Culture

Improtéine Expose 2025 : une revue décalée au cœur franco-ontarien

Le collectif Improtéine joue avec les codes du faux documentaire pour revisiter une année politique charnière dans Improtéine Expose 2025. Gracieuseté

Pour sa quatrième revue de l’année, le collectif humoristique Improtéine revisite une actualité canadienne bousculée par les bouleversements politiques, sans perdre de vue la francophonie et les régions.

Depuis 2024, Improtéine Expose, la revue de fin d’année du collectif humoristique Improtéine est diffusée à la télévision à l’échelle nationale.

Mais pour la troupe franco-ontarienne, pas question de perdre de vue ses racines : les Franco-Ontariens et, plus largement, la francophonie canadienne, continuent d’y occuper une place centrale. « Les Franco-Ontariens vont être fiers de se voir à l’écran le 31 décembre », escompte Vincent Poirier, l’un des cinq membres du collectif.

« On réussit à faire de beaux clins d’œil à notre public franco-ontarien », estime Vincent Poirier, membre du collectif Improtéine. Gracieuseté

Composée d’Olivier Nadon, Martin Laporte, Vincent Poirier, Nadia Campbell et Stéphane Guertin, la troupe a d’ailleurs réservé un segment complet à l’Ontario dans ce faux documentaire (docu-menteur), multipliant les clins d’œil à son premier public. Un imposant drapeau franco-ontarien trône même dans le décor du bureau.

« On réussit à faire de beaux clins d’œil amusants pour notre public franco-ontarien, qui est notre premier public », rappelle Vincent Poirier.

Bévues politiques et regards régionaux

L’actualité ontarienne n’a pas manqué de matière cette année. « Il y a une entrevue complète sur les bévues qui se sont passées en Ontario, notamment sur les mauvais coups de notre premier ministre Doug Ford. Il y a même eu un petit scandale financier dans une municipalité du nord de l’Ontario », précise Vincent Poirier.

Mais, au-delà de l’Ontario, 2025 aura été une année charnière à l’échelle du pays, marquée par une succession d’événements majeurs. « Contrairement à l’année précédente, cette année, il y a eu plein de grosses nouvelles. Il fallait choisir », résume Stéphane Guertin.

« Chaque année, notre défi, c’est de faire briller la francophonie canadienne », souligne Stéphane Guertin, membre du collectif Improtéine. Gracieuseté

La démission de Justin Trudeau, annoncée le 6 janvier dernier, a ouvert la voie à une série de bouleversements politiques. Les tarifs imposés par Donald Trump en début d’année, le G7 tenu au Canada, les élections nationales et le changement de chef libéral… autant d’événements qui ont alimenté Improtéine Expose 2025 qui a pour thème « la prophétie ».

« Tout avait un impact sur l’entièreté du pays. Même si dans l’émission on se promène partout, de l’Arctique à l’Alberta, en passant par le Nouveau-Brunswick, c’était de l’actualité d’intérêt national », souligne Vincent Poirier. « C’est ça qui m’a vraiment marqué cette année », confie-t-il.

Au cœur de la démarche d’Improtéine Expose se trouve aussi une volonté assumée de faire rayonner la francophonie canadienne.

« Chaque année, notre défi, c’est de se demander jusqu’où on va réussir à faire briller la francophonie canadienne », explique Stéphane Guertin. « C’est un beau moment pour mettre en relief une actualité francophone régionale qu’on ne voit pas souvent, dont on n’entend presque jamais parler », estime-t-il.

Diffusée à une heure de grande écoute sur un réseau national, l’émission offre ainsi une vitrine rare à des réalités francophones issues des régions.

Entre rigueur journalistique et satire

Avant même de sélectionner les histoires, les membres d’Improtéine se sont donné une ligne directrice claire : raconter une histoire cohérente, avec des rebondissements, du début à la fin.

« On voulait mettre un peu plus d’emphase sur l’histoire qu’on raconte, sentir qu’on suit un fil narratif tout au long de l’émission », confie Vincent Poirier.

Improtéine continue ainsi de jouer avec les faux reportages, les fausses enquêtes, entrevues, les théories du complot et les fake news, le tout reposant sur une trame de faits réels.

La règle? « Quand on explique la nouvelle aux téléspectateurs, il faut que ce soit la vérité. La nouvelle doit être présentée telle qu’elle s’est réellement passée. C’est après, dans nos fausses entrevues ou nos faux reportages, qu’on s’amuse à inventer des scandales ou des raisons absurdes », précise Vincent Poirier.

« Tant mieux si ça glisse de façon presque imperceptible, que le spectateur se demande : « C’était-tu vrai, ça? » », ajoute Vincent Poirier.

Pour la troupe, passer de l’actualité sérieuse à la satire n’a rien d’un exercice forcé.

« La vulgarisation avec humour, ça a toujours été dans nos codes. Avoir du contenu pertinent, mais le rendre accessible et drôle, c’est naturel pour nous », affirme Vincent Poirier, soulignant aussi l’apport d’invités de marque qui ont bien voulu se prêter au jeu pour incarner leur propre personnage, mais de manière décalée.

Une tournée dans le sud de l’Ontario

Par ailleurs, outre la diffusion télévisée de l’émission, Improtéine ira aussi à la rencontre du jeune public. La troupe entreprendra une tournée scolaire dans le sud de l’Ontario cet hiver.

« Improtéine débarque dans les écoles », lance Vincent Poirier. « Le spectacle repose sur des jeux d’improvisation avec les suggestions du public. Tout est improvisé à 100 %. Les jeunes montent sur scène, participent, et c’est toujours le gros délire », conclut-il.