Le Consortium Centre Jules-Léger devient officiellement propriétaire de son édifice
OTTAWA — Six ans après avoir obtenu son autonomie, le Consortium Centre Jules-Léger (CCJL) est désormais propriétaire de l’édifice qui abrite ses deux écoles, les logements destinés aux élèves et ses bureaux administratifs. Une acquisition que le 13e conseil scolaire francophone de l’Ontario présente comme une nouvelle étape vers une gestion pleinement autonome.
Le bâtiment accueille l’École d’application, l’École provinciale ainsi que les logements des élèves qui doivent séjourner à Ottawa pour avoir accès aux services spécialisés du Consortium.
« Devenir propriétaire de ce bâtiment marque une étape majeure dans notre parcours vers une gestion pleinement autonome, par et pour les francophones. C’est un grand moment! », a déclaré le directeur de l’éducation du CCJL, Jean-François Boulanger.
Pour ce dernier, l’annonce marque l’aboutissement de plusieurs années de démarches.
« C’est un grand soulagement. Cela fait plus de cinq ans que je travaille là-dessus. Les conseillers scolaires avaient amorcé des conversations avant même le transfert de gouvernance », confie-t-il à ONFR.

Un transfert depuis Infrastructure Ontario
L’opération ne constitue pas une vente immobilière classique, mais un transfert entre deux entités provinciales. L’édifice, qui appartenait auparavant à Infrastructure Ontario, a été transféré au CCJL, précise M. Boulanger. Celui-ci n’a pas souhaité dévoiler la valeur financière ni les modalités détaillées de la transaction.
Le Consortium occupe depuis 1998 l’édifice situé au 281, avenue Lanark, à Ottawa. Il souhaitait demeurer sur ce site et profiter des rénovations et des investissements réalisés par le ministère au fil des années.
« Ce que cela veut dire, dans le fond, c’est que le CCJL est maintenant responsable de gérer cet édifice, peu importe le coût opérationnel », explique le directeur de l’éducation.
Le transfert ne devrait donc pas entraîner un allègement immédiat du budget du Consortium. « Nous verrons après une année quels seront les impacts budgétaires. Nous allons continuer à gérer l’édifice avec les fonds que nous recevons du ministère », indique-t-il.
Une plus grande marge de manœuvre
L’acquisition doit surtout permettre au Consortium de planifier plus librement le développement de ses installations et de ses services, en fonction de l’évolution des besoins des élèves et de leurs familles.
« Cela implique que nous sommes davantage maîtres de nos installations. Si nous décidons de faire un agrandissement, de modifier des locaux ou d’ajouter un local spécialisé, nous n’aurons plus à passer par toutes les approbations extérieures au CCJL, qui pouvaient prendre des mois et des mois », souligne M. Boulanger.
À ses yeux, cette nouvelle responsabilité revêt également une dimension symbolique pour la communauté franco-ontarienne.
« On minimise souvent la portée d’une telle annonce en disant que ce n’est qu’un édifice. Mais je pense qu’il est important de savoir que les francophones peuvent gérer leurs propres bâtiments. Le « par et pour » signifie aussi gérer nos propres installations », insiste-t-il.
Le CCJL offre des services éducatifs spécialisés aux élèves francophones de partout en Ontario ayant des troubles sévères d’apprentissage ou vivant avec la cécité, la surdité ou la surdicécité. ONFR avait d’ailleurs consacré un grand angle au CCJL, à son fonctionnement et aux services spécialisés qu’il offre aux élèves francophones de la province.
Le Consortium célèbre cette acquisition après 46 années d’existence, dont six comme conseil scolaire francophone autonome.
Six années de démarches
Le CCJL assure de façon autonome sa gouvernance et sa gestion depuis 2020. À cette époque, le transfert de la propriété de l’édifice ne faisait pas partie des acquis, rappelle la présidente du Consortium, Johanne Lacombe.
« Lorsque nous avons entrepris le transfert de gouvernance en 2020, rien n’était acquis quant à l’obtention de la propriété du bâtiment. Il aura fallu six années de travail, de discussions, de suivis et d’engagement envers la mission du CCJL pour en arriver à cette finalité. Aujourd’hui, nous pouvons dire : mission accomplie! », a-t-elle affirmé.