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L’AEFO justifie l’annulation de la journée de grève de jeudi

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Répondant à la frustration de certains membres après l’annulation de la journée de débrayage de jeudi, le président de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin, défend cette décision pour des raisons de sécurité et annonce que, sauf entente, une autre journée d’action aura lieu la semaine prochaine.

« Ça a été une décision très difficile à prendre, mais nous avons regardé la situation pour toute la province et je l’assume. Ce n’est pas une décision du Sud, mais globale. Nous avons toujours défendu la santé et la sécurité de nos membres, on doit être cohérent. Avec les importantes chutes de neige prévues dans plusieurs régions de l’Ontario et le peu d’espace de piquetage, ça aurait été trop dangereux », explique M. Sabourin à ONFR+.

Hier, la décision d’annuler cette troisième grève générale et ses 86 piquets de grève à travers la province ne faisait pas l’unanimité. Au point où M. Sabourin a dû se fendre d’une explication sur la page Facebook de sa présidence, notamment pour expliquer la différence entre la situation de demain et celle du 13 février, journée qui a été dure pour les membres de l’AEFO dans le Nord de la province compte tenu du grand froid et malgré les consignes et mesures mises en place, reconnaît M. Sabourin.

Archives ONFR+

« Je comprends que certains se questionnent sur la motivation de l’annulation et ne voient pas les prévisions météorologiques comme une raison justifiable d’annuler un débrayage, étant donné que dans vos régions, par exemple, il peut y avoir des froids extrêmes sans que le piquetage soit compromis. Ce n’est pas juste une question de froid, c’est une question d’accumulation de neige et de glace qui mine la sécurité sur les lignes de piquetage, comme l’espace restreint pour circuler durant la journée en raison des accumulations de neige, des trottoirs glacés qui ne sont pas déneigés ou des véhicules d’entretien qui essaient de déblayer les trottoirs lorsqu’il y a un groupe de personnes », écrit M. Sabourin rappelant qu’en cas de blessure sur les lignes de piquetage, l’AEFO serait responsable.

Rester unis

Le président du syndicat assure toutefois apprécier les commentaires reçus et les voit même comme un bon signe.

« J’apprécie toujours les commentaires, même si je préfère que les gens nous contactent directement plutôt que sur les médias sociaux ou en public. Mais je suis heureux de voir ces réactions, car cela prouve que les gens veulent se mobiliser, qu’ils sont solidaires et prêts à se faire entendre contre les coupures inacceptables du gouvernement », commente-t-il aujourd’hui.

Quant au risque de voir le mouvement se fissurer, le président de l’AEFO se montre confiant.

« C’est une possibilité, mais par rapport aux réactions qui ont suivi mon message, les gens comprenaient mieux notre décision et l’appuyaient très majoritairement. C’est une décision qui a été prise en consultation avec des dirigeantes locales et des dirigeants locaux. »

Prochaine grève à prévoir

L’AEFO doit poursuivre ses négociations en vue du renouvellement de sa convention collective, échue depuis le 31 août, ce vendredi 28 février. Le syndicat prévoit de faire une mise à jour à la suite de la rencontre.

« Sur nos deux derniers jours de négociations, nous avons eu une piètre journée, puis une journée avec quelques échanges positifs. On espère encore une entente, mais ce n’est pas la volonté du gouvernement qui est plus ouvert à une privatisation du système d’éducation qu’au bien-être des élèves. Il ne veut rien savoir ! Et la frustration de nos membres est bien moins contre l’annulation de la journée de débrayage que contre l’attitude du gouvernement. Je l’ai vu lors de notre congrès, la fin de semaine dernière. »

Rémi Sabourin (à gauche avec l’écharpe) avec les représentants des autres syndicats, le 21 février dernier. Archives ONFR+

Si les négociations n’avancent pas davantage lors de cette 27e journée de négociation, le président de l’AEFO se tient prêt pour une autre journée d’action.

« Nous avons une recommandation pour une journée de grève par semaine. On devrait donc annoncer la prochaine rapidement, au moins cinq jours à l’avance, à moins que les négociations n’avancent bien. Mais que les choses soient claires, en aucun cas, on ne baissera les bras face au gouvernement. »

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