Laura Miller, directrice des politiques publiques et des communications d’Uber Canada (au micro) lors du déploiement du service de transport à Sudbury. Photo : Aïssatou Odia Barry / ONFR
Société

Lancement d’Uber à Sudbury : un nouveau chapitre pour les transports dans le Nord

Laura Miller, directrice des politiques publiques et des communications d’Uber Canada (au micro) lors du déploiement du service de transport à Sudbury. Photo : Aïssatou Odia Barry / ONFR

SUDBURY – Uber débarque officiellement ce lundi à Sudbury et dans 78 autres municipalités du nord de la province. Alors que la région bénéficiait déjà de quelques compagnies de taxi et d’applications mobiles canadiennes comme Uride, l’arrivée du géant mondial du covoiturage pourrait créer de nouveaux emplois, attirer plus de trafic vers les commerces et institutions locales, et surtout, renforcer la sécurité routière.

Devant l’entrée principale du Collège Boréal, les membres de la communauté sudburoise se sont réunis ce lundi pour lancer le coup d’envoi d’Uber dans la ville du nickel, et pas que, puisque 78 autres communautés dans le nord de la province bénéficieront de l’application de covoiturage.

Pour la députée du Nickel Belt, France Gélinas, ce nouveau service est un grand pas pour les zones moins desservies par les transports en commun et les taxis. « Pour la région que je représente, qui n’a pas ou très peu d’accès aux taxis, ça va rendre nos communautés beaucoup plus sécuritaires. »

Vox pop dans les rues du Sudbury : qu’en penses les usagers?

La sécurité routière s’est imposée comme un enjeu central de l’événement. En effet, le déploiement d’Uber dans la région constitue une alternative qui réduira la conduite avec faculté affaiblie. Steve Sullivan, le directeur de l’organisme Mères contre l’alcool au volant (MADD), a souligné l’importance de ce service pour la jeunesse régionale. À ses côtés, Kim Hancock – dont le fils DJ Hancock est tragiquement décédé à 18 ans en 2014, percuté par un conducteur à Sudbury – a également salué l’arrivée d’Uber.

« C’est intéressant qu’on soit au Collège Boréal aujourd’hui. L’Université Laurentienne et le Collège Cambrian sont aussi ici pour démontrer que leurs étudiants veulent bénéficier de ce service-là », relate Paul Lefebvre, le maire de Sudbury, présent à l’événement pour appuyer l’initiative. « Il y a des gens qui veulent peut-être sortir, prendre un verre ou deux. C’est encore plus facile qu’avant parce qu’il y aura une offre de services qui n’existait pas avant. On enlève ce risque-là aux gens ».

Création d’emplois et retombées économiques

L’arrivée du géant mondial du transport à la demande dans le Nord a déjà suscité l’engouement de plusieurs conducteurs, affirme Laura Miller, la directrice des politiques publiques et des communications d’Uber Canada. « Il y a beaucoup d’intérêt. Des conducteurs passent actuellement le processus de vérification des antécédents, ils nous envoient leurs dossiers de conduite, font inspecter leur véhicule et participent aux formations ».

C’est d’ailleurs l’un des premiers candidats approuvés, Shivjot Sharma, qui a eu l’honneur d’être le premier conducteur Uber de la région. Pour ouvrir le bal, il a escorté la directrice devant le Collège Boréal. « On a assez de conducteurs qui ont complété le processus en entier », dit-elle. « Hier déjà, nous savons quand les gens atterrissaient à Sudbury, ils ouvraient l’application pour voir si Uber était disponible ».

Shivjot Sharma est le premier conducteur Uber du Nord de l’Ontario. Photo : Aïssatou Odia Barry / ONFR

Marie Litalien, présidente et cheffe administrative de la Chambre de commerce du Grand Sudbury, soutient l’idée qu’Uber attirera plus de trafic vers les commerces locaux. Photo : Aïssatou Odia Barry / ONFR

L’implantation d’Uber favorisera l’économie locale en optimisant la mobilité des citoyens entre les différents commerces, affirme Marie Litalien, présidente et cheffe administrative de la Chambre de commerce du Grand Sudbury. Elle confie qu’un grand nombre d’institutions, notamment des restaurants, des hôtels, et des établissements de santé, soutiennent le déploiement d’Uber dans la ville.

« Il y avait des défis avec les transports locaux. Alors, la ville du Grand Sudbury a vu une occasion à travers nos différents partenaires d’essayer d’aider notre communauté d’affaires pour les aider avec le tourisme, le développement économique, et les employés ».

Ce projet porte également un message à la province. Actuellement, la réglementation des transports en Ontario est gérée à l’échelle municipale, ce qui explique pourquoi à peine 44 municipalités sur 404 ont accès à Uber, selon elle. « Quand c’est une politique pour toute la province, c’est plus facile pour des compagnies comme Uber de s’établir dans les communautés plus petites ».

Possible grâce au Projet pilote sur les services de covoiturage dans le Nord, l’arrivée d’Uber pourrait être un modèle pour d’autres régions et municipalités non desservies, dit Mme Miller. « La province fait ici un premier pas en se demandant comment établir des règles solides et cohérentes, à commencer par le Nord-Est de l’Ontario, ce qui nous a permis de fournir ce service ici ».