Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge. Archives ONFR+
Actualité

Langues officielles : encore des « problèmes récurrents », s’inquiète le commissaire Théberge

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge. Archives ONFR+
Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge. Archives ONFR+

OTTAWA — Dans un bilan à mi-parcours du Plan d’action pour les langues officielles, le commissaire Raymond Théberge s’inquiète que des problèmes récurrents impactent encore les communautés de langues officielles en milieu minoritaire. Ce rapport qui porte entre autres sur l’immigration francophone presse Ottawa d’augmenter plus rapidement sa cible.

« Mon bilan reste mitigé : certains problèmes récurrents compromettent depuis trop longtemps nos communautés dont l’avenir ‒ voire le destin ‒ me tient énormément à cœur », étales comme constat Raymond Théberge.

Ce dernier estime qu’il a encore du pain sur la planche pour les institutions fédérales concernant le Plan d’action.

Ce plan d’action de 2023 à 2028 promettait 4,1 $ milliards pour les langues officielles dans plusieurs domaines : santé, éducation, économie, immigration, arts et culture, etc.

« Ce que je pourrais dire est que l’on constate qu’il y a eu certains progrès, mais comme c’est typiquement le cas quand on parle des langues officielles, on a encore beaucoup de chemin à faire pour arriver à l’égalité réelle. Je pense que le gouvernement doit encore déployer plus d’efforts », a-t-il affirmé en conférence de presse à Dieppe mardi matin pour présenter ce document.

Lors de cette même conférence, l’ancien éducateur et recteur universitaire décerne une note de B au gouvernement pour son travail jusqu’à présent dans cette feuille de route gouvernementale sur les langues officielles.

Hausser la cible en immigration francophone

S’il reconnaît que le gouvernement a fait « un pas dans la bonne direction » en matière d’immigration francophone, il estime que le fédéral a « encore du chemin à faire », citant l’intégration et la rétention des nouveaux arrivants de langue française.

« Je m’attends d’ailleurs à ce que les cibles en admission de résidents permanents d’expression française continuent à progresser, accompagnées de moyens, de ressources et d’une ligne du temps qui permettront d’entrevoir le rétablissement (et l’accroissement au-delà) du poids démographique des minorités francophones », écrit-il dans ce rapport.

Il mentionne aussi que le ministère de l’Immigration vend de fausses perceptions « aux nouveaux arrivants potentiels une vision du vivre en français qui minimise les difficultés auxquelles ils feront face en milieu linguistique minoritaire ». Il s’inquiète particulièrement de l’impact des compressions budgétaires à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

« J’invite IRCC à respecter son engagement d’intégrer une lentille francophone dans chaque étape du développement de l’ensemble de ses politiques et programmes, même dans un contexte de restructuration, de compressions budgétaires et de réduction de l’immigration. »

En novembre, le gouvernement avait annoncé une légère réduction de sa cible en immigration francophone pour les trois prochaines années.

En éducation, Raymond Théberge souligne que dans le cadre des ententes entre les provinces et le fédéral, il y a toujours « une certaine difficulté à suivre le cheminement des fonds issus des ententes ». Selon le commissaire Théberge, « les informations ont tardé à se rendre sur le terrain » auprès des intervenants francophones, plaçant ceux-ci dans « des situations précaires ». 

Le commissaire mentionne aussi une lourdeur administrative qui est imposée aux organismes francophones, notamment dans la reddition de compte avec « des processus rigides et complexes qui entraînent une charge de travail parfois démesurée ».