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La Nouvelle Scène en mode solution

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Confrontée à une importante dette, La Nouvelle Scène travaille sur un plan d’affaires et étudie ses options avec l’objectif de redresser sa situation financière mise à mal par ses travaux de rénovation de 2014.

« Je suis confiante pour les dix prochaines années, il n’y a pas de péril immédiat. Mais c’est sûr qu’à long terme, si on ne trouve pas une solution, il pourrait y avoir une menace », explique la directrice générale de La Nouvelle Scène, Chantal Nadeau.

Huit mois après avoir vu la promesse libérale d’éponger sa dette s’envoler en fumée par une décision du gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford, le centre francophone ottavien de production et de diffusion des quatre compagnies de théâtre fondatrices et résidentes – Le Théâtre du Trillium, la Vieille 17, Vox Théâtre et la Catapulte – continue de chercher des solutions.

« Nous sommes toujours en discussion avec le ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport, qui nous a dirigés vers quelques programmes de financement, mais ça risque de ne pas être suffisant, et ce sont des subventions pour des projets, pas pour de l’infrastructure », explique la Mme Nadeau.

Les travaux de reconstruction et d’agrandissement de l’édifice de 23 000 pieds carrés qui comprend un centre multifonctionnel et deux salles de 180 et 80 places, en 2014-2015, valent à La Nouvelle Scène une dette de 2,9 millions de dollars.

« Nous avons eu des mauvaises surprises pendant les travaux et ça a coûté beaucoup plus cher que prévu », rappelle la directrice générale.

« Promesse irresponsable »

À l’annonce de l’annulation de la promesse de campagne du gouvernement Wynne, en mai 2018, le gouvernement ontarien, par la voix de son ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport de l’époque, Michael A. Tibollo, avait assuré être prêt à travailler avec l’administration de La Nouvelle Scène pour trouver une solution, expliquant le choix de ne pas octroyer les 2,9 millions promis par les libéraux par une volonté de « responsabilité fiscale ».

Depuis, M. Tibollo a été remplacé par l’élue de Nepean, Lisa MacLeod. Joint par ONFR+, son directeur des communications, Derek Rowland maintient le même discours.

« Le précédent gouvernement libéral a annoncé la somme de 2,9 millions de dollars juste avant les élections, sans avoir ni proposition de projet ni plan de mise en œuvre. C’est une autre promesse que les libéraux n’avaient pas l’intention de respecter (…). De notre côté, nous continuons d’appuyer la programmation francophone de La Nouvelle Scène à travers les programmes de subventions existants. »

Mais pour éponger une dette aussi importante, il n’y a pas tant de solutions, concède Mme Nadeau. Et pour espérer convaincre les différents paliers de gouvernement, son équipe finalise actuellement un plan d’affaires dont on devrait connaître les détails très prochainement.

« Ça nous a permis de voir que l’opérationnel marche très bien. Mais ce qui est difficile, c’est qu’à long terme, la dette s’alourdit avec les intérêts. On doit donc rentabiliser nos espaces et produire plus de spectacles, tout en développant des partenariats », explique-t-elle.

L’aide des gouvernements municipal et fédéral est également visée, tout comme un nouveau volet à la campagne de financement. Mais tout découlera du plan d’affaires, ajoute Mme Nadeau, qui promet sa présentation dans le prochain mois.

Tout un secteur menacé

Le coordonnateur de l’Alliance culturelle de l’Ontario (ACO), Denis Bertrand, confie à ONFR+ ne pas avoir plus d’inquiétude pour La Nouvelle Scène que pour l’ensemble du secteur culturel en Ontario français.

« La réalité de La Nouvelle Scène, c’est la même réalité que tout le monde dans le secteur. On a un gouvernement qui a décidé de couper dans les arts et la culture et qui actuellement est en train d’étudier ses programmes de financement, tout en parlant de l’importance économique de ce secteur. C’est troublant ! »

Et pourtant, selon Mme Nadeau, la fréquentation de La Nouvelle Scène continue d’afficher de bons résultats, supérieurs même à avant les travaux. La directrice générale l’assure, le public peut être confiant que la dette actuelle n’aura pas d’impact sur la programmation.

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