FIFA 2026 : Jonathan David, Franco-Ontarien au cœur des ambitions canadiennes
TORONTO – À l’heure où le Canada fait son entrée en lice à la Coupe du monde à domicile face à la Bosnie-Herzégovine, Jonathan David demeure la principale arme offensive de la sélection nationale. Meilleur buteur de l’histoire du pays, le Franco-Ontarien portera une grande partie des ambitions canadiennes lors du tournoi.
Lorsque le Canada disputera son premier match de la Coupe du monde face à la Bosnie-Herzégovine, une grande partie des espoirs du pays reposera sur les épaules de Jonathan David.
À 26 ans, le Canadien de la Juventus de Turin est devenu bien plus qu’un simple attaquant. Meilleur buteur de l’histoire de la sélection, il est aujourd’hui l’un des visages du soccer canadien et l’un des principaux artisans de l’ascension de l’équipe nationale au cours des dernières années.
Aux côtés de Cyle Larin, avec qui il forme depuis longtemps l’un des duos offensifs les plus redoutables de la CONCACAF, David représente la principale menace offensive du Canada. Capable d’évoluer comme attaquant de pointe tout en décrochant entre les lignes pour participer à la construction du jeu, il occupe un rôle hybride de « 9 et demi » qui le rend indispensable au système de Jesse Marsch.
Mais au-delà de son importance sportive, Jonathan David représente également une immense fierté pour la communauté franco-ontarienne. Formé à l’école secondaire publique Louis-Riel d’Ottawa, il est aujourd’hui le seul Franco-Ontarien au sein de l’effectif canadien qui dispute la Coupe du monde.
« Je pense que c’est un grand honneur pour les Franco-Ontariens d’avoir Jonathan comme ambassadeur », affirme son ancien entraîneur à Louis-Riel, Joé Fournier.

Un modèle pour toute une génération
Même s’il ne recherche pas particulièrement ce statut, l’attaquant de la Juventus inspire déjà de nombreux jeunes francophones de la province. Joé Fournier en a eu une démonstration concrète cette semaine lors d’un entraînement de l’équipe canadienne.
« J’ai un ancien élève qui joue pour l’académie du Toronto FC. Il est allé voir l’entraînement du Canada cette semaine et il a interpellé Jonathan en français en lui disant qu’il venait de Louis-Riel. Jonathan lui a donné son chandail autographié. C’est une petite connexion, mais elle est très grande pour nos jeunes. »
Pour l’école ottavienne, voir l’un de ses anciens élèves devenir le visage de la sélection canadienne demeure une source de fierté immense.
« C’est un honneur et un privilège d’avoir eu la chance de travailler avec lui », souligne Fournier.
L’ancien entraîneur rappelle d’ailleurs que Louis-Riel a également vu passer Vanessa Gilles, autre figure majeure du soccer canadien.
« On parle de deux Franco-Ontariens qui ont été les meilleurs joueurs canadiens chez les hommes et chez les femmes, qui jouent pour la Juventus et le Bayern Munich, qui viennent de la même école et du même programme. Les chances que ça arrive sont tellement minimes que c’est difficile à comparer à quelque chose. Peut-être une éclipse de lune… », confie le technicien avec le sourire.
Un talent porté par une mentalité exemplaire
Si Jonathan David est aujourd’hui reconnu parmi les meilleurs attaquants canadiens de tous les temps, son ancien entraîneur estime que son succès repose autant sur son attitude que sur son talent. Ce qui frappait déjà les entraîneurs à l’époque n’était pas seulement sa qualité technique.
« Ce qui ressortait de Jonathan, c’était qu’il était toujours parmi les meilleurs à chaque séance. Les caractéristiques d’un grand champion, c’est beaucoup plus que marquer des buts. »
« Son attitude était extrêmement positive. Il avait une passion indéniable et une volonté constante d’apprendre, de grandir et de devenir meilleur à chaque entraînement. »

Une année compliquée derrière lui
Son talent et son état d’esprit lui ont permis de rejoindre l’Europe, une chose très rare pour un joueur canadien à cette époque.
Après avoir brillé avec La Gantoise en Belgique puis Lille, où il a remporté le championnat de France et multiplié les saisons à plus de 25 buts, David a rejoint la Juventus de Turin avec l’ambition de franchir un nouveau palier.
Lors de sa présentation officielle, il affichait une confiance intacte.
« C’est une grande émotion pour moi d’être dans un club comme la Juventus », déclarait-il. « Je pense pouvoir encore marquer 25 buts cette saison. Bien sûr, je sais que la Serie A est plus tactique et plus défensive, mais je suis prêt à relever le défi. Je veux progresser et devenir l’un des meilleurs buteurs au monde. »
La réalité s’est toutefois révélée plus compliquée. Auteur de six buts toutes compétitions confondues, dont quatre en Serie A, le Franco-Ontarien a connu sa saison la moins productive depuis son arrivée en Europe. Un rendement bien loin des standards qu’il avait établis à Lille.
Une situation qui ne surprend pas forcément Joé Fournier.
« Je compare sa dernière saison un peu à ses débuts avec Lille, explique-t-il. Quand un joueur arrive dans un nouveau système, avec un nouvel entraîneur, dans une nouvelle ligue, un nouveau pays et une nouvelle langue, il y a énormément de choses que les gens ne voient pas. »
Malgré tout, il demeure convaincu que son ancien protégé retrouvera rapidement son meilleur niveau.
« Je suis confiant qu’il va y parvenir. J’ai espoir que les choses vont se replacer pour lui. »

Le Canada a besoin du meilleur Jonathan David
Depuis plusieurs années, l’Ottavien est au cœur de tous les succès de la sélection nationale, des qualifications pour la Coupe du monde 2022 jusqu’au parcours historique à la Copa América.
Son association avec Cyle Larin demeure l’un des principaux atouts offensifs du Canada. Alors que Larin agit souvent comme point d’appui et présence physique dans la surface adverse, David se distingue par sa mobilité, ses déplacements entre les lignes et sa capacité à créer des espaces pour ses coéquipiers.
Pour Joé Fournier, le Canada n’a pas besoin d’un Jonathan David qui tente de porter l’équipe à lui seul.
« Il a simplement besoin d’être lui-même. Si Jonathan essaie d’en faire trop ou si on lui demande d’en faire plus que son rôle, je crois que c’est là que l’équipe peut perdre les bénéfices de ses qualités. »
Pour son ancien entraîneur, cette Coupe du monde pourrait même permettre au Franco-Ontarien de tourner définitivement la page sur sa saison plus difficile en club.
« Je pense que ça va être son moment. On va voir le meilleur Jonathan. »
Une Coupe du monde à la maison
L’événement possède également une signification très personnelle pour l’attaquant canadien. L’idée de disputer un Mondial devant sa famille, ses amis et les partisans canadiens lui tient particulièrement à cœur.
« Ça va être spécial d’avoir mon père sur place, confiait-il récemment à TVA. De pouvoir me regarder jouer dans une Coupe du monde, ça va être extraordinaire pour lui et c’est aussi très spécial pour moi de vivre ça. Ce sont des moments qu’on va partager ensemble. »
À quelques heures de l’entrée en lice du Canada, Jonathan David ne sera pas simplement l’attaquant vedette de l’équipe nationale. Pour le Canada, il représente l’espoir de franchir un nouveau cap devant son public. Pour les Franco-Ontariens, il est aussi la preuve qu’un rêve né sur les terrains d’Ottawa peut mener jusqu’aux plus grandes scènes du football mondial.