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Confinement provincial : Ottawa se sent « trahie » par le gouvernement

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – La décision de fermer le Sud de l’Ontario jusqu’au 23 janvier fait des mécontents à Ottawa qui juge ne pas mériter un tel sort. La capitale canadienne, qui figure parmi les bons élèves en Ontario en termes d’hospitalisations et de nombre de cas, doit payer le prix en raison de sa situation géographique, explique le gouvernement Ford.

Les chiffres de lundi dans la deuxième plus grosse ville de l’Ontario la plaçaient parmi les meilleures de la province. Ottawa comptait 27 cas par 100 000 habitants, zéro patient en soins intensifs, des hospitalisations en baisse et une moyenne de 39 cas par semaine, le plus faible chiffre depuis la fin du mois de novembre.

La médecin en chef de la santé publique d’Ottawa, Vera Etches, et le maire Watson ont déclaré à l’unisson être en désaccord avec la décision de la province, car elle verse, selon eux, une douche d’eau froide sur les efforts des résidents et commerçants.

« On se sent trahis par le gouvernement », a indiqué sans détour Jim Watson. « Il n’y a pas de données qui valident cette fermeture des commerces. On doit utiliser les données pour justifier ces fermetures. »

Pour justifier sa décision, Doug Ford a indiqué que « les Québécois viendraient en masse si on laissait Ottawa ouvert ».

« Je comprends qu’ils (les Ottaviens) soient furieux. Ils ont travaillé très fort, leurs chiffres étaient très haut à un certain point et ils ont travaillé fort pour descendre le tout, mais on l’a vu auparavant, quand le Québec ferme, les Québécois vont venir et les chiffres vont augmenter », a expliqué le premier ministre ontarien.

Le Premier ministre Doug Ford . Capture écran ONFR+

Une affirmation que M. Watson repousse du revers de la main arguant que Gatineau, la ville québécoise voisine d’Ottawa, voit une baisse de ses chiffres.

« Je ne sais pas pourquoi le gouvernement dit ça », dit-il. « On n’a aucune preuve ou donnée que les Québécois viennent ici en masse. Si la province pense que c’est un problème, elle a la capacité de fermer la frontière entre Gatineau et Ottawa. Comme maire de la ville d’Ottawa, je n’ai pas ce pouvoir, mais on l’a vu avec les autorités du Québec, il y a quelques mois. Alors si c’est un problème, M. Ford et la police provinciale ont le pouvoir de fermer les frontières et les cinq ponts, et ainsi éliminer le problème », a avancé M. Watson.

14 jours au lieu de 28 jours

La métropole aurait préféré avoir un confinement de 14 jours comme dans le Nord de l’Ontario au lieu de 28 jours, déplorant le fait d’être mis dans la même catégorie que la grande région de Toronto.

« Je suis déçue de la décision du gouvernement de faire un confinement de 28 jours et j’aimerais qu’il reconsidère sa décision pour confiner Ottawa pendant deux semaines à la place (…). Je pense que c’est important que le gouvernement réévalue sa décision en continuant à regarder nos chiffres, surtout s’il y a une diminution de ces chiffres », a plaidé la docteure Etches.

Pour la Santé publique de l’Ontario, le confinement de la capitale canadienne se veut une mesure de prévention.

« Nos mesures de prévention sont aussi importantes que nos mesures de réactions. On ne veut pas qu’Ottawa perde ce qu’ils ont en ce moment. Quand tout va recommencer, Ottawa va être au même niveau ou ils vont peut-être même baisser de niveau de couleur », a expliqué le médecin hygiéniste en chef de la province, David Williams.

Fermer la frontière avec le Québec ?

Le maire Watson se dit en désaccord avec la possibilité de fermer les ponts, mais croit que le gouvernement devrait prendre les mesures nécessaires si les déplacements interprovinciaux accentuent la transmission du virus.

« J’ai trouvé ça inefficace quand le Québec a décidé de faire ça au début de la pandémie et je ne sais pas à quel point ça serait efficace si ça venait de chez nous. Je ne crois pas qu’on devrait mettre des ressources de la ville ou de la police municipale pour faire de la patrouille frontalière. Si la province croit que ça pourrait aider la situation, il devrait alors prendre l’initiative. La balle est dans son camp. »

Il n’est pas sur la table de fermer la frontière comme le pont Alexandra, entre Ottawa et Gatineau, pour l’instant. Crédit image : SimonP, Wikipedia

Ce dernier dit craindre un possible afflux de résidents des deux rives dans les commerces de la région, ce qui pourrait « rendre la situation encore pire ».

« J’ai vu ça personnellement aujourd’hui au centre d’achat de Carlingwood, dans mon quartier, et je pense que ça sera un défi pour tous les centres d’achat d’Ottawa dans les trois à quatre jours avant le 25 décembre. »

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