
Juste avant son spectacle au Bluesfest, Sophie d’Orléans vit « dans un rêve »

[ENTREVUE EXPRESS]
QUI :
Sophie d’Orléans est une jeune autrice-compositrice-interprète et travailleuse culturelle franco-ontarienne. Elle a grandi et est établie à Ottawa.
LE CONTEXTE :
Le Bluesfest d’Ottawa se tient du 10 au 20 juillet sur les plaines LeBreton. Sophie d’Orléans fait partie des artistes locaux qui se produiront durant le festival. Elle sera ce vendredi 11 juillet sur la scène du Barney Danson Theatre du Musée canadien de la guerre.
L’ENJEU :
Jouer dans un festival d’envergure comme le Bluesfest est une occasion en or pour les artistes de la relève. En tant que Franco-Ottavienne, Sophie d’Orléans a affirmé qu’elle réalisait un rêve.
« Comment vous sentez-vous à la veille de votre spectacle?
Je suis extrêmement excitée. Je suis dans un rêve. Je pense que ça n’a pas encore cliqué, que ça va vraiment se passer. J’ai fait du bénévolat au Bluesfest quand j’étais adolescente. J’assistais à tous les spectacles que je pouvais. C’était des années formatrices, de voir les artistes sur les petites comme les plus grandes scènes.
Le Bluesfest est un événement phare, vraiment important pour la communauté d’ici. C’est un honneur d’y être pour chanter en français et représenter la communauté francophone.
Qu’est-ce que ça représente d’accéder à ce grand festival pour la première fois?
C’est une belle tape dans le dos. Je me sens validée dans cette sélection d’artistes. Je sens que les dernières années de travail ont valu la peine. C’est une validation externe qui fait du bien, qui confirme le chemin sur lequel je suis.
Cette validation vient des pairs, de la communauté et de ma famille qui va venir de loin pour me soutenir. C’est un gros accomplissement qu’on célèbre tous ensemble.
Qu’espérez-vous que ça vous apporte pour le futur?
Comme c’est un événement important de la région, c’est certain que ça a un attrait particulier pour les médias, etc. Ça m’apporte une visibilité très grande de faire partie des artistes locaux qui ont été sélectionnés au Bluesfest.
Aussi, c’est une belle chance, justement, de pouvoir faire rayonner le français dans ce contexte minoritaire. Leurs choix de programmation démontrent une volonté de s’ouvrir à la communauté francophone locale. C’est vraiment excitant parce qu’inclure la francophonie, ça ne se fait pas juste en francophonie. Ça se fait aussi avec les anglophones qui veulent faire une place aux francophones dans leurs événements.

Et plusieurs de mes musiciens et collaborateurs sont bilingues, mais anglophones en premier lieu. Dans nos pratiques, c’est vraiment fluide entre les deux langues.
Il y a plein de personnes qui sont ouvertes. Je veux que tout le monde se sente inclus, même ceux qui ne s’identifient pas comme Franco-Ontariens.
Comment vous décririez-vous en quelques phrases à quelqu’un qui ne vous connaît pas encore?
Je suis une autrice-compositrice-interprète basée à Ottawa. Je suis une artiste qui aime aborder les sujets de la santé mentale, de l’environnement… je fais de la musique intime, lumineuse. Ça se catégorise un peu dans le folk-pop.
Parlez-nous de votre chanson Carrousel, qui vient de sortir.
Ça faisait déjà un bon bout de temps depuis Sans turbulences, en 2022. Après ça, j’ai pris un pas de recul et je me suis beaucoup remise en question, ce qui m’a menée à un burn out. Alors, j’ai appuyé sur le frein pour pouvoir bâtir quelque chose qui dure dans le temps. Carrousel, c’est mon retour.
C’est de prendre ces moments d’obscurité et de les peindre de manière optimiste, avec une lumière pour un futur qui, j’imagine, sera rempli de belles opportunités, comme le Bluesfest!

Je me suis posé beaucoup de questions, notamment au sujet de la langue et de la réalité de vivre dans un environnement bilingue, où l’on passe beaucoup de l’anglais au français, où l’on pense même en anglais parfois. Au niveau de l’identité, il faut prendre des décisions et être intentionnel dans la direction qu’on veut prendre.
Maintenant, je me sens vraiment alignée avec mon identité, avec ce que je veux dire. Carrousel parle du désir de mieux m’aimer, de me recentrer et de reprendre le contrôle de ma vie et d’aller vers la lumière, l’optimiste et l’amour de soi.
À quoi peut-on s’attendre de votre spectacle au Bluesfest?
Je serai entourée de mon plus gros band jusqu’à présent, avec trois musiciens avec moi. Les trois mots-clés sont : intime, introspectif et lumineux. Je veux inviter les gens dans mon salon. On va se synchroniser ensemble et passer un beau moment en musique. Mes chansons vont parler de vulnérabilité, de résilience… et j’aurai quelques surprises.
Vous êtes impliquée dans la communauté culturelle d’Ottawa et de l’Ontario français, entre autres avec votre emploi à l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM). Pourquoi est-ce important pour vous de jouer un autre rôle, en plus de celui d’autrice-compositrice-interprète?
C’est primordial pour moi. Je pense que pour avoir un écosystème francophone en santé, il faut contribuer à différents niveaux, créer des liens entre les artistes émergents et plus établis, créer des opportunités pour qu’ils puissent se rencontrer, collaborer ou apprendre à se connaître.
Pour moi, le français, ce n’est pas juste en musique. C’est la vie de tous les jours. C’est une construction identitaire et c’est une fierté qui se vit en groupe. C’est vraiment important pour moi d’être impliquée le plus que je peux pour m’assurer que l’écosystème fleurisse et continue à grandir, qu’on ouvre les bras pour inclure de plus en plus de personnes. »