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Gilles Bisson a tranché: il se présentera dans Timmins

Le député néo-démocrate, Gilles Bisson . Crédit photo Jean-François Morissette

TIMMINS – Suite à la scission de la circonscription de Timmins-Baie James, le député sortant néo-démocrate Gilles Bisson avait un choix à faire. Il a tranché: il se présentera dans Timmins lors du scrutin général qui se déroulera dans les prochains mois. Il en a profité pour donner son appui à Guy Bourgouin dans la course à l’investiture néo-démocrate de la circonscription de Mushkegowuk-Baie James.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Ça a été un choix très difficile. J’ai bâti tellement de relations dans l’ancienne circonscription. Là, je perdais une partie de ma circonscription, quel que soit mon choix. J’ai cependant écouté ma famille. Ils m’ont fait comprendre que j’étais toujours sur la route 11 et qu’en choisissant Timmins je pourrais être davantage avec eux», confie Gilles Bisson, lors d’un entretien avec #ONfr.

Gilles Bisson a signé sept victoires consécutives dans la circonscription de Timmins-Baie James depuis 1990. La nouvelle circonscription de Timmins comptera 36 % d’électeurs s’exprimant dans la langue de Molière.


«Timmins au provincial a toujours été entre les mains du NPD ou du Parti progressiste-conservateur. Lors de mes victoires, j’ai toujours gagné aussi dans la portion qui couvrait Timmins. Je pense qu’on est dans une bonne position, mais on va faire campagne et on va travailler très fort» – Gilles Bisson


Gilles Bisson a annoncé sa décision à Kapuskasing, une municipalité qui se trouve actuellement dans sa circonscription, mais qui ne le sera plus au lendemain du scrutin. Il a cependant profité de sa conférence de presse pour présenter Guy Bourgouin, le candidat qu’il appui pour le remplacer dans la nouvelle circonscription de Mushkegowuk-Baie James.

«C’est un appui personnel, non pas du parti. On a une bonne chance avec lui, il est connu et il connait les enjeux. Il est francophone métis et j’espère qu’on pourra l’amener à Queen’s Park avec nous», souligne M. Bisson. Une investiture dans la circonscription devrait se dérouler en mars, selon lui.

Selon le nouveau découpage, la nouvelle circonscription de Mushkegowuk-Baie James, qui inclura notamment Kapuskasing, Val Rita et Hearst, sera quant à elle composée d’environ 60 % de francophones. Auparavant, seule la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell était à majorité francophone en Ontario.

Récemment, Gilles Bisson estimait que les chances du NPD de remporter la victoire dans les deux circonscriptions étaient «bonnes».

La chef du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario, Andrea Horwath, en conférence de presse. Crédit image: Jean-François Morissette

Gilles Bisson dit que son parti est le mieux placé pour répondre aux besoins des francophones, et ce, même si sa chef ne parle pas le français. «J’aimerais que tout le monde en Ontario puisse parler en français et en anglais, mais c’est pas possible. Mais rappelez-vous qu’on a plus de francophones et francophiles élus dans notre caucus que les deux partis ensemble», lance-t-il.

 

Gilles Bisson en ses mots sur quatre enjeux qu’il juge prioritaire à Timmins

  • Le système de santé: «Pour avoir une chirurgie ou même seulement pour voir son médecin, ça devient de plus en plus difficile. J’ai beaucoup d’appels à ce sujet», dit Gilles Bisson.
  • Les infrastructures: «Il y a de moins en moins d’argent pour rénover les piscines ou les salles communautaires. Ça devient difficile pour les municipalités qui ne peuvent jamais prévoir combien d’argent elles auront l’année suivante de la province.»
  • Le réseau routier: «C’est l’hiver et je vous le dire, la route est effrayante, l’entretien est déficient. Il doit y avoir du meilleur travail.»
  • L’industrie forestière: «C’est une priorité. Il demeure qu’il y a des espèces en danger, mais je peux vous dire que dans le nord, on est des environnementalistes. On travaille dans ce sens-là. Le nord de l’Ontario et l’industrie forestière sommes des modèles à ce sujet.»

 

«Une bonne nouvelle pour les francophones»

Le directeur général de l’Alliance de la francophonie de Timmins, Sylvin Lacorix, estime que la décision de M. Bisson constitue une bonne nouvelle pour les Franco-Ontariens.

«Sans aucune partisanerie, il faut reconnaître que Gilles Bisson a fait beaucoup pour notre communauté. Quand on a commencé à travailler avec lui, il avait pratiquement perdu son français. Il a fait beaucoup d’effort. Il a travaillé très fort pour tous les gens de sa circonscription. On ne donne aucune consigne de vote, bien sûr, mais on peut espérer que cela va inciter les autres partis à présenter des candidats francophones ou francophiles dans Timmins.»

M. Lacroix estime également qu’avec cette annonce, les chances d’avoir un autre député francophone ou francophile du Nord de l’Ontario à Queen’s Park sont grandes.

«La circonscription Mushkegowuk-Baie James est à 55 % francophone. Ce sera donc difficile pour les partis de ne pas présenter une personne francophone ou sensible aux besoins de notre communauté. Cela nous permettra peut-être donc d’avoir un nouveau député francophone à Queen’s Park et nous aurons désormais deux élus pour défendre le Nord de l’Ontario qui est trop souvent oublié.»

Les annonces en vue des élections générales se sont multipliées au cours des derniers mois. Plusieurs députés francophones ont annoncé qu’ils se représentaient, notamment la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde.

 

Avec la collaboration de Benjamin Vachet

 

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.