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La politique canadienne vue par des jeunes francophones

Temps de lecture : 4 minutes

[TÉMOIGNAGES]

OTTAWA – Réunis jusqu’à samedi pour participer à la 10e édition du Parlement jeunesse pancanadien (PJP), plus de 120 jeunes francophones de partout au pays se glissent dans la peau de celles et ceux qui font l’actualité politique canadienne au quotidien. ONFR+ a rencontré trois d’entre eux.

Marianne Arseneau, Fredericton (Nouveau-Brunswick)

À 20 ans, Marianne Arseneau n’en est pas à sa première expérience au Parlement jeunesse pancanadien.

« Ça combine beaucoup de choses que j’aime : la politique, l’implication communautaire, le théâtre, l’impro… Ça me donne la chance de rencontrer des gens qui sont aussi nerds que moi. C’est le fun ! », dit cette Acadienne qui vit aujourd’hui dans la région où elle étudie à l’Université d’Ottawa.

L’Acadienne Marianne Arseneau. Crédit image : Benjamin Vachet

Cette année, elle occupe le rôle de ministre du Patrimoine canadien.

« Je vais défendre mon projet de loi sur la revalorisation et la revitalisation de l’art canadien. Il s’agit de différentes mesures pour promouvoir et favoriser l’art canadien auprès de la population, notamment dans les écoles », explique celle qui étudie en troisième année en théâtre, avec une mineure en histoire.

Être une bonne politicienne demande des qualités très précises, estime-t-elle.

« Une bonne ministre croit en son projet, mais est ouverte aux suggestions. J’aime aussi voir des politiciens qui sont capables de rester fidèles à leurs idées, même si ça va à l’encontre de leur parti ou des opinions de beaucoup de gens. »

Elle cite le cas d’Amanda Simard qui a quitté le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario en réaction aux compressions contre les Franco-Ontariens.

La politique a toujours fait partie de la vie familiale de Marianne Arseneau.

« En ce moment, la question de l’environnement m’intéresse particulièrement. Ce n’est pas le sujet sur lequel je suis la mieux informée, mais j’apprends de plus en plus de choses là-dessus. »

Dans la réalité canadienne, elle juge qu’il faudrait en faire plus, notamment en investissant dans les transports en commun.

« J’aime le travail du Parti vert du Nouveau-Brunswick. Leurs actions vont avec leurs paroles. Ils n’ont pas peur de présenter des idées inattendues. »

En matière de francophonie, son souhait le plus cher est d’augmenter la collaboration avec la communauté anglophone.

« On doit présenter et inclure la culture francophone dans les écoles d’immersion ! »

Karelle Sikapi, Ajax (Ontario)

Karelle Sikapi n’est pas une inconnue de la communauté franco-ontarienne. Présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), elle participe, à 17 ans, à son premier Parlement jeunesse pancanadien.

« J’adore ce genre d’événements politiques qui nous permet de simuler être un politicien ! C’est une très bonne expérience pour rencontrer d’autres jeunes qui sont intéressés par la politique. »

Déjà bien dans son rôle de députée de tiers parti, elle dit avoir « hâte d’en incarner les valeurs », même si elle ne sera donc ni dans le parti majoritaire, ni dans l’opposition officielle. La politique a toujours été une passion pour elle.

« Ça régit nos vies et comme citoyen, ça nous permet de participer activement au façonnement de notre pays », explique Karelle Sikapi. « En tant que jeune et personne de minorité raciale, ces deux enjeux-là m’ont toujours intéressée. »

Karelle Sikapi, présidente de la FESFO. Crédit image : Benjamin Vachet

Elle apprécie les avancées qui sont faites dans le domaine, même si elle suggère encore des améliorations, notamment pour l’avenir de la jeunesse franco-ontarienne via la provincialisation de l’Université de l’Ontario français.

« C’est un espace francophone dont on a grand besoin », juge-t-elle.

Intéressée à se lancer un jour en politique, elle imagine le genre de députée qu’elle voudrait être.

« Un député de mes rêves vient rencontrer le monde et comprend ses enjeux. Récemment, j’ai rencontré Mark Holland [député fédéral d’Ajax] avec d’autres jeunes. On a pu lui poser des questions, lui parler… C’était vraiment intéressant de voir que mes enjeux sont aussi des enjeux qui le préoccupent. »

Elle porte toutefois un regard critique sur certains aspects de la politique.

« J’aime moins l’aspect théâtral et quand certains essayent de ne pas répondre aux questions. J’aimerais que tout soit clair, même si je sais que ce n’est pas toujours possible. »

Morgan Kop-Gillet, Halifax (Nouvelle-Écosse)

Apporter la contradiction, poser des questions qui dérangent, ce sera le rôle de Morgan Kop-Gillet pour son deuxième Parlement jeunesse pancanadien. Elle fait partie de l’équipe des journalistes parlementaires.

« C’est un aspect que j’aime bien, écrire à propos de ce qui se passe, être derrière l’action, exprimer ma propre opinion. Quand on est journaliste, on est dans le bain sans l’être, on a une vue d’au-dessus », explique-t-elle, précisant toutefois qu’il ne s’agit pas d’un emploi qu’elle aimerait occuper plus tard.

À 21 ans, cette Néo-Écossaise apprécie particulièrement cette expérience qui lui permet de baigner dans un environnement francophone.

« J’ai vécu en France presque toute ma vie. Depuis six ans, nous sommes de retour au Canada et je vis dans une partie qui est presque exclusivement anglophone. J’aime préserver mon français, être avec d’autres jeunes qui viennent de partout et qui parlent français, car c’est quelque chose auquel j’ai malheureusement peu accès là où je vis. Je trouve ça dommage que plus de gens ne parlent pas le français et l’anglais, alors que le Canada est un pays bilingue. »

LA Néo-Écossaise Morgan Kop-Gillet. Crédit image : Benjamin Vachet

Députée au PJP il y a quatre ans, cette amatrice de débat se verrait bien devenir politicienne un jour.

« En tant que jeune femme ayant vécu en France où j’ai vu un côté complètement différent du monde, je pense que je pourrais ajouter quelque chose de vraiment bien au niveau politique », estime Morgan Kop-Gillet, qui milite pour que les élus soient plus ouverts d’esprit et moins partisans.

Pour elle, la priorité demeure la situation avec les autochtones.

« C’est une des plus grandes parties de notre histoire. On ne peut pas l’oublier. Il y a encore beaucoup de travail à faire, même si on doit accepter que ça prenne du temps. »

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