Langues officielles: les francophones «ont été entendus», dit la ministre

La ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor. Gracieuseté

OTTAWA – Le prochain Plan d’action sur les langues officielles se démarquera de ses prédécesseurs pour son «investissement historique dans le domaine des langues officielles», selon la ministre Ginette Petitpas Taylor.

Lors du budget fédéral mardi, Ottawa a annoncé des milliards de dollars pour son prochain Plan d’action, une feuille de route qui dirige le gouvernement fédéral durant cinq ans sur sa façon de gérer les enjeux relatifs aux communautés linguistiques en milieu minoritaire. Au total, c’est 3,8 milliards de dollars qui seront investis pour les communautés linguistiques minoritaires sur cinq ans, une augmentation d’un milliard de dollars par rapport au Plan d’action de 2018 à 2023.

«C’est un investissement historique. C’est le plus gros montant qu’on a jamais vu pour des investissements dans le domaine des langues officielles», affirme avec un grand sourire la responsable des Langues officielles au cabinet, au micro d’ONFR+.

Il manque toutefois un gros morceau dans l’équation des langues officielles, admet-elle: l’adoption du projet de Loi C-13, qui pourrait survenir, au plus tôt, d’ici la fin avril, mais qui doit se rendre au Sénat avant cette étape.

«Le Plan d’action et le projet de loi vont de pair. Il va y avoir des aspects de la Loi qu’on va voir dans le Plan d’action (…). On a bien hâte de voir le projet de loi sortir du comité pour se rendre au Sénat et qu’on puisse enfin voir son adoption», s’impatiente la ministre en entrevue à son bureau.

La dernière chance pour les élus du Comité des langues officielles de débattre du projet de loi sera ce vendredi avec une séance marathon d’un peu moins de cinq heures prévues à l’horaire. Par la suite, les députés ne pourront plus débattre et devront voter sur tous les amendements restants.

L’immigration francophone: la clé

Le Plan d’action sur les langues officielles doit sortir avec davantage de détails d’ici la fin avril, mais il sera centré sur quatre secteurs principaux: l’immigration francophone, le secteur économique francophone, l’accès à la justice en français et le respect de la Loi sur les langues officielles par les instances fédérales.

L’immigration francophone reste le pilier de ce Plan d’action, identifie Ginette Petitpas Taylor. Avec les récentes données du Recensement sur le déclin du français, l’emphase et les outils financiers doivent être mis sur la réparation du poids démographique des francophones, avance-t-elle. Le fait qu’il soit un élément essentiel dans ce Plan «reflète les commentaires des intervenants francophones».

«Ils ont été entendus», indique-t-elle sur les organismes ayant présenté leurs demandes auprès de la ministre lors de consultations pancanadiennes au cours de la dernière année.

Le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE Canada), l’organisme porte-parole du secteur économique de la francophonie canadienne, a d’ailleurs salué que les mesures du Plan d’action ciblent «les problématiques rencontrées par les communautés de langues officielles en situation minoritaire» et qu’elles incluent une «une volonté réelle d’inclure la minorité francophone dans le nécessaire travail de relance économique dont le pays a besoin».

L’autre gros morceau est la bonification de 679 millions de dollars qui sera envoyée aux provinces dans le cadre de l’éducation dans la langue de la minorité, du primaire au postsecondaire. L’un des éléments en attente dans ce dossier est la promesse des libéraux de rendre permanente une enveloppe financière destinée aux universités et collèges francophones du pays et de la faire passer de 40 à 80 millions de dollars.

Les universités franco-ontariennes, comme l’Université de Sudbury, l’Université de l’Ontario français (UOF) et l’Université de Hearst pressent le fédéral de réaliser sa promesse électorale de 2021, près de deux ans après la débâcle financière qu’a connue La Laurentienne.

«Je peux juste vous dire qu’avec le dépôt du Plan d’action, on aura d’autres nouvelles à vous annoncer», laisse entendre avec un sourire en coin.