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Kapuskasing toujours en attente de lits de soins transitoires

Temps de lecture : 3 minutes

KAPUSKASING – Face aux listes d’attente et pour répondre aux besoins de la communauté, l’hôpital Sensenbrenner de Kapuskasing propose une solution intérimaire à la pénurie de lits de soins de longue durée. Mais la province tarde à donner son feu vert, dénonce l’opposition néo-démocrate.

« Notre projet comprend une vingtaine de lits transitoires qui seraient installés dans une aile qui a été fermée dans les années 90 au moment de la grosse restructuration en santé. Nous nous en sommes servis récemment pendant la pandémie pour installer des patients afin de les protéger contre les risques de transmission de la COVID-19. L’infrastructure est en place et le coût ne serait pas exorbitant pour y installer des lits transitoires », résume la directrice de l’hôpital Sensenbrenner de Kapuskasing, France Dallaire, sans vouloir toutefois donner de chiffres sur les coûts qui seraient associés à un tel aménagement.

L’hôpital dit travailler depuis plus d’un an sur ce projet qui reçoit l’appui de tous les partenaires en santé, comme l’explique le directeur général du Centre de santé communautaire de Kapuskasing, Marc-André Gravel.

« Tous les partenaires en santé travaillent ensemble. Nous savons que la communauté bénéficierait d’une telle solution. On en a besoin, car actuellement nous avons une longue liste d’attente pour des lits en soins de longue durée. Il ne s’en libère en moyenne qu’un par mois. Les personnes qui en ont besoin ne reçoivent donc pas le support nécessaire », dit-il.

L’hôpital Sensenbrenner de Kapuskasing. Source : Facebook

Kapuskasing compte deux foyers de soins de longue durée, le foyer de soins Extendicare et le manoir North Centennial.

« Un des établissements a 59 lits disponibles et 33 personnes sur sa liste d’attente, le second foyer compte 78 lits et 94 personnes sur sa liste d’attente. Dans chacun, il se libère une place par mois, en moyenne », confirme Mme Dallaire.

« On s’entend qu’une personne peut se retrouver sur les deux listes en même temps, mais cela démontre aussi qu’il y a un réel besoin de lits de soins de longue durée dans le Nord, et notamment à Kapuskasing. Ça pourrait donc être une solution temporaire pendant quelques années en attendant de régler le problème à plus long terme. »   

Bourgouin demande au gouvernement d’agir vite

Le 15 octobre dernier, la ministre de la Santé Christine Elliott annonçait l’ajout de plus de 200 lits de soins transitoires supplémentaires à travers la province afin « d’atténuer les pressions sur les hôpitaux, de réduire les temps d’attente pour les patients, en donnant à ceux qui n’ont plus besoin d’être à l’hôpital, mais qui attendent pour recevoir des soins à domicile, en milieu communautaire ou de longue durée, le niveau de soins adéquat dans le bon établissement ».

Des nouveaux lits de soins transitoires prévus dans les régions de Toronto, Newmarket et Kingston, ainsi qu’à Sudbury, où l’hôpital Horizon Santé-Nord rénove le Centre de santé du lac Ramsey afin d’accueillir jusqu’à 52 nouveaux lits de soins transitoires.

« Encore une fois, on laisse tomber les francophones du Nord » – Guy Bourgouin, député néo-démocrate

Cette annonce a déçu le porte-parole aux Affaires francophones du Nouveau Parti démocratique (NPD), Guy Bourgouin, qui se serait attendu à y retrouver aussi le projet de Kapuskasing.

« Le gouvernement est au courant de ce projet et le problème dans la région n’est pas nouveau. Il faut faire de quoi ! », lance l’élu de Mushkegowuk—Baie James.

« Nous avons une population vieillissante dans le Nord. Nos francophones ont besoin de ces services-là. L’hôpital propose une solution avantageuse pour tout le monde, qui ne coûte pas grand-chose et qui peut permettre d’enlever la pression sur le système et de pouvoir travailler parallèlement pour régler le problème à long terme… Je m’attendais vraiment à ce que ça fasse partie de l’annonce de Mme Elliott. »

Invité à expliquer cette décision en début de semaine, le ministère de la Santé n’avait toujours pas répondu aux demandes d’ONFR+ au moment de publier cet article.

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