Fermeture anticipée de la garderie Bernadette : uOttawa réfléchit à la suite
OTTAWA – Devancée du 31 mai au 2 avril, la fermeture de la garderie Bernadette plonge plusieurs familles dans l’incertitude. La rectrice Marie-Eve Sylvestre soutient que l’Université d’Ottawa a multiplié les mesures d’aide et souhaite relancer, à terme, une offre de garde sur le campus.
Bilingue et en activité depuis 1988, la garderie Bernadette ferme ses portes plus tôt que prévu. Indépendant de l’Université d’Ottawa, le centre accueillait 49 enfants, alors que 75 autres attendaient déjà une place.
Pour Michel Guilbeault, consultant et porte-parole embauché par la garderie pour défendre sa cause, l’arrêt des activités le 2 avril s’explique par une vague de départs au sein du personnel après l’annonce de la fermeture.
« Dès l’annonce de la fermeture en mai, plusieurs employés ont commencé à chercher ailleurs, y compris la directrice. On n’était plus en mesure d’assurer la garde des enfants de façon sécuritaire », dit-il. Recruter pour quelques semaines seulement était devenu irréaliste, ajoute-t-il, d’où une fermeture avancée « dans le meilleur intérêt des familles ».
Mais à ses yeux, le fond du problème demeure la gestion du dossier. Il rappelle que les familles payaient environ 500 $ par mois pour une place subventionnée. Avec la fermeture, elles risquent maintenant de devoir se tourner vers le privé, à des coûts beaucoup plus élevés.

Du côté de l’université, la rectrice Marie-Eve Sylvestre reconnaît la dureté du choc. « Nous savons qu’il manque de places en garderie, de places abordables, et particulièrement en français à Ottawa. Nous aurions tous souhaité une autre issue », affirme-t-elle.
Sur les 49 places, 18 familles liées à la communauté universitaire, représentant 22 enfants, ont été touchées. Selon l’université, 13 étudiants-parents ont reçu une aide financière d’urgence. Un montant de 3000 $ a été accordé aux parents ayant un enfant, et de 4000 $ à ceux qui en ont deux. Neuf places permanentes ont aussi été trouvées pour certains enfants.
L’établissement affirme également avoir mis en place des accommodements pour limiter les impacts. Le service des ressources humaines a été mobilisé pour les employés-parents. Pour les étudiants, certains cours ont été enregistrés ou rendus accessibles en ligne afin de faciliter la fin de session.
Marie-Eve Sylvestre insiste aussi sur le fait que la fermeture s’inscrit dans une transformation plus large du campus. « Le complexe Brooks doit être démoli dans le cadre d’un projet d’infrastructure majeur qui prévoit l’ajout de 2600 lits en résidence étudiante, de nouvelles salles de classe et une nouvelle salle à manger ».
Malgré cette fermeture, la rectrice assure que l’idée d’un service de garde à l’université n’est pas abandonnée. « Nous considérons que c’est un service très important à offrir à notre communauté. Nous explorons donc plusieurs options », dit-elle.
Elle évoque notamment la possibilité d’intégrer un futur espace de garderie dans le nouveau projet de résidence étudiante, ainsi que d’autres scénarios à moyen terme.
« Un groupe de travail a été mis sur pied pour évaluer les besoins de la communauté. Nous réfléchissons notamment à ce qui pourrait être développé en lien avec notre faculté d’éducation, qui offre une formation dans le secteur préscolaire. Nous regardons s’il pourrait y avoir des possibilités d’appui de la part de nos étudiants, des places à temps partiel ou encore des places de dépannage sur le campus », annonce-t-elle.
Michel Guilbeault, lui, remet en question ce report des solutions. « On parle de solutions dans trois ou quatre ans, alors qu’il existait des options immédiates qui auraient permis d’éviter le stress, l’anxiété et les coûts supplémentaires pour les étudiants », déplore-t-il.