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La vente d’Hydro One coûtera cher, affirme le BRF

TORONTO – La privatisation partielle d’Hydro One pourrait entraîner une augmentation du déficit de la province d’environ 1,1 milliard de dollars l’an prochain et coûter aux contribuables ontariens jusqu’à 264 millions de dollars par année jusqu’en 2025.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Selon le Bureau de la responsabilité financière (BRF) de l’Ontario, la vente partielle d’Hydro One augmentera la dette nette de la province à partir de 2028-2029 puisque la province ne peut plus compter sur les dividendes que rapportait la société de la couronne.

«Cette perte ne sera compensée qu’en partie par les économies sur la charge d’intérêt de la province et les paiements qu’elle recevra d’Hydro One au titre de l’impôt des sociétés», indique le BRF dans son rapport.

Tout cela aura comme effet d’augmenter le déficit de 1,1 milliard de dollars dès 2018-2019. Le déficit grimpera par la suite de 264 millions de dollars annuellement.

 

L’incidence estimative de la vente partielle d’Hydro One sur l’excédent (le déficit) de la province, de 2015-2016 à 2024-25 (en millions de dollars). Crédit image: Gracieuseté.

 

Par ailleurs, le BRF rappelle que l’acquisition d’Avista, une compagnie américaine en juillet 2017, aura également des conséquences pour les Ontariens. Selon David Wake, directeur de la responsabilité financière intérimaire de l’Ontario, l’acquisition d’Avista aura comme impact d’accélérer la perte de contrôle de la société de la couronne et selon ses estimations, les contribuables ontariens ne posséderont plus que 42 % d’actions dans la compagnie après la transaction.

Dans l’ensemble, le BRF estime que l’acquisition d’Avista par Hydro One aura aussi comme effet d’augmenter le déficit annuel de la province de 5 millions de dollars pour l’exercice 2019-2020.

David Wake note que ces pertes financières s’inscrivent après les profits enregistrés par la province, estimé à 3,8 milliards de dollars entre 2015 et 2018.

David Wake, le directeur par intérim du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario (BRF) , et David West, l’économiste en chef du BRF. Crédit image:Archives #ONfr

 

Une guerre de chiffre

Glenn Thibeault, ministre de l’Énergie de l’Ontario, ne s’est pas formalisé de l’analyse du BRF. Selon lui, le gouvernement a enregistré des recettes de 9 milliards de dollars avec la privatisation l’an dernier.


«Notre but, comme nous l’avons toujours dit, est d’en offrir le plus possible aux Ontariens et d’investir des milliards de dollars dans les infrastructures.» – Glenn Thibeault


M. Thibeault a insisté sur le fait que l’Ontario conserve plus de 40 % de parts dans l’entreprise et que selon les règles établies lors de la privatisation, aucune entité ne pouvait contrôler plus de 10 % d’actions.

Le ministre de l’Énergie, Glenn Thibeault. Crédit image: Jean-François Morissette

 

Des problèmes pour les familles

Todd Smith, critique du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario, estime que la vente d’Hydro One a eu des conséquences sur le coût de la vie en Ontario.


«Aujourd’hui, nous avons la preuve que la vente d’Hydro One était une solution à court terme pour les libéraux de Kathleen Wynne et causera des problèmes dans quelques années.» – Todd Smith


Le député du Parti PC rappelle que les coûts de l’électricité ont augmenté en flèche après la vente de la société de la couronne.

La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Andrea Horwath, déplore que les contribuables ontariens paient la note de la décision politique de vendre Hydro One.  Mme Horwath rappelle que le NPD est le seul des trois partis qui souhaite reprendre le contrôle de la compagnie s’il est porté au pouvoir.

Du côté du Parti vert (PV) de l’Ontario, le chef de la formation politique, Mike Schreiner, estime qu’il y avait de meilleures solutions pour financer les infrastructures que de «dilapider» un bien public.

 

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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.