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Des tracts anti-bilinguisme se glissent à la Ville d’Ottawa

Temps de lecture : 2 minutes

OTTAWA – Des tracts anti-bilinguisme ont semé le désordre, ce mardi matin, lors du « petit-déjeuner » mensuel du maire d’Ottawa. « Canada is not a bilingual country », pouvait-on lire sur les pamphlets rouges et noirs déposés sur les chaises des différents invités.

C’est le président-directeur général de l’établissement de l’Hôpital Montfort, Bernard Leduc, qui a sonné l’alarme sur son fil Twitter peu après la fin de la réunion.

« Toute une surprise nous attendait sur les chaises au Mayor’s Breakfast Series de la Ville d’Ottawa. Une ville officiellement bilingue ? »

M. Leduc en a profité pour égratigner le premier magistrat d’Ottawa : « Dommage que Jim Watson n’ait pas présenté d’excuses lors de son allocution entièrement en anglais aux participants. Merci à l’honorable David Johnston pour nous avoir adressé la parole en français ».

Quelques membres de la communauté francophone ont aussi réagi.

« Quelqu’un à la gestion des événements l’a échappé ! Ça mérite des excuses et la preuve que des mesures seront prises pour éviter que ça se répète », a gazouillé le politologue Martin Normand.

« Après de nombreuses années d’absence de leadership de la part de la Ville d’Ottawa en matière de francophonie, les francophobes remplissent le vide. Une action vigoureuse s’impose pour garantir la pérennité du français à la Ville d’Ottawa », a pour sa part commenté la politologue de l’Université d’Ottawa, Linda Cardinal.

Le tract reprend les traditionnels arguments des anti-bilinguismes.

« À l’extérieur du Québec, il y a moins de 4 % de la population qui parle français (…) Comment le Canada peut être un pays bilingue quand l’utilisation de la langue anglaise est restreinte au Québec qui est contre la loi. »

« Together let’s win back Canada », conclut le message.

Canadians for Language Fairness pointé par Watson

Un peu après midi, le maire d’Ottawa, Jim Watson, a réagi sur Twitter en tenant Canadians for Language Fairness comme coupable de ces actions.

Le premier magistrat affirme avoir envoyé un courriel aux membres de l’organisme œuvrant à mettre fin « à l’injustice du bilinguisme officiel ».

Le maire d’Ottawa Jim Watson. Archives ONFR+

« Aux invités qui ont distribué de la propagande anti-francophone lors de mon petit-déjeuner, ce matin : vos actions et vos paroles me déçoivent profondément. Nos amis et nos collègues de la communauté francophone d’Ottawa n’enlèvent rien à la collectivité, au contraire, ils la rendent plus forte grâce à leur langue, leur culture, leur participation, et leurs nombreuses contributions à notre ville », a-t-il écrit.

« Message antagoniste déplorable » pour le maire

Et d’ajouter : « Même si je suis pour la liberté d’expression, je suis déçu que vous ayez profité de mon petit-déjeuner à l’hôtel de ville pour promouvoir votre message antagoniste déplorable. Sachez que vous ne serez plus les bienvenus dans mes activités à venir. »

Les petits déjeuners du maire d’Ottawa servent à mettre en valeur des initiatives ou des « partenaires de la communauté ».

Plus de détails à venir…

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