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« J’ai besoin de contribuer à faire évoluer positivement la société » – Gilles Marchildon

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Le directeur général de Réflet Salvéo, Gilles Marchildon, prendra les rênes du campus torontois du Collège Boréal, établissement de formation et d’enseignement postsecondaire, le 19 août prochain. Il en sera le premier directeur.

LE CONTEXTE :

Le campus de Toronto, qui doit s’installer dans ses nouveaux quartiers de la Distillerie à l’horizon 2020-2021, va doubler sa capacité d’accueil pour devenir le navire amiral du Centre-Sud-Ouest.

L’ENJEU :

Le développement des services en français d’enseignement, formation continue, emploi et immigration dans le nouvel ensemble va nécessiter une importante supervision.

« Dans quel état d’esprit abordez-vous votre prise de fonction le 19 août prochain ?

C’est un nouveau chapitre qui va s’écrire. Je suis très enthousiaste à l’idée d’apporter ma pierre à l’édifice même si, pour l’heure, je reste concentré sur mes tâches au sein de Reflet Salvéo, l’entité de planification de services en français. Je prépare notamment l’assemblée générale annuelle qui se déroulera le 29 août, simultanément à Toronto et Etobicoke.

Pourquoi faire le choix du Collège Boréal ?

Au cours de mes nombreuses collaborations avec le Collège Boréal, j’ai toujours constaté une équipe dynamique qui prend à cœur la francophonie locale. On a accueilli aussi de nombreux stagiaires issus de cette institution qui s’est enracinée comme un acteur incontournable à Toronto au
bénéfice de tous les francophones de la région. La formation m’a par ailleurs toujours intéressé. J’ai déjà enseigné un cours au Collège Boréal et retrouver ce milieu est quelque chose de vraiment stimulant.

Quel lien voyez-vous entre votre poste en santé actuel et le domaine de l’éducation ?

La santé et l’éducation sont des enjeux de premier ordre dans la francophonie en milieu minoritaire. Les deux vont main dans la main. L’éducation est un déterminant social de la santé. Il est reconnu qu’elle influence la bonne santé d’un individu. Ce n’est d’ailleurs pas surprenant que ce soit dans ces domaines que vont les plus grands investissements gouvernementaux.

Toronto est un site stratégique pour le développement d’un campus francophone moderne…

J’adore Toronto. Je m’y sens chez moi. On peut voyager de par le monde sans quitter la ville. Sa diversité et son contexte urbain sont deux ingrédients déterminants pour la réussite du campus. La concentration et le brassage d’idées, de talents, dans un milieu très dynamique contribue à bonifier la richesse culturelle en même temps qu’elle pose un immense et passionnant défi : quand les gens voient le monde différemment, cela demande un plus grand effort de compréhension et de collaboration.

Vous allez donc quitter Reflet-Salvéo. Quel bilan faites-vous de ces cinq dernières années ?

On est parvenu à développer des services de santé en français là où il n’y en avait pas, comme au centre de santé communautaire Rexdale (Etobicoke Nord) et dans la région Est de Mississauga. On a aussi accru l’engagement des francophones, avec 530 membres cette année. Cela fait de Reflet Salvéo le plus grand organisme francophone de Toronto. Ça veut surtout dire que les gens ont pris très au sérieux les services en français. On a enfin mis en place une stratégie fructueuse en terme de formation à l’offre active, en encourageant les fournisseurs anglophones à mieux servir la communauté en français. Avant, on s’adressait à des francophones convaincus. Là, on a ciblé des organisations anglophones, devenues des ambassadrices.

Education, santé, culture, ACFO, LGBTQ, comité francophone… Vous vous êtes impliqué dans des domaines très différents. Quel a été le fil conducteur de votre carrière jusqu’ici ?

Je dirais le développement humain. J’ai toujours participé à des causes ou des groupes qui favorisaient le développement des gens, que ce soit dans  les droits humains, la santé ou l’éducation. Dans toutes ces missions, j’ai aussi travaillé la communication. Savoir exprimer ses idées et être à l’écoute des autres est une des clés d’une compréhension mutuelle. Je me définirais comme un agent de progrès social. J’ai besoin d’être quelque part où je sens que je contribue à faire évoluer positivement la société. Ça s’est exprimé dans différents domaines et sous différentes formes.

Quel défi le plus important avez-vous eu à surmonter au cours de votre carrière et qui va pouvoir vous aider dans vos nouvelles fonctions ?

J’ai vécu la crise scolaire de Penetanguishene, il y a 40 ans. Adolescent, j’en étais à mes débuts dans l’engagement social. C’était très intense car la communauté était frappée au cœur. J’étais dans le feu de l’action. La population n’était pas convaincue d’avance. On a dû cheminer sur le plan juridique, politique et social pour affirmer le caractère français des écoles. »

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