Marc Rodrigue, directeur régional de la Caisse Alliance (à gauche) accompagné des employés du centre de services de Timmins pendant l'atelier de médiation du programme Culture d'entreprise. Photo : gracieuseté
Culture

La FCCF lance une initiative de médiation culturelle à Timmins

Marc Rodrigue, directeur régional de la Caisse Alliance (à gauche) accompagné des employés du centre de services de Timmins pendant l'atelier de médiation du programme Culture d'entreprise. Photo : gracieuseté

TIMMINS – Dans le cadre de son projet Culture d’entreprise, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) lance une initiative de médiation culturelle pour soutenir les nouveaux arrivants francophones à Timmins. Ce programme, né d’un partenariat avec Culture pour tous et le Conseil des ministres sur la francophonie canadienne (CMFC), va déployer des ateliers et outils pour le centre de services de Timmins de la Caisse Alliance.

Le 26 juin dernier, la FCCF a annoncé son initiative de médiation culturelle destinée aux personnes issues de l’immigration francophone dans la ville de Timmins. C’est d’ailleurs son centre de services de la Caisse Alliance qui bénéficiera du programme Culture d’entreprise dont l’objectif est de favoriser l’intégration des nouveaux arrivants francophones dans leurs milieux de travail.

La FCCF avait d’abord sollicité le Collège Boréal pour une collaboration. Mélanie Dufresne, la directrice générale du campus de Timmins, a cependant recommandé la Caisse Alliance, une coopérative de services financiers dans le nord qui régit 26 centres de services. C’est celui de Timmins qui a manifesté son intérêt pour le projet, explique son directeur régional, Marc Rodrigue.

« On sait que le centre de service de Timmins a à cœur le bien-être de ses employés. Quand ils ont pris connaissance du projet Culture d’entreprise, ils ont voulu en faire partie », dit Nancy Juneau, la présidente du FCCF.

« Lors de notre rencontre générale, on a réfléchi à ce qu’on pouvait faire afin d’amplifier ou de mettre en avant la culture des nouveaux arrivants. Le timing était incroyable pour parler d’un projet comme ça », soutient Marc Rodrigue, directeur régional de Caisse Alliance.

Culture d’entreprise, un projet pancanadien à multiples volets

Avec l’aide d’un investissement de 500 000 $ du Conseil des ministres sur la francophonie, le projet se déploiera dans 16 milieux de travail à travers 12 provinces. Le centre de services de Timmins est d’ailleurs le troisième établissement à bénéficier de cette médiation, suivant les traces de la coopérative IGA de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, et de la boulangerie St-Pierre au Manitoba.

« Ce qu’on souhaitait, c’est que le modèle soit reproductible dans plusieurs milieux de travail. Ça fait partie du projet : créer des ressources qui pourront être partagées par la suite dans des milieux de travail qui voudraient développer des projets de médiation culturelle pour leurs employés », explique Mme Juneau.

En plein dans sa première année, Culture d’entreprise est né d’une conférence des ministres de la francophonie à Halifax en août 2024, raconte la présidente de l’établissement : « On y avait présenté des résultats de notre étude sur l’impact économique des arts et de la culture dans la francophonie canadienne. Il y avait également eu une présentation de Culture pour tous, qui est un organisme sans but lucratif du Québec, spécialisé dans la médiation culturelle ».

Après ces deux présentations, le Conseil des ministres sur la francophonie avait démontré un intérêt pour un éventuel projet de médiation culturelle à double objectif. Le premier étant de favoriser l’économie des régions francophone, le deuxième, d’améliorer la rétention de nouveaux arrivants francophones en milieu de travail.

« La FCCF a élaboré un projet qu’elle a soumis au Conseil des ministres, et que celui-ci a décidé de financer pour une période de trois ans, de 2025 à 2028. Et on s’est associé avec Culture pour tous, qui maîtrise l’aspect de médiation culturelle du projet ».

À son lancement, le projet a également reçu 250 000 $ de Patrimoine canadien, un soutien financier qui permettra à la FCCF de documenter les résultats et impacts du projet.

Pour leur premier atelier de médiation culturelle, les employés du centre de services de Caisse Alliance ont participé à des entrevues filmées le 28 juin dernier à Timmins. Photo : gracieuseté

Soutenir et retenir les nouveaux arrivants dans le Nord-Est

Pour le directeur du centre de services de Timmins, ce projet cherche surtout à encourager la rétention de nouveaux arrivants dans le Nord-Est de la province. Il mentionne, notamment, les défis culturels que peuvent rencontrer les employés du centre, majoritairement issus de l’Afrique de l’Ouest et du Nord. Entre isolement et défis d’adaptation à un nouvel environnement, il est commun que les nouveaux arrivants ne restent pas. Le centre de services de Timmins s’engage donc à ouvrir le dialogue. « On essaie de mieux les comprendre et d’être mieux outillé pour qu’il y ait une bonne intégration à la Caisse ».

Comme premier projet de médiation, le centre de services de Timmins a organisé un tournage vidéo le 28 juin. Animé par l’artiste et caméraman Steff Paquette, le projet met en vedette les employés du centre sous forme d’entrevues. La vidéo sera diffusée en octobre durant l’assemblée générale de la Caisse Alliance, une opportunité pour le programme Culture d’Entreprise d’attirer d’autres centres de services de la région, espère la présidente de la FCCF.

« Les entrevues ont porté sur l’expérience d’immigration et d’intégration. Ça ressemble à quoi? Quel est le rapport à la diversité culturelle? Comment vit-on le fait d’être membre d’une communauté culturellement très diverse? Qu’est-ce que la francophonie timminoise? », rapporte Mme Juneau.

Pour M. Rodrigue, ce projet vidéo vient s’assurer que le centre de services de Timmins ainsi que la Caisse Alliance soient non seulement des lieux de travail inclusifs, mais des espaces d’intégration communautaire. « On se doit de faire le travail nécessaire pour que le Nord de l’Ontario soit une région où les gens y voient un futur à long terme et viennent travailler dans nos institutions francophones ».