Doug Ford a rencontré les travailleurs de l'usine de Dofasco à Hamilton suite à l'entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains. Photo : compte officiel X de Doug Ford
Politique

Tarifs : l’Ontario élargit l’aide provinciale d’un milliard aux entreprises et aux travailleurs

Doug Ford a rencontré les travailleurs de l'usine de Dofasco à Hamilton suite à l'entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains. Photo : compte officiel X de Doug Ford

HAMILTON – À la suite de l’échec des négociations entre le Canada et les États-Unis et de l’entrée en vigueur samedi de nouveaux tarifs, le premier ministre Doug Ford annonce l’élargissement immédiat des critères d’admissibilité du Programme de financement pour protéger l’Ontario (PFPO).

Ce programme de 1 milliard de dollars en prêts – lancé à l’origine en août 2025 pour injecter du fonds de roulement direct dans les entreprises (salaires, loyers, services publics) – voit son accès étendu.

Cette enveloppe est désormais mobilisée pour permettre aux entreprises dont les exportations sont touchées par la nouvelle hausse de 50 %, ainsi qu’à celles assujetties aux droits de douane existants (acier, aluminium, cuivre et véhicules automobiles), de mieux faire face aux pressions opérationnelles et de préserver l’emploi.

« Notre gouvernement fera tout ce qui est nécessaire pour défendre les travailleurs de l’Ontario et protéger leur emploi ainsi que leur salaire alors que nous faisons face à cette nouvelle attaque économique du président Trump », a déclaré le premier ministre Doug Ford.

De son côté, la cheffe de l’opposition officielle et du NPD, Marit Stiles, exige un soutien direct aux travailleurs à risque de la province. Elle demande également au gouvernement ontarien un plan complet incluant des aides financières ciblées pour les secteurs automobile et manufacturier, ainsi qu’un renforcement du principe d’achat local « Achetez ontarien » dans les marchés publics.

Rupture des négociations entre le Canada et les États-Unis

La réponse ontarienne résulte directement de la rupture des discussions avec les États-Unis qui, faute d’accord, ont mis à exécution leurs menaces tarifaires. Depuis ce samedi, de nouvelles surtaxes massives au titre de la Section 338 frappent pour environ 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes (soit 5 % des exportations vers le Sud).

Ces droits de douane grimpent jusqu’à 50 % sur une vaste gamme de produits (alcools, électronique, produits transformés du bois, matériel sportif), tout en portant la charge globale à 50 % sur l’acier et l’aluminium et à 45 % sur le bois d’œuvre, en plus du tarif de 25 % maintenu sur l’automobile.

L’escalade s’est encore intensifiée ce lundi matin : le président Donald Trump a directement menacé sur son réseau Truth Social d’augmenter les tarifs à 50 % dès le 1ᵉʳ janvier prochain sur l’ensemble des automobiles, camions, pièces détachées et de l’acier en provenance du Canada.

En réponse à ces attaques, le gouvernement fédéral canadien a confirmé que ses contre-tarifs de réplique « dollar pour dollar » ciblant les exportations américaines entreraient officiellement en vigueur le 8 septembre prochain.

Doug Ford a par ailleurs publiquement soutenu la décision d’Ottawa de quitter la table de négociation et préconise une ligne dure. Il a suggéré d’utiliser l’énergie, l’électricité et les minéraux critiques comme leviers de négociation, tout en ciblant avec des contre-tarifs des États américains politiquement stratégiques.

Zone économique spéciale : l’appel du maire de Sudbury

C’est dans ce contexte de pression américaine et de riposte canadienne que Paul Lefebvre, maire de Sudbury, a pressé ce lundi les deux paliers gouvernementaux à désigner son territoire zone économique spéciale. « Cela permettrait d’attirer les investissements, d’accélérer le développement industriel et de renforcer la chaîne d’approvisionnement en minéraux essentiels du Canada, à un moment où la concurrence mondiale pour les capitaux s’intensifie », a plaidé le premier magistrat de la ville du nickel.

Selon l’élu, les tarifs de l’administration Trump font planer un risque. « Notre nickel, notre cuivre et notre cobalt sont exportés quotidiennement vers les marchés américains, et nos entreprises de fournitures et de services miniers exercent leurs activités de l’autre côté de la frontière. Une escalade des tensions commerciales aura des répercussions sur les entreprises, les travailleurs et les familles du Grand Sudbury. »

M. Lefebvre estime qu’il faut faire plus que vendre la ressource extraite : « Voici l’occasion de voir les choses en grand. Exploiter les mines dans le nord de l’Ontario. Transformer et raffiner le minerai dans le nord de l’Ontario. Fabriquer des produits à plus forte valeur ajoutée ici, en Ontario, partout au Canada, et les vendre sur les marchés du monde entier » avec des emplois canadiens.