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La Passerelle : l’Ontario lance un examen des dépenses

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Le gouvernement Ford a pris la décision de lancer un examen en profondeur de la manière dont les fonds publics ont été utilisés par La Passerelle I.D.É., éclaboussée par un scandale aux multiples ramifications. De son côté, le gouvernement fédéral se dit très préoccupé.

Après avoir fait connaître « ses préoccupations » aux dirigeants de La Passerelle, suite aux premières révélations du Toronto Star la semaine passée, le gouvernement Ford a décidé d’agir. Un examen sera mené « afin de se pencher sur la manière dont les fonds provinciaux sont utilisés par l’organisation », a confirmé le porte-parole de la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney, Jesse Robichaud.

« Agissant selon notre mandat visant à mettre un terme à 15 ans de gaspillage, d’abus et d’irrespect dans l’utilisation de l’argent des contribuables par le gouvernement libéral précédent, notre gouvernement entame un contrôle de La Passerelle-I.D.É. », précise-t-il. « Les rapports de nouvelles récents concernant La Passerelle-I.D.É. sont troublants pour nous, en tant que gouvernement élu pour rétablir le respect des contribuables. »

Le ministère de la Formation et des Collèges et Universités, qui finance en partie l’organisation franco-torontoise, a pris la décision de mener un processus d’examen qui pourrait inclure « des visites sur place pour déterminer si les lignes directrices adéquates, ainsi que l’audit et les responsabilités connexes en matière de comptabilité ont été respectés ».

Le gouvernement évoque aussi un examen des données et des discussions détaillées « sur des domaines incluant la prestation des services, la gestion financière et les mesures de rendement ».

Un scandale qui n’en finit plus de finir

Le 1er avril, le Toronto Star publiait le premier volet de son enquête sur La Passerelle I.D.É. et sa directrice, Léonie Tchatat. Il était alors allégué que l’organisme francophone avait utilisé des billets de faveur offerts gratuitement par un organisme de charité pour le bon plaisir de ses dirigeants, d’employés et de clients, ce qui ne répondait pas aux critères énoncés.

Le quotidien en a rajouté, le 7 avril, en affirmant que La Passerelle avait mal utilisé des fonds publics fédéraux pour le programme
« Sans visage » devant permettre d’aider des travailleuses du sexe à s’extirper de ce milieu. Plutôt que de soutenir des femmes en difficulté, des rencontres légères rassemblant des femmes professionnelles se seraient déroulées, rapportait le Star.

Depuis une entrevue avec ONFR+, au lendemain de l’éclatement du scandale, Léonie Tchatat a conservé le silence, refusant de répondre aux questions et toute demande d’entrevue.

Son organisme s’est toutefois exprimé, ce lundi, par voie de communiqué, pour dénoncer l’article du quotidien torontois.

« L’article du Star offre sciemment une fausse représentation du but et du contenu de « Sans visage ». (…) Cette fausse allégation de la part du Star stigmatise davantage des femmes francophones racialisées se trouvant dans une position de vulnérabilité. Le Star allègue faussement aussi que le financement du programme « Sans visage » aurait été mal utilisé. »

L’organisme assure que les fonds liés au programme « sont dépensés « en conformité avec le budget soumis au gouvernement », que des rapports sont soumis au gouvernement tous les trois mois et que les dépenses liées au projet sont, elles aussi, déclarées.

La Passerelle-I.D.É. ajoute consulter actuellement ses conseillers juridiques à propos des prochaines démarches à entreprendre dans le cadre de cette affaire.

Le fédéral inquiet

L’Ontario n’est pas le seul bailleur de fonds à s’inquiéter de la situation. Au niveau fédéral, la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly a fait part de ses préoccupations, ce mardi.

« Il va de soi qu’on va nous aussi étudier la question, car nous sommes préoccupés. On doit s’assurer encore et toujours que les fonds qui proviennent des contribuables sont bien dépensés », a-t-elle commenté à ONFR+, expliquant que son équipe au ministère travaille actuellement sur la question.

Dans un échange de courriels, son équipe précise : « La Passerelle IDÉ reçoit un financement de Patrimoine canadien pour des activités de programmation de base et divers projets. Toutefois, nous sommes très préoccupés par les récentes allégations faites par le Toronto Star et nous allons suivre la situation de près. Nous nous attendons à ce qu’une organisation qui reçoit du financement public l’utilise avec la plus grande rigueur et transparence. »

Le bureau de Mme Joly souligne toutefois qu’à ce jour, « l’organisation a respecté toutes les conditions de financement, notamment en nous soumettant des rapports réguliers sur les activités financées et en fournissant des détails sur les résultats du projet ».

Article écrit en collaboration avec Benjamin Vachet

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