest de Sudbury.

LE CONTEXTE :

La sixième édition du French Fest de Sudbury est de retour après plusieurs années d’absence, hébergée pour la première fois à la nouvelle Place des Arts jusqu’au 25 septembre, la Journée des Franco-Ontariens.

L’ENJEU  :

Cette année plus que jamais, l’organisme souhaite célébrer la richesse de la francophonie ontarienne avec une programmation inclusive et axée sur le multiculturalisme tout en célébrant la vibrante communauté de la ville.

« Quelle vision de la francophonie souhaitez-vous célébrer avec cette édition ?

On veut souligner les échanges interculturels et l’inclusivité de l’identité franco-ontarienne. On a vraiment cette année une belle diversité d’artistes franco-ontariens et on vise à représenter ça dans le mélange des genres, des ateliers d’arts, de la danse, de la musique. Puis, pour le Big Bang on finit avec Stef Paquette Symphonique.

Rendu en Ontario français c’est vraiment une invitation à célébrer notre enfance puis ce qui nous a inspirés parce que là il va y avoir toute une nouvelle dimension avec l’orchestre symphonique ! Et aussi, on veut changer le discours autour du centre-ville de Sudbury, on a une belle ville accueillante avec plein d’opportunités.

Le multiculturalisme est donc toujours au centre de la programmation ?

C’est sûr qu’en tant qu’organisme qui essaie de développer la capacité pour la francisation, qui veut inviter de nouvelles personnes à participer à une culture qui est ici depuis 400 ans, on est très conscients que le visage de notre communauté est en train d’évoluer. Et ça, c’est une très bonne nouvelle !

On sait qu’on a de nouveaux arrivants, des étudiants internationaux, donc on veut leur présenter notre culture et leur montrer des artistes qui racontent des histoires qui les touchent. Puis comme communauté qui vient d’une langue minoritaire avec chacune sa dimension, on ouvre la porte à l’inclusion d’autres langues minoritaires, d’adresser les problèmes de perte de langues et d’assimilation linguistique.

C’est pour ça qu’il y a une belle place pour les artistes autochtones surtout à quelques jours de la journée nationale de vérité et réconciliation ?

Oui, et d’ailleurs on est très fiers cette année d’ouvrir le festival avec un spectacle avec des artistes autochtones qui va métisser le français et l’anglais. On a la chance aussi cette année d’avoir Will Morin qui est un artiste de la Première Nation Anishinaabe qu’on a invité à mettre en valeur sa culture avec son exposition et puis on aura 6 artistes autochtones sur scène. Donc ça, c’est vraiment symbolique, pour reconnaître le territoire sur lequel on est.

Le nom du festival est-il une invitation pour une célébration commune avec les anglophones ?

Oui justement, le nom de French Fest c’est un nom bilingue, c’est vraiment pour inviter les francophiles, les francophones et les anglophones.

C’est vrai qu’on a perdu des francophones, mais je pense qu’on a une nouvelle ouverture par rapport à ça. On a une réalité aujourd’hui avec le bilinguisme qui n’est pas nouveau, mais je vois vraiment un futur plus optimiste où les gens changent leur attitude envers la francophonie en Ontario français. On les voit en salle, on les voit comme bénévoles, et même qui postulent pour travailler à la Place des Arts, ils sont prêts à apprendre le français. C’est notre responsabilité aussi, en tant que francophones, de partager cette richesse-là avec eux, et il n’y a pas mieux que l’art pour partager l’amour de la francophonie !

Qu’est-ce que la pandémie a changé pour vous ?

Beaucoup de choses, surtout en musique. On a vu beaucoup d’annulations, des gens ont étés mis à pied…ce qu’on voit c’est qu’il y a beaucoup de gens qui étaient au secondaire et qui n’ont jamais vu de spectacle en salle donc vraiment on veut inciter les gens à vivre cette expérience-là. Pendant la pandémie, la Slague a fait un virage en ligne et des projets avec un format numérique, mais on n’a pas tenté de faire les festivals en ligne. Cette année c’est vraiment une relance pour nous. »

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