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Le français écorché sur le site… de la Loi sur les langues officielles

OTTAWA – À peine lancée, la page internet consacrée au 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles et à sa modernisation comporte déjà plusieurs erreurs de français.

«Misère…» Ce commentaire laconique, c’est celui de plusieurs internautes alertés par les problèmes de français sur la page internet du ministère du Patrimoine canadien consacrée à la célébration et à la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Le texte législatif, dont la première version fête cette année ses 50 ans, fait actuellement l’objet d’un examen de la part du gouvernement fédéral en vue de le moderniser. Lundi, la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, annonçait, à l’Université d’Ottawa, le début du processus de consultations qui sera marqué par dix tables rondes et cinq forums à travers le pays d’ici à la fin du mois de mai.

Et alors que la ministre Joly a répété l’importance de moderniser la Loi, le ministère du Patrimoine canadien vient de lui en fournir une autre bonne raison, donnant également un argument de plus à celles et ceux qui reprochent son manque de respect récurrent au sein de l’appareil fédéral.

 

«J’ai déjà enregistré»

Ainsi, sur la page internet Célébrons et modernisons la Loi sur les langues officielles, quand vient le temps de s’inscrire pour participer au forum en direct, Patrimoine canadien devient «Patrimone canadien». On propose aux participants de cocher la case «J’ai déjà enregistré» puis, pour finir son inscription, de cliquer sur la case «Registre».

Une capture d’écran de la page consacrée aux célébrations et à la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Et si par malheur, l’inscription ne fonctionne pas, c’est un message en anglais «Sorry but that video stream does not seem to exist» qui s’affiche.

Une capture d’écran de la page consacrée aux célébrations et à la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

 

Pas une première

Ce n’est pas la première fois que sont soulignés de tels problèmes de traduction en français sur les sites fédéraux. Le site internet d’appels d’offres a notamment été plusieurs fois pointé du doigt, comme le rappelait ONFR+ récemment.

«Je constate une accumulation de ce genre de problèmes qui me fait dire que quand le chat n’est pas là, les souris dansent!», réagit le porte-parole aux langues officielles pour le Parti conservateur du Canada (PCC), Alupa Clarke. «Il y un manque de leadership de la ministre Joly et du gouvernement libéral qui fait que les bureaucrates ne se sentent pas forcés de respecter la Loi sur les langues officielles. Ils n’en ont rien à cirer de la qualité du français au sein de l’appareil fédéral. Je commence à douter de l’aptitude de la ministre Joly à forcer et à faire respecter la Loi!»

Son homologue au Nouveau Parti démocratique (NPD), François Choquette demande lui aussi plus de leadership de la ministre Joly.

«Comme beaucoup, j’ai été consterné par les erreurs parsemant la page internet «Célébrons et modernisons la Loi sur les langues officielles» de Patrimoine canadien. Une triste ironie, pour un sujet aussi vital que ces forums de consultation. (…) Je constate avec amertume que c’est encore une fois une atteinte, parmi tant d’autres, au respect d’un droit pourtant fondamental: accéder à un service de qualité égale dans les deux langues officielles du Canada. Il faut une preuve de leadership ferme de la part de la ministre Mélanie Joly, et j’espère donc qu’il y aura des conséquences pour ceux responsables de la validation d’erreurs aussi grossières, afin que de telles inattentions ne se reproduisent plus.»

 

Patrimoine canadien, un exemple

Le cas cité aujourd’hui est d’autant plus étonnant qu’il provient d’un ministère souvent cité en exemple dans le domaine et qui a d’importantes responsabilités en matière de langues officielles.

«Sérieusement? C’est une honte deux fautes sur une page, sur un tel sujet en plus!», gazouille une internaute.

M. Clarke souligne qu’il s’agit peut-être d’un problème systémique, conséquence éventuelle de la non-obligation de recourir au Bureau de la traduction pour les ministères. Mais pour lui, le problème n’en est pas moins grave.

«S’il y a un problème structurel et systémique, qui est responsable? Qui a l’autorité d’arranger la situation? C’est la ministre et le gouvernement! Depuis quatre ans, on voit que les actions ne suivent pas les paroles.»   

 

Vite corrigé

Le bureau de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, par la voix de son porte-parole Jeremy Ghio, assure que le nécessaire a été fait.

«C’est complètement inacceptable! Il faut faire preuve de plus de vigilance et nous nous attendons à ce que tout soit vérifié avant les mises en ligne. Nous avons demandé de corriger la situation au plus vite.»

Cet article a été mis à jour le jeudi 14 mars, à 11h57.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Encore des problèmes de français sur le site d’appels d’offres fédéral

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