Passionné de cinéma, Pierre Labrie s’en est inspiré pour créer Caster McFear, un personnage extravagant qui se rêve en vedette hollywoodienne. Le Franco-Ontarien donne vie à cet alter ego sur les rings de lutte professionnelle depuis plus de deux décennies. Photo : gracieuseté
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Pierre Labrie, gestionnaire scolaire le jour et lutteur professionnel sur le ring

Passionné de cinéma, Pierre Labrie s’en est inspiré pour créer Caster McFear, un personnage extravagant qui se rêve en vedette hollywoodienne. Le Franco-Ontarien donne vie à cet alter ego sur les rings de lutte professionnelle depuis plus de deux décennies. Photo : gracieuseté

À 45 ans, le Franco-Ontarien Pierre Labrie mène une double vie. Gestionnaire au sein d’un conseil scolaire d’Ottawa, il devient Caster McFear lorsqu’il monte sur le ring. Ce samedi 24 octobre, il participera au gala Bytown Brawl II, à la Place TD, avec l’espoir de se rapprocher d’un dernier titre de champion, près de vingt ans après le précédent.

Au quotidien, Pierre Labrie supervise les opérations de 27 établissements du conseil scolaire public anglophone d’Ottawa et quelque 150 employés. Une responsabilité qu’il assume après avoir travaillé pendant vingt ans comme concierge. Mais une fois ses obligations professionnelles et familiales terminées, le Franco-Ontarien enfile un tout autre costume.

Celui de Caster McFear, un prétendu acteur hollywoodien arrogant, convaincu d’être une vedette du cinéma. Un personnage qu’il incarne sur les rings de lutte professionnelle depuis plus de deux décennies. « Caster McFear, le personnage, il n’est rien comme Pierre Labrie », explique-t-il à ONFR.

Caster McFear pousse l’autodérision jusqu’à apporter son propre scénario sur le ring, prétendant imposer le déroulement du combat à ses adversaires. Une manière de jouer avec les codes de la lutte professionnelle et son caractère scénarisé. Photo : gracieuseté

Son personnage arrive notamment sur le ring avec un classeur portant l’inscription « Script », censé contenir le scénario du combat. Il exige que ses adversaires respectent ses instructions, mais finit généralement par être tourné en ridicule. Il appelle même ses admirateurs les stupid extras, ou « figurants stupides », une expression que certains spectateurs ont adoptée avec humour.

« Moi, ce qui m’attire le plus, ce sont les émotions que ça donne aux gens. L’histoire que tu peux raconter », confie celui qui privilégie l’aspect théâtral de la discipline.

Une passion née devant la télévision

Comme de nombreux enfants des années 1980 et 1990, Pierre Labrie découvre la lutte professionnelle devant les spectacles de la WWF, devenue depuis la WWE. D’abord admirateur de Hulk Hogan, il développe ensuite une passion pour Bret Hart.

Adolescent, il organise avec ses amis des combats improvisés sur des matelas, dans leur arrière cour. Le déclic survient autour de l’an 2000, lorsqu’il assiste à des spectacles de lutte indépendante à Ottawa. Sa rencontre avec des lutteurs lui permet d’entrer en contact avec un entraîneur. Il commence sa formation en mai 2001 et dispute son premier véritable combat en février 2002, à Gatineau.

Mais sa carrière connaît une interruption de six ans. Devenu père, il décide de s’éloigner des rings, préoccupé par les risques physiques de la discipline. « Je voulais être un papa. Je ne voulais pas prendre de gros risques et risquer de ne pas être capable de tenir ma fille », raconte-t-il.

Si les résultats des combats de lutte professionnelle sont scénarisés, les prises et les efforts physiques sont bien réels. Ici, Caster McFear exécute une prise de soumission sur son adversaire, sous les yeux des spectateurs. Photo : gracieuseté

Une tentative de retour est également interrompue lorsqu’il apprend, juste avant un combat, que son père vient d’être hospitalisé à la suite d’un anévrisme. Il retrouve finalement le goût de la lutte avant la pandémie, encouragé par sa remise en forme et le regain d’intérêt du public pour la discipline.

Aujourd’hui père de deux filles, il doit jongler entre sa carrière professionnelle, sa famille et les entraînements. « J’ai un gym à la maison. J’aimerais trouver plus de temps pour aller dans un ring et pratiquer mes affaires », reconnaît-il.

À 45 ans, il privilégie désormais un style davantage fondé sur l’humour et la mise en scène que sur les acrobaties spectaculaires.

Une dernière ceinture pour ses filles?

Ce samedi 24 octobre à 19h, Pierre Labrie retrouvera l’aréna de la Place TD pour Bytown Brawl II, organisé par la Premier Canadian Wrestling (PCW), une fédération active dans la région d’Ottawa-Gatineau.

L’événement réunira notamment Moose, plusieurs fois champion du monde de la TNA, tandis que la vedette de la WWE Natalya Neidhart participera à une rencontre avec les amateurs.

Perché sur les cordes du ring, Caster McFear privilégie les séquences humoristiques aux acrobaties les plus risquées. À 45 ans, le lutteur adapte son style pour continuer à divertir le public tout en ménageant son corps. Photo : gracieuseté

Aux côtés de Deeno Benjamin, son partenaire au sein de l’équipe Money Made, Caster McFear prendra part à un combat à quatre équipes avec des échelles. L’objectif sera de décrocher une valise donnant droit à un futur combat pour le championnat par équipe.

« Personnellement, ça va être le plus gros match de ma carrière », affirme-t-il.

Cette occasion revêt une importance particulière pour le lutteur. Son dernier championnat remonte à près de vingt ans, bien avant la naissance de ses filles. « Mes deux filles m’ont vu lutter, mais elles ne m’ont jamais vu avec un championnat », souligne-t-il, espérant pouvoir un jour ramener une ceinture à la maison.

Identité franco-ontarienne et ambitions au cinéma

Franco-Ontarien, élevé et scolarisé en français, Pierre Labrie évolue néanmoins dans un milieu où l’anglais domine. Son personnage s’exprime principalement dans cette langue, même s’il lui arrive d’intégrer le français à ses prestations, notamment au Québec. « J’ai grandi franco-ontarien, j’étais à l’école française, puis dans ma famille, on se parle en français », rappelle-t-il.

Conscient que sa carrière sur les rings approche de sa fin, il envisage également une transition vers le cinéma, après une première expérience comme figurant dans une production télévisée.

Mais avant de tourner définitivement la page, il lui reste un objectif : « Mon but, ça serait de pouvoir gagner au moins un autre championnat avant d’appeler ça une carrière. »

Une ambition qui pourrait commencer à se concrétiser ce soir à 19h, devant le public d’Ottawa.