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Kelly Burke défend son indépendance comme commissaire aux services en français

Temps de lecture : 4 minutes

TORONTO – La nouvelle commissaire aux services en français, Kelly Burke, a passé 20 ans dans la fonction publique. Dorénavant, la Franco-Ontarienne de naissance a le mandat de surveiller ses anciens collègues. Elle sera indépendante et libre, jure celle qui devra s’imposer sous l’autorité de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, et gagner la confiance des Franco-Ontariens.

Après plus de deux décennies au sein de la fonction publique ontarienne, Kelly Burke ne cache pas avoir un bon réseau de contacts et avoir même tissé des liens d’amitié avec certains collègues. Mais à l’occasion de sa première présence médiatique depuis sa nomination, elle assure que cela ne l’empêchera pas de mener ses enquêtes sur des manquements aux droits des francophones auprès de ses anciens collègues.

« En tant que juriste, j’ai aussi joué un rôle semblable. À représenter le gouvernement et d’autres intervenants. Un avocat a toujours une objectivité et c’est ce que j’ai l’intention d’exercer face au gouvernement et ses politiques. Je veux mesurer l’impact des décisions sur notre communauté francophone », a-t-elle répondu.

Kelly Burke et l’ombudsman Paul Dubé. Crédit image : Étienne Fortin-Gauthier

Peut-être même devra-t-elle enquêter sur des failles de projets sur lesquels elle a travaillé et donné son aval, confirme-t-elle.

« L’impartialité que je vais devoir exercer va me permettre de voir les choses différemment, possiblement. Peut-être même de prendre des décisions qui ne seront pas les mêmes que celles que j’aurais prises comme fonctionnaire », dit-elle, candidement.

Tout au long de sa conférence de presse, elle a répété être une fière franco-ontarienne.

« Je veux vous dire que je fais partie de la communauté francophone ! », a-t-elle lancé, à un journaliste.

Les comparaisons avec François Boileau

Pendant le point de presse, l’ombudsman Paul Dubé a martelé que le mandat de la commissaire aux services en français serait identique à celui de François Boileau.

Mais Kelly Burke et Paul Dubé ont aussi répété que les méthodes d’enquête seraient différentes, que les prises de position publique seraient moins fréquentes et qu’une neutralité nouvelle, propre à l’ombudsman, allait guider les activités de la nouvelle commissaire.

« Dans une certaine mesure, on parle au nom d’une communauté, mais il faut respecter l’impartialité qui nous est accordée en tant que sous-ombudsman. M. Boileau a parlé souvent au nom de la communauté. La question  : est-ce que le nouveau poste le permettra autant ? », a-t-elle lancé, sans fournir de réponse.

Sur la question de son indépendance, elle ne nie pas qu’elle évoluera sous l’autorité de l’ombudsman.

« Étant donné la nouvelle structure, tout ce qui va se faire comme sous-ombudsman se fera avec en coopération avec l’ombudsman. Un bureau de la sorte ne pourrait pas fonctionner si ce lien là n’est pas établi », a-t-elle dit.

La nouvelle commissaire pourra-t-elle prendre autant les devants sur différents dossiers que son prédécesseur, François Boileau ? « On est là pour surveiller le fonctionnement de la branche administrative du gouvernement, surveiller s’il y a transparence, une responsabilisation de la bureaucratie, une équité procédurable dans la livraison des services », a répondu Paul Dubé.

Voyez la conférence de presse accordée par Kelly Burke et Paul Dubé

Crédit vidéo : site de l’ombudsman de l’Ontario capté de la télévision interne de Queen’s Park

Économies ou pas ?

La disparition du Commissariat indépendant aux services en français a été justifiée par un désir du gouvernement de Doug Ford de procéder à des économies. Une explication qui a été critiquée de toute part, car le nombre d’employés resterait inchangé, tout comme l’emplacement des bureaux.

Pourtant, Paul Dubé avance aujourd’hui que la disparition du Commissariat indépendant, ainsi que du bureau de l’Intervenant à la jeunesse aura permis d’économiser des millions de dollars.

« J’irai pas dans les détails du budget, mais je peux vous dire que le budget présenté par mon bureau est le premier budget global qui comprend l’ombudsman, les services en français et l’intervenant auprès des jeunes. Ce budget comporte une économie de 5,84 millions comparativement au total des trois bureaux indépendants, auparavant », a-t-il lancé aux médias.

Il explique que de partager des ressources administratives et de ressources humaines permettrait de telles économies.

Cependant, la nouvelle commissaire profitera d’une augmentation de salaire comparativement à l’ancien commissaire François Boileau. Comme sous-ministre adjointe, Kelly Burke, a obtenu un salaire de 227 625 $, en 2018. Paul Dubé affirme que Mme Burke a obtenu un salaire similaire à ce qu’elle avait au sein du gouvernement.

François Boileau, lui, avec un salaire moins élevé, soit de 207 676 $, en 2018.

KELLY BURKE EN QUATRE CITATIONS

Sur ses priorités : « Le premier sujet est l’intégration du bureau au sein de l’ombudsman. Dans un deuxième temps, la prestation des services en français et le rehaussement du profil de la communauté. Une autre grande priorité  : la pénurie de main d’œuvre francophone »

Sur la durée de son mandat  : « Pour toujours ! Il n’y a pas de date limite »

Sur l’opinion des Franco-Ontariens : « Il faut une vision qui va mener à des succès pour la communauté. Je suis là avec vous et j’espère bien gagner votre confiance, comme l’ancien commissaire l’a gagnée »

Sur le fait d’être commissaire au sein du bureau de l’ombudsman : « C’est une question d’impartialité. Un bureau d’ombudsman est un bureau très impartiel avec une objectivité qui doit être maintenue. Je vais respecter la culture et la dynamique »

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