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Direction libérale : Del Duca veut entendre les Franco-Ontariens

Temps de lecture : 4 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

L’ancien ministre des Transports, député de Vaughan de 2012 à 2018, Steven Del Duca, est présenté comme le favori de la course à la direction du Parti libéral de l’Ontario (PLO).

LE CONTEXTE :

Après avoir interrogé les candidats, Kate Graham, Brenda Hollingsworth, Mitzie Hunter et Alvin Tedjo, ONFR+ s’est entretenu avec M. Del Duca pour connaître ses propositions pour les Franco-Ontariens. L’entrevue avec M. Del Duca s’est déroulée en anglais.

L’ENJEU :

Les militants libéraux choisiront leur nouveau chef le 7 mars, à Mississauga. Battu dans sa circonscription de Vaughan lors des dernières élections provinciales, Steven Del Duca devra, s’il est choisi, récupérer un siège à Queen’s Park et redresser la barre d’un parti décimé en vue du scrutin de 2022.

« Quelle est votre vision pour la communauté franco-ontarienne ?

C’est une communauté qui joue un rôle très important dans notre province, mais pas seulement au niveau historique et culturel. Elle est aussi un avantage indéniable au niveau économique et nous devons saisir cette opportunité, en faisant les investissements nécessaires.

Je suis déçu de voir que depuis 18 mois, Doug Ford ne respecte pas les Franco-Ontariens et ne se montre pas ouvert à leurs défis.

Je m’engage donc à m’assurer de bâtir l’Université de l’Ontario français et à restaurer un Commissariat aux services en français indépendant.

Ces deux dernières promesses sont communes à tous les candidats à la direction du PLO. Que proposez-vous de différent ?

Vous savez, je suis un anglophone et je ne connais pas tous les besoins de la communauté. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il est important de communiquer avec les leaders de la francophonie ontarienne et de les écouter, car eux savent mieux de quoi la communauté a besoin.

Vous êtes le seul des six candidats à ne pas avoir formulé des propositions concrètes pour les Franco-Ontariens. Pourquoi ?

Je salue l’engagement et les idées de mes collègues envers la communauté franco-ontarienne. De mon côté, c’est quelque chose sur lequel je travaille. Je mène actuellement des consultations et rendrai publiques mes propositions avant la convention [des 6 et 7 mars à Mississauga]. Tout commence par la consultation pour bâtir une relation de confiance et de respect. Je n’ai aucune confiance envers M. Ford. La preuve : sans l’intervention du gouvernement fédéral, le dossier de l’Université de l’Ontario français ne serait nulle part aujourd’hui.

Quelle modernisation de la Loi sur les services en français devrait être faite, selon vous ?

Je travaille encore là-dessus. Mais je me souviens que quand je travaillais comme ministre des Transports, malgré l’ouverture de notre gouvernement, mes collègues Madeleine Meilleur et Marie-France Lalonde [toutes deux ministres des Affaires francophones] soulevaient des choses qui n’allaient pas.

Je pense, par exemple, aux autoroutes, où les signes sont parfois bilingues, parfois juste en anglais. Comme anglophone, c’est quelque chose auquel je n’avais jamais pensé, pour être honnête. Mais nous devrions en discuter, car même s’il y a des régions désignées, ce ne serait pas difficile à faire et ce serait simplement du bon sens d’avoir des signes bilingues partout ! Et je pense qu’il y a d’autres dossiers similaires dans tous les ministères d’où l’importance de parler avec la communauté franco-ontarienne.

Steven Del Duca (à droite) avec le candidat libéral dans Orléans, Stephen Blais (au centre) Source : Twitter

Lors du débat à Ottawa, vous avez martelé l’importance de rester unis après le vote du 7 mars. Est-ce que la situation actuelle dans Glengarry-Prescott-Russell, où l’association locale s’oppose à une décision de l’association provinciale concernant Amanda Simard, vous inquiète de ce point de vue là ?

Je comprends la réaction de l’association locale, mais l’arrivée d’Amanda Simard au sein de notre famille libérale est une grande nouvelle. C’est quelqu’un de très courageux ! Et puis, notre constitution est claire.

Je veux donc les voir travailler ensemble avec le but commun de défaire Doug Ford en 2022. Si je suis élu chef du parti, je reviendrais dans Glengarry-Prescott-Russell pour m’asseoir avec eux et les aider à bâtir une confiance respective autour de cet objectif.

Après la débâcle de 2018, pensez-vous vraiment que votre parti peut gagner en 2022 ?

Il ne fait aucun doute que ce sera un défi, car après notre convention de mars, nous n’aurons que 26 mois pour nous préparer, recruter des candidats, bâtir nos équipes, trouver du financement… D’où l’importance d’être unis ! Mais j’ai deux filles, de 8 et 12 ans, et pour leur avenir, je ne peux pas me permettre de laisser un second mandat majoritaire au gouvernement Ford.

Vous-même avez été défait en 2018 dans Vaughan. N’est-ce pas un handicap pour devenir le chef d’un parti qui aspire à regagner le pouvoir ?

Je ne le pense pas. Si nous avons été battus, c’est surtout parce qu’on a oublié que l’Ontario ne se résume pas à Toronto et à sa grande couronne. Nous devons rebâtir une relation de confiance avec les Ontariens. Si je deviens chef du parti, je vais être à Queen’s Park pour m’opposer à M. Ford, mais aussi sur la route pour rencontrer les gens et les écouter.

Pourquoi les militants devraient-ils vous choisir parmi les six candidats ?  

Nous avons six excellents candidats et si je ne suis pas choisi, je vais continuer à servir le parti comme je le peux. Mais je pense que mon expérience de 31 ans au sein du parti, dans différents rôles, fait de moi un bon candidat. J’ai démontré que je travaille très fort, en équipe, et je suis capable d’unifier le parti pour gagner les prochaines élections. Si les militants me choisissent, je vais m’y mettre dès le 9 mars ! »

POUR EN SAVOIR PLUS:

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