Les francophones de la péninsule du Niagara rassemblés au Foyer Richelieu de Welland à l'occasion de la fête St-Jean-Baptiste. Gracieuseté de Paul Lafontaine
Société

Un projet de carrefour pour centraliser la francophonie du Niagara

Les francophones de la péninsule du Niagara rassemblés au Foyer Richelieu de Welland à l'occasion de la fête St-Jean-Baptiste. Gracieuseté de Paul Lafontaine

ST. CATHARINES – Ce mois-ci a commencé une planification stratégique communautaire, mobilisant une partie du réseau associatif francophone du Sud de l’Ontario. Le projet vise à ériger un nouveau carrefour francophone dans la région Niagara, suite à l’octroi de 50 000 dollars par Patrimoine canadien (PCH) au mois d’avril. Dès maintenant et au cours des prochains mois, l’accent sera mis sur la co-création d’une vision commune.

Après plusieurs refus de financement dans le passé, c’est enfin la bonne. D’après Jean Chartrand, qui œuvre comme secrétaire au Centre communautaire Le Griffon, l’organisme a désormais fait appel à une firme de consultants pour mener « une étude qui nous donnera des outils pour faire évoluer la collaboration entre les services francophones de la péninsule du Niagara et pour passer au niveau supérieur », se réjouit-il.

Prévue pour durer jusqu’en mars 2027, cette démarche pose les bases de « La francophonie du Niagara vers le futur », un exercice de planification stratégique en vue de la construction d’un nouveau carrefour francophone.

Contrairement à l’Interagence Niagara où une trentaine d’organismes à but non lucratif (OBNL) francophones de secteurs variés se réunissent ponctuellement au cours de l’année, cette fois-ci, pour M. Chartrand, l’objectif est d’aller « au prochain niveau », au-delà des fondements en place pour centraliser les enjeux et solutions en faveur de la communauté.

Jean Chartrand, secrétaire du Centre communautaire Le Griffon à Welland, l’organisme qui chapeaute le lancement de « La francophonie du Niagara vers le futur », comme planification stratégique communautaire en vue de la création d’un nouveau carrefour francophone. Gracieuseté

D’après M. Chartrand, les prochains participants compteront les quatre organismes d’âge d’or de St. Catharines, de Niagara, de Welland et de Port Colborne, ainsi que le Centre culturel Le Griffon et la Maison de la culture francophone. Répondront présents également le Foyer Richelieu, le Club de la Salle, CERF Niagara, Sofifran (femmes immigrantes), et certains conseils scolaires.

Par ailleurs, il assure qu’il n’y a pas d’organisme dominant et que chacun conserve son mandat. Cette centralisation des organismes et des citoyens permettra de mener sous peu des consultations afin d’établir les priorités. À terme, il s’agit « de rassembler les nombreux organismes francophones de la péninsule et d’établir un fil conducteur plus direct », explique le secrétaire de l’organisme culturel.

Le projet était dans les esprits depuis trois ans : « C’est la meilleure initiative depuis dix ans. On voit que ça va être favorable », confie-t-il, visiblement emballé.

« Tous les groupes ont des besoins spécifiques », souligne la directrice de Sofifran

Au vu de son travail avec les différents acteurs de la région en établissement et en immigration, Sofifran (Solidarité des femmes immigrantes francophones du Niagara) apparaît comme un participant de taille, au fait des besoins d’une communauté francophone en situation minoritaire.

Sa directrice générale, Fété Kimpiobi, se réjouit du financement accordé après une deuxième tentative réussie. « Lors de nos assemblées générales annuelles du Griffon, nous étions une vingtaine de partenaires communautaires autour de la table », souligne-t-elle.

La directrice générale de Sofifran, Fété Kimpiobi, se réjouit du cheminement vers un carrefour francophone. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Pour elle, un carrefour permettrait l’intégration des communautés francophones historiques, des personnes issues de l’immigration notamment les femmes, les familles exogames, les francophiles, les aînés et les jeunes.

« Bâtir ensemble une francophonie plus inclusive est extrêmement important pour la rendre plus dynamique et plus forte », décrit-elle, en accordant une attention particulière à la jeunesse comme partie intégrante du projet. « Nous devons tous nous mettre ensemble autour d’une vision commune que nous aurons à définir. » Et de marteler le besoin d’immigration francophone dans cette région qui se bat contre l’assimilation.

Un pas en avant pour une région qui se bat contre l’assimilation

Le leader communautaire Robert Renaud, président du Club Les Bons Vivants et représentant de la FARFO, la rejoint : « Pour faire valoir la vie dans la région, il est important d’avoir un rassemblement de services pour que l’on puisse s’entraider. »

M. Renaud, qui préside également la FARFO et Retraite Action Niagara, observe qu’au sein des résidences pour aînés, « les francophones parlent anglais ». Ainsi, selon lui, il est essentiel de disposer d’un carrefour physique : « Un centre physique serait très important parce que cela donne de la visibilité pour vivre en français », permettant de « prendre le pouls de tous les besoins des groupes et des francophones qui vivent individuellement dans la région de Niagara », tout en mettant l’accent sur le besoin de logements pour les aînés.

Jean Chartrand abonde : « D’abord, on aimerait avoir quelque chose de virtuel, qu’on ait une sorte de hub, un point central. Ensuite, un carrefour réel, c’est-à-dire un bureau avec des intervenants », espère le secrétaire. « Dans le meilleur des mondes, on va vers un point de service avec un employé où tu cherches quelque chose en français, et voici ton point de départ. »

Robert Renaud préside le Club Les Bons Vivants. Gracieuseté

Le projet s’inscrit par ailleurs dans la planification stratégique de l’AFO (Assemblée de la francophonie de l’Ontario), dans la foulée des récents états généraux. « On s’est inspiré des grands piliers du rapport de l’AFO sur le plan quinquennal de la francophonie provinciale », souligne M. Chartrand.

« Prendre le pouls de tous les besoins des groupes et des francophones qui vivent individuellement dans la région de Niagara. »
— Robert Renaud, leader communautaire francophone

« Le terme « carrefour », bien que valorisé par les instances gouvernementales, reste une idée ouverte. Sera-t-il une structure organisationnelle partagée un réseau de services virtuels ou un lieu physique de rassemblement? C’est la communauté elle-même, à travers les consultations, qui en décidera », estime par voie de communiqué Melinda Chartrand, directrice générale du Centre communautaire Le Griffon.

Pour le moment, ce nouveau Carrefour devrait voir le jour en 2027.