Après avoir ouvert le bal avec un premier week-end de spectacles au théâtre Glenn Gould les 18 et 19 septembre, les festivités se déplacent en plein air, au Bentway de Toronto, pour une foule d'animations gratuites. Photo : Gracieuseté Francophonie en Fête
Culture

Le festival Francophonie en fête s’en sort malgré les défis

Après avoir ouvert le bal avec un premier week-end de spectacles au théâtre Glenn Gould les 18 et 19 septembre, les festivités se déplacent en plein air, au Bentway de Toronto, pour une foule d'animations gratuites. Photo : Gracieuseté Francophonie en Fête

TORONTO – Cette année, le festival Francophonie en fête reconduit son traditionnel week-end d’animations gratuites au Bentway de Toronto, sous l’autoroute Gardiner. Au cœur de la programmation : des concerts, des exposants, un village communautaire et de nombreuses activités familiales mettant en valeur la diversité culturelle de la francophonie torontoise. Pour la première fois en 20 ans, l’événement coïncide avec le Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes, une édition qui se tient à un moment marqué par de nombreux défis.

Puisque l’événement coïncide avec la fête des Franco-Ontariens, l’implication de la jeunesse est d’autant plus au centre des priorités. Un rassemblement de près de 200 élèves francophones devait avoir lieu plus tôt ce vendredi pour un lever de drapeau. Toutefois, le directeur général du festival, Jacques Charette, explique que la Ville de Toronto réclamait 8000 dollars de frais supplémentaires, ce qui a entraîné l’annulation de l’événement. M. Charette précise toutefois que ce rassemblement n’était pas directement lié à la programmation du festival.

C’est la quatrième année consécutive que Le Bentway (250 Fort York Blvd) accueille le festival. Thierno Soumare gère la logistique et l’installation des scènes aux côtés du directeur depuis quatorze ans. M. Soumare se rappelle qu’auparavant, le festival était plutôt mobile et se déplaçait de théâtre en théâtre. « Je pense que la plus belle chose, c’est d’avoir trouvé Le Bentway et d’avoir ancré le festival dans un lieu fixe », confie-t-il.

Toutefois, il remarque que la ville se montre de plus en plus stricte concernant les niveaux sonores et l’organisation des festivals en plein air. Il a vu des inspecteurs de la Ville venir régulièrement vérifier les niveaux sonores sur place. « Ce n’est pas juste au Bentway, c’est la même chose à Woodbine », souligne-t-il, en ajoutant que ces règles ont évolué notamment au cours des 10 dernières années. « Au début, on pouvait organiser des festivals partout, mais depuis quelque temps, les résidents commencent à repousser ces événements. »

Pour Thierno Soumare, il est vital pour la francophonie torontoise de continuer à organiser ces festivals. « Ils font la beauté et le charme de la ville. C’est juste trois mois d’été, après lesquels il n’y a plus grand-chose dans la rue. On devrait utiliser ces trois mois pour faire de belles choses, vivre ensemble et s’apprécier mutuellement. »

Thierno Soumare gère la logistique et l’installation des scènes pour Francophonie en fête depuis quatorze ans. Photo : Gracieuseté

« On est très à cheval sur les règles », souligne le directeur général du festival, Jacques Charette. « On a un dossier impeccable avec la Ville de Toronto et avec le permis de bruit, et on a même le feu vert du conseiller municipal », assure-t-il.

Dans un entretien accordé à ONFR quelques jours avant le lancement de cette 21e édition, ce dernier confiait que malgré un financement provenant de plusieurs paliers gouvernementaux : « Les subventions sont de moins en moins importantes et les coûts sont de plus en plus élevés. Nous faisons face à des déficits accumulés chaque année. »

Par ailleurs, depuis que le festival occupe tout l’espace du Bentway, les dépenses ont quadruplé. Malgré ces difficultés financières, l’équipe continue d’avancer grâce à la fidélité de son public et de ses bénévoles.

Du côté de la ville, elle confirme que Francophonie en fête a reçu 17 500 $ dans le cadre du Programme de financement des festivals culturels (CFFP) en 2026.

Jacques Charette, directeur général de Francophonie en fête. Photo : Gracieuseté

Selon Jacques Charette, le soutien financier est devenu central. « Les institutions francophones de ce pays devraient s’impliquer davantage dans les événements que nous organisons, afin de permettre à tout le monde d’y participer. » « Les commerces marchent, les entrepreneurs se développent, les gens se sentent moins seuls. Il faut laisser les gens organiser des festivals », défend M. Soumare.

Avec sa programmation ciselée entre cultures africaine, antillaise, française, québécoise et ontarienne, le reflet de la diversité est assuré. Pour le moment, M. Charette compte faire un post-mortem de cette édition à la mi-octobre.

Une programmation qui reflète la diversité

Après de premières festivités au théâtre Glenn Gould la semaine dernière, dont une prestation du chanteur Pierre Lapointe, place maintenant aux 25 concerts qui animeront la scène principale et l’espace jeunesse, ainsi qu’à une vingtaine d’exposants artisanaux et culinaires qui occuperont également ces trois jours.

Cette année encore, l’organisme mise sur les têtes d’affiche. « C’est vrai qu’on a aussi un manque d’artistes francophones dans la région, donc on essaie à chaque fois de faire en sorte que le festival soit plus ouvert, pour éviter d’avoir des choses répétitives », assure le directeur. Ce deuxième week-end mettra en vedette la tête d’affiche québécoise Yann Perreau, qui se produira à deux reprises.

Le groupe Kazdoura et sa chanteuse Leen d’origine syrienne ont revisité des classiques de la musique arabe lors d’une ancienne édition de Francophonie en fête. Photo : ONFR/Mickael Laviolle

L’amphithéâtre Bentway est l’écrin du festival depuis quatre ans maintenant. Photo : ONFR/Rudy Chabannes

 

Jacques Charette attend environ 3000 personnes. Le directeur affirme que la participation augmente chaque année, notamment grâce à la promotion qui s’est améliorée : « On a une publicité dans le Toronto Star et To Do Toronto. » Il ajoute : « C’est toujours le défi de tous les organismes francophones à Toronto de rejoindre la communauté francophone, qui est bien éparpillée et difficile à contacter. »

La programmation dévoilée au mois de juin présente de nombreux artistes de la diversité francophone comme Suzanne LeClerk, Dieufaite Charles, Fethy Nadjem ou encore Swamparella pour clôturer la soirée.

Dans ce lieu situé sous l’autoroute Gardiner, « on fait de notre mieux pour avoir une belle programmation et puis pour assumer les coûts », rapporte M. Charette.