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Dix faits sur la représentation des femmes en politique ontarienne

En cette Journée internationale des femmes, ONFR+ vous propose dix faits avérés ou ignorés sur la représentation des femmes dans la politique ontarienne. Un tour d’horizon avec la politologue du Collège militaire royal du Canada de Kingston, Stéphanie Chouinard, et Fayza Abadalloui, présidente du Mouvement pour les femmes immigrantes francophones en Ontario (MOFIF).

49 députées

C’est le nombre de femmes qui siègent actuellement sur les bancs de l’Assemblée législative de l’Ontario, l’équivalent de 39,5 % de la composition de Queen’s Park. Un chiffre en hausse, puisqu’avant les élections de juin 2018, elles n’étaient que 35 %. À titre de comparaison, l’Assemblée nationale du Québec est composée de 42 % de femmes.

Nouveau Parti démocratique

Des quatre partis présents à Queen’s Park, le Nouveau Parti démocratique est le plus féminisé si l’on se fie aux chiffres. Au total, 20 des 40 élus du parti sont des femmes. Avec Andrea Horwath, la formation politique est aussi la seule à avoir une femme à sa tête. Lors des élections du printemps dernier, les femmes représentaient 56 % des candidats du parti.

La chef néo-démocrate, Andrea Horwath. Gracieuseté: Facebook

«Si on avait à octroyer un bulletin de notes, Le NPD a historiquement interpellé plus de femmes, et fait un plus grand nombre d’efforts», souligne Mme Chouinard. «Les partis politiques ont beaucoup de travail à faire pour inciter les femmes à être candidate, parce que les femmes passent plus de temps à la maison pour les taches ménagères et s’occuper des enfants, et malheureusement moins de temps pour le réseautage, qui est une porte d’entrée vers le monde politique.»

Sept ministres

Le point commun entre les élus progressistes-conservatrices Laura Scott, Caroline Mulroney, Lisa MacLeod, Lisa Thompson, Merrilee Fullerton, Christine Elliott, et Sylvia Jones? Ces femmes représentent sept des 21 ministres du gouvernement de Doug Ford à Queen’s Park. Pas encore la parité, même si tout n’est pas négatif.

«Il y a des femmes fortes dans le cabinet de M. Ford», résume Mme Chouinard. «Plusieurs femmes sont placées dans des positions importantes, mais l’agenda progressiste-conservateur n’a pas de politique qui touche directement les femmes. On peut s’attendre à ce que des coupures en santé et dans les services sociaux touchent tout particulièrement les femmes.»

1943

Cette année conserve son importance symbolique pour l’Ontario. Il s’agit de la première élection de femmes à l’Assemblée législative. Rae Luckock et Agnes Macphail sont toutes deux élues sur les bancs de Queen’s Park. Dans le cas de Mme Macphail, l’exploit est même double puisqu’elle avait déjà été la première femme à siéger à la Chambre des communes à partir de 1921. Un siège qu’elle occupera jusqu’en 1940.

Kathleen Wynne

L’ancienne chef du Parti libéral de l’Ontario reste à ce jour la seule femme à avoir occupé le poste de première ministre de la province. Intronisée par son parti en janvier 2013, mais défaite lors des élections de juin dernier, Mme Wynne aura passé en tout plus de cinq ans à la tête de l’Ontario. Mais elle ne fut pas la première femme à occuper une telle position. Les élections provinciales de Colombie-Britannique en 1991 ont permis à Rita Johnston d’entrer dans l’histoire du Canada.

L’ancienne première ministre, Kathleen Wynne. Gracieuseté: Facebook

1951

Huit ans après la première femme élue à l’Assemblée législative, l’Ontario franchit une nouvelle étape. En 1951, le Fair Employment Practices Act et la Female Employees Fair Remuneration Act visent respectivement à éliminer la discrimination en imposant des amendes, en créant un système de plaintes et offrir aux femmes un salaire équivalent pour un travail égal. Les autres provinces canadiennes emboitent le pas à l’Ontario en faisant adopter des lois similaires.

«Il reste encore beaucoup de barrières pour les femmes en général, et le droit de vote pour les femmes est récent», souligne Mme Abadalloui. «La capacité de se développer économiquement ne date pas de longtemps, les coûts des garderies sont chers, et il y a une mysoginie qui est persistante, en témoignent les dérapages de certaines élus. Je reste quand même optimiste car de plus en plus de femmes parlent et s’engagent.»

Arielle Kayabaga

La performance n’est pas passé inaperçue en octobre dernier. En l’emportant dans le quartier 13 de London, Mme Kayabaga est devenue la première femme francophone immigrante conseillère municipale. Originaire du Burundi, la nouvelle élue veut renforcer la lutte contre l’itinérance, le logement abordable, le transport en commun.

Arielle Kayabaga, nouvelle conseillère municipale élue à London Gracieuseté: Arielle Kayabaga

«Elle a fait une campagne exceptionnelle, elle parle beaucoup de son expérience, des difficultés et de défis», résume Fayza Abadalloui, la présidente du MOFIF. En janvier dernier, l’organisme avait d’ailleurs remis son livre blanc à la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, pour une meilleure participation des femmes francophones immigrantes à la vie civique et citoyenne de leur communauté et de leur province.

«On ne voit pas encore assez les femmes immigrantes», déplorait alors la présidente du MOFIF. «Il faut des femmes qui s’engagent que ce soit à titre de bénévoles dans les conseils d’administration francophones, mais aussi anglophones, des femmes qui se présentent comme conseillère scolaire, et même inciter les femmes à se présenter comme députée provinciale.»

Charlotte Whitton

Admirée ou controversée, Charlotte Whitton reste la première femme à la tête d’une grande ville au Canada. Maire d’Ottawa de 1951 à 1964, elle a ouvert la voie à bon nombre de mairesses en Ontario. Citons par exemple June Rowlands, première mairesse de Toronto en 1991, Hazel McCallion à la barre de de Mississauga pendant plus de trente ans, ou encore Bernardette Clement première femme noire récemment élue à Cornwall.

Conseils municipaux

Sept, c’est le nombre d’élues femmes à Toronto, sur les 25 conseillers municipaux présents dans la Ville reine. La proportion est semble-t-il la même à Ottawa qui compte pour sa part huit femmes élues. À Sudbury, la municipalité possède deux élues femmes, sur douze échevins.

L’hôtel de ville de Toronto. Archives #ONfr

Est ontarien

Si la participation des femmes est déjà problématique dans les grands centres urbains de l’Ontario, le défi est encore plus grand à l’extérieur. Dans l’Est ontarien par exemple, composé de 60 % de francophones, les femmes représentent la plupart du temps seulement une, voire maximum deux des élues des conseils municipaux.

À la table des Comtés unis de Prescott et Russell, la mairesse Paula Assaly de Hawkesbury fait figure d’exception. Point positif: Amanda Simard est devenue la première députée dans cette circonscription lors des élections provinciales du printemps dernier.

«L’étalement des municipalités rurales fait qu’il est plus difficile pour une femme de se libérer des taches ménagères ou de ses enfants», avance prudemment Mme Chouinard. «Mais sur ce sujet, il manque d’études et la politique municipale reste encore sous étudiée.»

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