La directrice générale du GNAC, Marie-Thérèse Robinson, est à la recherche d'une instructrice francophone pour enseigner le théâtre. Photo : Inès Rebei/ONFR
Culture

Est ontarien : vers des cours de théâtre et d’improvisation en français à Winchester

La directrice générale du GNAC, Marie-Thérèse Robinson, est à la recherche d'une instructrice francophone pour enseigner le théâtre. Photo : Inès Rebei/ONFR

WINCHESTER — Le Greater Nation Arts Collective (GNAC), un organisme à but non lucratif offrant des formations en arts de la scène en milieu rural, prépare le lancement de ses premiers cours d’art dramatique et d’improvisation en français pour l’hiver 2027. Cette initiative s’inscrit dans la foulée de l’annonce récente d’un premier établissement scolaire francophone à Winchester, dans le canton de Dundas Nord.

Concrètement, c’est par une première phase de cours pilotes en français que le GNAC prendra le pouls de la communauté francophone au début de l’année 2027.

Deux ateliers distincts destinés aux jeunes seront proposés à l’ancien hôtel de ville de Winchester : le premier axé sur l’improvisation et le second sur le jeu dramatique.

« En hiver 2027, on va commencer avec un ou deux programmes, pour mesurer l’intérêt », détaille la directrice générale et responsable de l’administration du collectif, Marie-Thérèse Robinson. 

« L’un va être un programme d’improvisation pour les jeunes et l’autre, ça va probablement être un programme de théâtre. On va lancer la demande d’emploi sous peu, parce qu’on cherche une instructrice francophone pour enseigner le théâtre. »

Pour assurer la viabilité d’un groupe, l’organisme fixe le seuil minimal de participation entre six et huit élèves, avec une cible idéale d’une douzaine de participants par classe. 

Outre l’apprentissage des techniques scéniques, la direction souligne l’impact de ces disciplines sur le développement personnel des jeunes, notamment la prise de parole en public, la confiance en soi et l’esprit d’équipe.

Sur le plan organisationnel, le GNAC s’appuie sur une équipe administrative bénévole composée de six personnes, incluant la direction générale, la direction de la programmation et la direction des opérations. Photo : gracieuseté de la GNAC

Un milieu très anglophone

Bien que basé à Winchester, une communauté historiquement anglophone où 5 % de la population a le français comme première langue parlée, l’organisme a choisi dès le départ une dénomination reflétant un mandat plus large. 

Le GNAC vise en effet à desservir les ménages ruraux répartis le long du bassin de la rivière Nation, à travers les comtés unis de Stormont, Dundas et Glengarry ainsi que de Prescott et Russell.

« On a commencé en anglais parce que notre communauté est très anglophone », indique Marie-Thérèse Robinson. 

Située à une vingtaine de minutes de municipalités francophones comme Embrun, Russell, Casselman et Limoges, et à moins d’une heure de Cornwall, l’organisme souhaite toutefois profiter de sa situation géographique.

« On a quand même beaucoup d’influences francophones dans la région et on veut pouvoir amener ces personnes-là aussi parce qu’il y a encore moins d’opportunités. Il n’y a pas beaucoup de théâtre francophone dans les communautés rurales, il n’y a pas d’enseignement pour les jeunes. »

Le village de Winchester, au cœur du canton de North Dundas, s’apprête à accueillir ses premiers ateliers artistiques en français. Photo : Wikipedia/ P199

Vers une nouvelle école francophone

Cette transition vers des services bilingues s’aligne directement sur l’évolution des infrastructures scolaires de la région. 

Le gouvernement provincial a confirmé un investissement de 34,3 millions de dollars pour la construction d’une école catholique francophone de la maternelle à la 12e année à Winchester, gérée par le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO).

Actuellement, aucune école francophone, qu’elle soit catholique ou publique, ne dessert le canton de Dundas Nord, obligeant les élèves de Winchester à parcourir au moins 24 kilomètres pour fréquenter un établissement de langue française à Casselman, Embrun ou Limoges.

Pour la direction du GNAC, l’établissement de ce nouveau pôle éducatif s’inscrit dans la continuité des démarches déjà entreprises au sein du village. « On va voir plus de familles francophones venir habiter à Winchester », prévoit Mme Robinson. 

« Alors si on est déjà établis, bien là ça va être un lien naturel et possiblement, dans le futur, peut-être un lien direct avec l’école aussi. »
— Marie-Thérèse Robinson

Consolider les arts de la scène en zone rurale

Fondé en janvier 2025 et incorporé en mars de la même année, le GNAC est né de l’initiative de trois membres fondateurs désireux de répondre au manque d’activités artistiques structurées dans le secteur rural de la région.

« On a trouvé qu’il n’y avait pas beaucoup de support dans les arts, spécialement pour les jeunes, dans les arts de la scène, donc n’importe quelle langue, dans son côté rural », explique Mme Robinson. 

« Il y avait beaucoup de théâtre communautaire, mais ils faisaient plutôt plus d’affaires pour les adultes. Pour les jeunes, il y a la danse ou beaucoup de sports, mais il n’y avait pas vraiment beaucoup pour les jeunes qui étaient intéressés dans les arts comme le théâtre ou la musique. »

Après avoir démarré ses premières activités en juin 2025, l’organisme a déployé une programmation initiale en anglais comprenant des sessions à l’automne, à l’hiver et au printemps. 

L’annonce initiale de l’expansion bilingue prévoyait un concert du duo country franco-ontarien Sugar Crush le 18 septembre dernier à l’ancien hôtel de ville. À la suite d’un conflit d’horaire, l’événement a dû être reporté à l’année 2027. 

La mise en ligne complète de la version française du site web de l’organisme s’effectuera en parallèle avec la reprogrammation de ce spectacle.