L'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) était présente aux côtés de quatre autres syndicats enseignant, CUPE-SCFP, FEEO, OECTA et OSSTF/FEESO. Photo : Sandra Padovani/ONFR
Politique

Des milliers de voix s’élèvent pour un meilleur financement de l’éducation en Ontario

L'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) était présente aux côtés de quatre autres syndicats enseignant, CUPE-SCFP, FEEO, OECTA et OSSTF/FEESO. Photo : Sandra Padovani/ONFR

TORONTO – Partout dans la province, syndicats, enseignants, travailleurs en éducation, jeunes et familles étaient réunis sous la bannière « Ensemble pour l’éducation financée par les fonds publics ». À Queen’s Park, les Franco-Ontariens étaient en nombre pour protester contre un sous-financement du système d’éducation.

À quelques jours de la rentrée parlementaire et des élections municipales, des milliers de personnes réunies devant l’Assemblée législative de l’Ontario ont fait entendre leurs protestations à l’encontre du ministère de l’Éducation.

D’autres rassemblements étaient organisés en même temps, ce samedi 24 octobre, dès 13h, à Ottawa, devant la Colline du Parlement, à London, Sudbury et Thunder Bay.

« Rassemblements pour l’éducation financée par les fonds publics » était le mot d’ordre des pancartes officielles de la manifestation. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Entre autres revendications, les cinq syndicats organisateurs, dont l’AEFO, dénoncent notamment un financement réel par élève qui diminue, un affaiblissement du rôle des conseillers scolaires et plusieurs enjeux du système d’éducation public que déplorent les acteurs du milieu : le déficit de financement de 6,5 milliards de dollars, la crise liée au recrutement et à la rétention du personnel enseignant et scolaire, la taille et la complexité des classes, la violence et la sécurité dans les écoles, les services d’éducation spécialisée et de soutien en santé mentale, ou encore les répercussions possibles de la ronde de négociations en cours.

À Toronto, francophones et anglophones manifestaient ensemble d’une même voix dans une ambiance enflammée, avec des pancartes bilingues du thème de la journée « Ensemble pour l’éducation financée par les fonds publics ».

Des drapeaux de toutes les couleurs étaient brandis par une foule survoltée qui se faisait entendre de loin.

« C’est au sein de notre système d’éducation financé par les fonds publics que les élèves bâtissent leur avenir, que l’égalité des chances prend forme et que nous cultivons et préservons notre langue et notre culture pour nos communautés francophones. Le personnel enseignant et les travailleurs en éducation en ont déjà beaucoup sur leurs épaules, trop souvent sans avoir les ressources et le soutien nécessaires pour bien faire leur travail. Ça ne peut plus durer », a exprimé la présidente de l’AEFO, Gabrielle Lemieux, devant Queen’s Park.

Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO, a pris la parole réclamant le changement et rappelant que les conditions de travail du personnel en éducation sont les conditions d’apprentissage de nos élèves. Photo : gracieuseté de l’AEFO

Les jeunes ont largement pris part à la mobilisation. Très acclamé, le discours passionné d’Henri Lavergne, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), réuni sur scène avec d’autres membres, se voulait fédérateur : « Notre message aujourd’hui est simple : nos écoles ont besoin des ressources nécessaires pour permettre à chaque jeune d’apprendre, de grandir et de réussir! »

« Lorsque nous parlons d’éducation publique, on ne parle pas seulement de budget, de statistiques ou de politique (…) Et aujourd’hui, trop de jeunes voient les mêmes défis se répéter : des écoles et des infrastructures qui vieillissent, des ressources en santé mentale qui ne répondent pas toujours aux besoins, et des écoles qui peinent à trouver suffisamment de personnel qualifié. »

Henri Lavergne, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), et plusieurs membres de l’organisme ont pris place sur scène pour faire entendre la voix des jeunes. Photo : Sandra Padovani/ONFR

« Des membres du personnel qui font tout ce qu’ils peuvent, mais à qui on demande constamment de faire plus avec moins! Les élèves ont fini parfois par considérer ces réalités comme normales. Laissez-moi vous dire une chose : ce n’est pas normal! », a-t-il décrié.

Celui-ci n’a pas manqué de revendiquer également au micro, à l’adresse des Franco-Ontariens qui battaient le pavé : « une éducation par et pour les francophones », saluée immédiatement par les drapeaux verts et blancs flottant au vent.

D’autres syndicats ont également pris la parole, avançant que cette ronde de négociations est différente des précédentes, avec une meilleure préparation et un front uni entre syndicats, enseignants, parents, jeunes et constituants.

Dans le cadre des élections municipales à venir, ce lundi 26 octobre, un appel à un vote « informé » pour les conseillers scolaires a été également lancé.