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Hausse des cas de COVID-19 dans l’Est ontarien : une situation alarmante ?

Temps de lecture : 3 minutes

Relativement épargné au printemps, l’Est ontarien subit beaucoup plus sévèrement la seconde vague épidémique. Alors que le nombre de cas actifs dans la région vient de dépasser la barre des 500, le bureau de santé locale ne parle pas encore d’urgence.

511 cas actifs, 1 766 cas au total depuis le début de la pandémie, et 34 personnes mortes du coronavirus, les chiffres de l’Est ontarien publiés ce mercredi se situent dans la moyenne provinciale, eu égard à sa population. Les deux circonscriptions de Glengarry-Prescott-Russell, et Stormont-Dundas-South Glengarry, comptent 225 000 résidents.

Dit autrement, la région comprenant 1,5 % des Ontariens englobe environ 2 % de l’ensemble des cas actifs de la province (26 064, selon les chiffres de ce matin). Des données dans la moyenne ou presque… mais la hausse récente des cas interroge.

Lundi, le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) rapportait une hausse de 255 cas en trois jours dans la région, soit une moyenne quotidienne de 63 nouveaux cas.

Le Dr Roumeliotis, médecin hygiéniste en chef de l’Est ontarien. Archives ONFR+

Pour sa première conférence de presse annuelle, mardi après-midi, le médecin hygiéniste en chef, Paul Roumeliotis, s’est refusé à dramatiser.

« Nous avons beaucoup de cas rapportés à la fin de la semaine dernière, mais on ne voit pas encore tout l’effet des fermetures, lesquelles ont commencé le 26 décembre. Je pense qu’il faudra encore attendre deux semaines pour voir la trajectoire de la courbe, et nous espérons vraiment qu’elle va plafonner. »

Trois des 14 municipalités de l’Est ontarien sont particulièrement touchées par la seconde vague : Cornwall, tout d’abord, ville certes la plus populeuse de la région, dont le nombre de cas actifs atteint 375, puis Clarence-Rockland, avec 244, et enfin Hawkesbury, avec 215, à la frontière du Québec.

« Ce n’est pas dramatique », croit le clinicien-chercheur et virologue, Hugues Loemba. « Cette tendance de hausse peut se maintenir deux semaines, jusqu’à un ralentissement. On est juste le 6 janvier. Il y a eu le magasinage avant Noël et les rassemblements familiaux qui ont peut-être favorisé la transmission communautaire. Il faudra attendre maintenant la mi-janvier pour dresser des conclusions. »

Pour le scientifique, l’Est ontarien, bien que situé entre Ottawa et Montréal, jouit d’un atout géographique non négligeable.

« La région a l’avantage d’être vaste et la population faiblement dense. On pourrait émettre une corrélation entre la densité de la population et la propagation du virus. Je pense que les résidents de l’Est ontarien restent favorisés parce qu’ils sont plus éparpillés. »

Bernadette Clément « inquiète »

Du côté de Cornwall, la mairesse Bernadette Clément partage moins cet optimisme. « Je suis inquiète », lance t-elle, dès les premières secondes de son entrevue avec ONFR+.

« Il y a une augmentation très aigüe, mais tout le monde ne comprend pas que cela nous affecte. Notre population a une fatigue, et peut-être une sensation d’avoir bien fait, mais on ne doit surtout pas lâcher les efforts, il faut continuer et respecter le confinement ! »

La mairesse de Cornwall, Bernadette Clément. Archives ONFR+

Comprendre, analyser et savoir comment le coronavirus s’est rendu jusqu’à Cornwall, voilà l’un des objectifs de la mairesse.

« Beaucoup de gens se demandent si, par exemple, des Québécois sont venus magasiner à Cornwall récemment, ce qui expliquerait l’augmentation des cas. Il y a beaucoup d’hypothèses, mais peu d’informations. J’ai demandé au BSEO plus de détails sur les transmissions. »

Début de la campagne de vaccination

En dépit de données peu mirobolantes, le BSEO a au moins un motif de satisfaction : la campagne de vaccination débutera la semaine prochaine.

M. Roumeliotis a indiqué que 1 200 doses du vaccin de Pfizer seront administrées d’abord au personnel des maisons de soins de longue durée de la région, puis à celui des hôpitaux. Le médecin hygiéniste en chef n’a toutefois ni précisé la date ni les lieux de vaccination.

Quinze résidences pour aînés et maisons de soins de longue durée sont toujours en proie à une éclosion, mais seulement trois d’entre elles enregistrent des cas à la fois chez les résidents et les membres du personnel : les résidences Glen Stor Dun lodge et Lancaster, à Cornwall, ainsi qu’à la maison de soins de longue durée TSIIonKwa NonhSoTe, à Awkwasasne.

« Après le 11 janvier, les prochaines livraisons de vaccin vont être faites à Hawkesbury. J’ai hâte qu’on commence. »

La toute première livraison de doses proviendra de celles reçues à Ottawa.

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