Passer au contenu Passer au pied de page

Kyan Cuisine, une entreprise de restauration atypique

Temps de lecture : 6 minutes

[LA RENCONTRE D’ONFR+]

EMBRUN – Vainqueur du prix du commerce Ontario-Québec en francophonie de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA) et de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Kyan cuisine est une entreprise de restauration basée dans la région Prescott-Russel dans l’Est ontarien. Fondé en janvier 2019 par trois amis, Kyan Cuisine cherche à promouvoir une alimentation plus saine par le biais de plats à base de plantes. Vanessa Viau, l’une des fondatrices, nous immerge dans le parcours atypique de cette jeune entreprise.

« D’où vous vient cette passion pour la cuisine ?

J’ai toujours eu cet amour pour faire la cuisine. Pour moi, essayer de nouvelles recettes c’est quelque chose de divertissant. Mon père et ma grand-mère étaient tout le temps à la cuisine et je pense qu’indirectement ils m’ont transmis cette passion pour la nourriture. J’ai par ailleurs travaillé dans l’entreprise de traiteur de mon père. Quand je suis devenue végétalienne, c’était plus complexe de travailler avec lui dans un environnement où la viande est parfois prédominante. C’est ce qui m’a motivé à créer ma compagnie. Je voulais travailler dans un environnement qui ne me contraint pas à faire de la nourriture à base de viande quotidiennement. Mais aussi, fournir d’autres options de repas aux membres de la communauté.

L’entreprise a été fondée par trois amis. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Kyan Cuisine se compose de Samuel Doucet, Aude Martel et moi. Je connais Samuel depuis la troisième année élémentaire et nous étions amis depuis ce temps-là. Par la suite, j’ai fait la connaissance d’Aude lorsqu’elle s’est mise en couple avec Samuel. Nous avons donc progressivement tissé des liens d’amitié.

De gauche vers la droite, Nathalie et Chantale de Shantaly, Samuel Doucet, Aude Martel et Lexine Ménard de Lexine photographie, Gala PME. Gracieuseté

Qu’est-ce qui vous a motivé à collaborer avec eux ?

Avec le temps, Aude et moi avons fait le choix de ne plus manger de viande. En prenant cette décision, nous nous sommes rendu compte qu’il était très difficile de trouver des repas à base de plantes dans la région. Même si nous étions passionnées de cuisine, il n’était pas évident de faire des repas à domicile lorsque l’on travaille à temps plein. On a donc eu l’idée de démarrer une entreprise qui propose des repas santé, facile et sans viande pour les habitants de notre communauté.

Quel a été le processus de démarrage de votre entreprise ?

Kyan Cuisine a été mise en place à l’été 2018. Durant cet été, moi et Aude avons travaillé à la conception de nouvelles recettes et on récoltait l’avis de nos familles et de nos amis sur nos produits. En général, leurs avis étaient positifs et cela nous a donné le courage de passer de l’idéation à l’action. C’est pendant ces semaines de travail que nous avons eu l’idée de lancer notre premier site web pour commencer la vente de nos plats en ligne.

Quels sont les rôles et les responsabilités de chacun d’entre vous au sein de la compagnie ?

Pour l’instant, je suis la seule employée à temps plein au sein de l’entreprise. De la production passant par la livraison ou encore les tâches administratives, je m’occupe relativement de tout. Aude est principalement à temps partiel. Elle s’occupe de la livraison et de la production dans ces quarts d’heure de travail. De son côté, Samuel est assez en retrait dans le projet. Il nous apporte son soutien pour les livraisons, mais c’est Aude et moi qui nous assurons de travailler à la concrétisation de la mission de l’entreprise.

Vanessa Viau et Aude Martel, propriétaires de Kyan Cuisine. Gracieuseté

L’alimentation à base uniquement de plante ne fait pas toujours l’unanimité dans la population. Est-ce que votre communauté a été réfractaire à votre implémentation ?

L’implémentation au sein de la région s’est très bien passée. Nous n’avons pas de très grands compétiteurs dans la communauté. Cela est un grand atout, car nous sommes des pionniers dans ce domaine. De plus, beaucoup de personnes cherchent à diminuer leur consommation de viande. Cela cause une augmentation de la demande pour des repas à base de plante et par la même occasion de notre chiffre d’affaires. On peut donc dire que notre communauté a bien accueilli nos produits.

En tant que jeune entreprise, quel a été l’impact de la pandémie sur votre entreprise ?

La pandémie s’est présentée comme une grosse gifle pour nous. On a vu officiellement le jour en janvier 2019 par l’intermédiaire de notre site web. Le format que nous avions à l’époque était différent du format que nous proposions à l’instant. Nous nous sommes rendu compte que ce format nous prenait trop de temps et cela n’est pas assez profitable. Par la suite, nous nous sommes rendu compte que les bols Buddha étaient très populaires et qu’ils se vendaient mieux en épicerie. Nous avons donc décidé d’abandonner la vente en ligne pour nous focaliser sur la distribution des bols Buddha auprès de cinq épiceries locales.

Quand la COVID est arrivée en mars, toutes les épiceries nous ont lâchées parce que les consommateurs avaient changé leurs habitudes de consommation. Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés sans aucun client. On a dû prendre la décision de retourner en ligne. J’ai dû concevoir un nouveau site de toute urgence. Il était important pour nous d’avoir une présence en ligne et de tester de nouveau le marché. La demande cette fois était plus importante. Actuellement, nous avons opté pour un modèle hybride. Nous vendons nos produits en ligne et en épicerie. Les deux fonctionnent bien pour l’instant.

Obtenir le prix du commerce Ontario-Québec a-t-il eu un impact positif pour l’entreprise ?

Bien sûr ! Beaucoup de gens nous ont félicités et ils sont fiers de nouveau. Je suis d’Embrun et avoir décidé d’établir mon entreprise ici, c’est une grande joie de faire rayonner ma localité à travers ce prix. La communauté était très fière de moi et on est même passé dans le journal. Il est évident que cela nous a donné un coup de pouce. Nous avons fait plus d’entrevues et cela contribue à accroître la notoriété de l’entreprise.

Produits offerts à Kyan Cuisine. Gracieuseté

À l’avenir, comptez-vous prendre part à d’autres compétitions ?

Si l’occasion se présente, nous allons sûrement en faire d’autres. Pour l’instant, nous profitons de notre prix.

Quels sont vos projets sur le long terme ?

À long terme, nous voudrions obtenir une plus grande cuisine pour fournir nos produits à plus de magasins. Nous voudrions aussi desservir au complet l’Ontario et le Québec. Pour cela, on veut faire partie d’une chaîne de magasins ou d’une multinationale. Par ailleurs, nous continuons de poursuivre nos efforts pour offrir plus de livraisons en ligne (nous offrons ce service juste deux fois par semaine). Un de nos objectifs est aussi d’offrir plus de produits en ligne pour que le client soit en mesure de commander ses courses ou ses repas de la semaine sur notre plateforme.

Pour ceux qui voudraient avoir accès à vos services, comment peuvent-ils vous joindre ?

Nous n’avons pas de restaurant en tant que tel, donc tout se fait en ligne. La meilleure manière de passer une commande est de vous rendre sur notre site web. Vous pouvez aussi vous rendre dans un de nos magasins partenaires de la région d’Embrun et ils se feront un plaisir de vous fournir une de nos délices. »

Aude Martel et Samuel Doucet, Gala PME. Gracieuseté

LES DATES-CLÉS DE KYAN CUISINE :

2018 : Incorporation de l’entreprise

2019 : Première vente officielle via le premier site web en janvier

2019 : fermeture du premier site web en novembre et vente seulement en magasin d’épicerie

2020 : reconstruction d’un nouveau site web en mars-avril

2021 : Obtention du prix du commerce Ontario-Québec en francophonie

Chaque fin de semaine, ONFR+ rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !