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La Canadienne Catherine Cano doit quitter l’OIF

Temps de lecture : 2 minutes

PARIS – Celle qui voulait faire le ménage au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Catherine Cano, quitte l’institution dans des circonstances encore floues. Une fin abrupte pour la Canadienne, numéro 2 de l’OIF, résultat d’un conflit avec la Secrétaire générale, Louise Mushikiwabo.

« Considérant les désaccords persistants sur ses méthodes de travail, la secrétaire générale a décidé que cette démission prendrait effet immédiatement », peut-on lire dans une note interne envoyée aux employés de l’OIF, mercredi en journée, et relayée par plusieurs médias. La note indique que Louise Mushikiwabo a « accepté la démission » de Catherine Cano.

Une situation que confirme le bureau du ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, qui gère le dossier de la francophonie.

« Nous avons été informés de la démission de Catherine Cano de son poste d’Administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie », a indiqué sa porte-parole Ciara Trudeau, dans un échange de courriels avec ONFR+.

Catherine Cano était responsable de revoir complètement le mandat, les priorités et les dépenses de l’Organisation internationale de la francophonie. Un mandat névralgique qui s’est imposé suite aux nombreux scandales qui ont éclaboussé l’institution avant 2018.

Catherine Cano a hérité du poste d’administratrice de l’OIF dans la foulée de la fin de mandat controversée de l’ancienne Secrétaire générale, Michaëlle Jean. Le Canada a joué de stratégie en coulisses lors du Sommet de la francophonie de 2018. Le gouvernement Trudeau a soutenu la candidature de la Rwandaise, Louise Mushikiwabo, en échange que le Canada puisse obtenir le poste d’administrateur, selon plusieurs sources. Finalement, Catherine Cano a bel et bien obtenu ce poste, en avril 2019.

Les grandes ambitions de Catherine Cano

Catherine Cano obtenait ainsi la responsabilité des affaires quotidiennes de l’OIF, de la gestion des finances et le mandat de la refonte de l’institution.

ONFR+ s’était entretenu longuement avec Catherine Cano lors d’une rencontre dans ses bureaux à Paris, quelques mois après son entrée en poste. Sans vouloir critiquer les agissements de Michaëlle Jean et de son entourage, elle avait alors affirmé que ses qualités d’administratrice pouvaient expliquer sa nomination.

« Ils sont venus me chercher car je sais bien gérer. Ce n’est pas une bonne idée d’être opaque, car c’est l’argent du public », avait affirmé Mme Cano qui voulait réformer en profondeur l’OIF.

Catherine Cano avait notamment entrepris une transformation des programmes et un système pour s’assurer qu’ils atteignent réellement leurs objectifs. Elle voulait aussi réformer les grands Sommets de la francophonie trop souvent perçus comme élitistes et déconnectés des citoyens.

La décision de Catherine Cano survient alors que son agenda était fort chargé. Le 15 octobre dernier, elle participait à une conférence du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM). Elle devait prendre la parole lors du Sommet de la francophonie économique, à l’occasion de la 14ème édition du Toronto Global Forum, la semaine prochaine.

Confiance maintenue du gouvernement canadien

La porte-parole de M. Champagne refuse de se prononcer sur le fond de cette démission et sur la situation d’une organisation qui s’est souvent retrouvée sous le feu des projecteurs ces dernières années.

« Le Canada va poursuivre sa contribution de premier plan au sein de l’OIF et nous assurons la Secrétaire générale de notre collaboration durant cette période de transition. Nous remercions Catherine Cano pour sa contribution importante à la transformation de l’OIF. Sous le leadership de Louise Mushikiwabo et de Catherine Cano, l’OIF a entrepris des réformes importantes. Le Canada souhaite les poursuivre avec l’ensemble des pays membres », a-t-elle seulement précisé.

Cet article a été mis à jour à 19h38

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