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Les Français de Toronto éparpillés… sauf pour le soccer

TORONTO – La qualification mardi de la France en huitièmes de finale de la Coupe du monde de soccer, au détriment de la Suède, a ravi les partisans tricolores en Ontario qui s’étaient donné rendez-vous dans le centre-ville.

Mardi, 17h45, centre-ville torontois. « Qu’est-ce qui se passe? On peut entrer? » interroge, interloqué, un habitué des lieux, vêtu du chandail des Blue Jays, dans la file d’entrée du pub The Pint Public House, sur la rue Front Ouest.

« Ce sont les Français. Ils occupent tout l’étage » , répond, affable, une serveuse du bar que surplombe l’imposante enceinte circulaire du Centre Rogers, dans ce quartier général bien connu des amateurs de sports à Toronto.

Ce soir, ni baseball ni basket ni hockey. Le ballon rond bouscule les traditions nord-américaines. Coupe du Monde oblige.

Le client quitte les lieux, bredouille, quand soudain des cris retentissent au fond de la brasserie. La France vient d’inscrire un premier but contre la Suède, après une succession de tentatives vaines au cours de la première période de jeu. En haut des escaliers ornés de drapeau bleu-blanc-rouge, une ola démarre aussitôt pour tourner en boucle autour du bar du premier niveau.

Un partisan porte un maillot floqué au nom de Zizou, le surnom de Zinedine Zidane, vainqueur embématique du Mondial de 1998. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

On s’accroche aux symboles dans le pub The Pint Public House. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Les matchs de la France sont prétexte à se rassembler. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Les 45 premières minutes de jeu sans but ont donné lieu à des sueurs froides. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Suspense, frayeurs et joie sur les visages. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Un but, puis deux, puis trois. Libération. L’aventure en bleu peut continuer. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Olivier Debregeas, cheville ouvrière des rassemblements tricolores. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Serge Paul, ancien président de l’ACFO Toronto, savoure le score. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Durant 90 minutes, les participants français de Toronto ont ainsi hurlé, chanté souvent, prié parfois. Buteurs du jour, Kylian Mbappé, auteur d’un doublé, et son compère Bradley Barcola les ont-ils entendus depuis la pelouse du Stade de New York, à 700 kilomètres de là?

Et un, et deux, et trois-zéro! Comme en finale du Mondiale de 1998 face au Brésil, les Bleus ont récidivé avec un score au parfum de nostalgie. Comme la célèbre statue qui veille sur l’entrée du port de la mégapole new yorkaise, le clan franco-torontois semblait « libéré » à l’issue de ce choc européen.

« On aurait pu en mettre un ou deux buts de plus, réagit, gourmand, Corentin Divais. Ce Franco-Torontois qui ne rate pas un match de son équipe aurait aimé voir l’ailier international du Bayern Munich Michael Olise évoluer plus à gauche et le Ballon d’or parisien Ousmane Dembélé en numéro 10, mais il n’a pas boudé pas la composition concoctée par le sélectionneur Didier Deschamps et rafraichie en fin de match par l’entrée de Désiré Doué.

Corentin Divais ne rate pas un match de son équipe. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Il est vrai que l’équipe de France est passée très près d’ouvrir le score à moult reprises sans trouver la faille scandinave au cours 45 premières minutes. Pas de quoi affoler sa voisine de table, Manon Guillet qui a fait le trajet depuis Hamilton. « La première période était un peu stressante, avoue cette fervente supporter des doubles champions du monde, mais au fur et à mesure que le jeu s’est installé, j’ai eu la sensation que ça allait dans le bon sens ».

Autour d’elle, les drapeaux continuent d’être agités, comme pour prolonger le plaisir. Les visages maquillés aux couleurs de l’Hexagone se décrispent aussi, scrutant sur de multiples écrans les plus belles occasions au ralenti.

« Les Suédois n’étaient pas faciles à jouer », convient Jade Pineau, soulagée de voir les Bleus triompher là où d’autres favoris comme l’Allemagne ont connu une fin brutale. Et de poursuivre : « Je suis contente pour Kylian Mbappé parce qu’il a énormément été critiqué en club, mais il répond présent en équipe nationale. »

Jade Pineau soulagée par un score sans appel. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Étienne Marty, pour sa part, salue « un très bon match du début à la fin », tout en affichant une certaine sérénité pour la suite de la compétition. « Je suis très optimiste, car on a de bons joueurs du terrain jusqu’au banc. On peut aller jusqu’au bout », est persuadé celui qui pratique le soccer depuis 2006.

Il faudra samedi prochain en passer par les huitièmes de finale, contre le Paraguay, surprenant tombeur de l’Allemagne. Olivier Debregeas, organisateur des rassemblements tricolores, donne rendez-vous au bistrot français Ricarda’s pour suivre cette rencontre et, une fois encore, montrer que les francophones sont certes éparpillés dans la Ville Reine, mais, quand vient le soccer, tous convergent vers la même passion.

« C’est un sport populaire qui rassemble à Toronto quel que soit le pays francophone, clame-t-il. Hier, j’étais avec les Marocains pour célébrer leur victoire sur les Pays-Bas : le maillot est différent mais la culture du ballon est la même. On crée tellement d’amitiés grâce au sport, grâce à la langue, c’est incroyable ce qui se passe. »

Étienne Marty impatient de voir France-Paraguay en huitièmes de finale. Photo Rudy Chabannes/ONFR

Devant le succès d’un premier match amical entre suppoters français et sénégalais à la veille du Mondial, l’organisateur a élargi la formule ce mercredi, en lançant une mini Coupe du monde des nations francophones opposant la France, le Maroc et le Canada. Un événement appuyé par la Fédération tricolore de Toronto, Canoraa et le Toronto PSG Fan Club.