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Gisèle Lalonde est décédée dans la nuit de mardi à mercredi, à l'âge de 89 ans.

Gisèle Lalonde, figure de la résistance franco-ontarienne, n’est plus

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Elle a marqué son temps et montré la voie à sa communauté. Cheffe de file du mouvement SOS Montfort, ce bras de fer avec le gouvernement Harris qui a empêché la fermeture de l’hôpital francophone d’Ottawa dans les années 90, l’ancienne enseignante et mairesse de Vanier laisse derrière elle un legs immense, et de nombreuses réactions de sympathie.

Gisèle Lalonde est décédée dans la nuit de mardi à mercredi. Âgée de 89 ans, cette femme de convictions et de combats était hospitalisée depuis plusieurs mois à Ottawa.

Un de ses faits d’arme les plus significatifs a été son opposition à la fermeture de l’Hôpital Montfort avec, en point d’orgue, le rassemblement historique de 10 000 manifestants franco-ontariens en 1997.

« Si on n’avait pas eu de crise, on serait encore pris avec le Règlement 17 », avait-elle réagi récemment au micro d’ONFR+, revenant sur cet épisode Montfort, un an après la crise linguistique de 2018. « On est en crise tout le temps quand on est minoritaire !  Il y a toujours un groupe qui annonce ses vraies couleurs et on doit être prêt à se battre tout le temps. »

Gisèle Lalonde (au centre) lors de la manifestation SOS Montfort à Ottawa. Crédit image : Étienne Morin, Le Droit, Université d’Ottawa, CRCCF.

Née le 28 juin 1933 à Eastview (actuel Vanier), Mme Lalonde a étudié à l’École Montfort, au Pensionnat Notre-Dame-de-Lourdes et à l’École secondaire d’Eastview, avant de devenir elle-même enseignante.

Diplômée de l’École normale de l’Université d’Ottawa, elle a d’ailleurs fait l’essentiel de sa carrière dans l’éducation, jusqu’en 1973, aux écoles Montfort, Saint-Paul, Garneau et Saint-Gabriel. Elle fut, en 1965, la première femme présidente du Conseil scolaire des écoles séparées d’Eastview.

Co-fondatrice et première directrice générale du Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP), elle a été, dans les années 80, directrice générale de l’Association française des conseils scolaires et présidente du Conseil des Affaires franco-ontariennes.

Élue mairesse de Vanier en 1985, elle conservera son poste jusqu’en 1991. On lui doit, en outre, la création l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO).

Elle a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles les insignes de chevalier l’Ordre de l’Ontario, l’Ordre du Canada et de la Légion d’honneur de la France. Une école du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario porte même son nom à Orléans.

Les réactions affluent

Les réactions se multiplient après sa disparition. « Je l’ entends encore avec son cri de cœur reconnu ”Montfort fermé jamais !” », a réagi Mona Fortier. La députée d’Ottawa-Vanier a déclaré que Mme Lalonde avait été une source d’inspiration.

« Elle m’a inspirée à me présenter en politique et j’admire tous ses efforts pour défendre les intérêts des francophones ; entre autres en éducation et en santé. Elle continuera à m’inspirer à rendre ma communauté plus meilleure et plus juste », a-t-elle souligné.

Décrivant une « francophonie en deuil », sa collègue Marie-France Lalonde, a mis en avant « une pionnière et militante qui a tant fait pour la sauvegarde de notre langue française. Elle laisse un grand vide en Ontario ».

La militante Gisèle Lalonde. Archives TFO

« Toute sa vie Mme Lalonde a été un modèle d’engagement et de détermination qui peut nous inspirer pour faire valoir nos droits comme communauté », a soulevé pour sa part Jean-Rock Boutin, président de la Fédération des retraités et aînés francophones de l’Ontario (FARFO).

Son implication dans le milieu éducatif a été par ailleurs saluée par des conseils scolaires. Pour le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), Gisèle Lalonde a été une « infatigable militante franco-ontarienne, figure de proue du mouvement SOS Montfort, qui laisse un héritage des plus précieux à ceux et celles qui lui succèdent. C’est pour nous une immense fierté d’avoir une école à son nom ».

Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) la remercie « pour l’ampleur de sa contribution à la cause francophone en Ontario et gardons dans nos prières ses proches dans ces moments éprouvants ».

Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce a ajouté son mot en français sur Twitter. « Nous honorons et nous nous souvenons de ses contributions en tant qu’éducatrice passionnée, défenseure de longue date de l’éducation francophone, et mairesse. »

« Un exemple d’engagement positif et de courage » – Zachary Richard

Cette tragique disparition trouve aussi un écho au-delà des frontières de l’Ontario, ainsi que parmi la jeunesse.

« Avec sa force inépuisable et son énergie irrésistible, elle restera pour moi un exemple d’engagement positif et de courage », a réagi l’auteur-compositeur-interprète louisianais Zachary Richard.

« Merci Mme Lalonde pour toutes vos contributions pour la communauté franco-ontarienne. Montfort, fermé, jamais ! », a lancé Mélina Leroux, directrice générale de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO).

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