Le Grand Sudbury se hisse au 5e rang national pour l’emploi, selon une étude
SUDBURY – Le Grand Sudbury a progressé de 15 places pour se hisser au 5e rang national pour la performance de son marché de l’emploi, selon une étude récente qui met en lumière une forte poussée du Nord, contrastant avec le ralentissement économique dans le sud de la province.
« Cela indique un climat de confiance », observe Marie Litalien, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Grand Sudbury, en réaction au dernier rapport de la Banque de Montréal (BMO).
Cette étude évalue le rendement des 33 plus grandes villes canadiennes en s’appuyant sur cinq facteurs pondérés, dont l’évolution de l’emploi, la croissance démographique et le taux de chômage.
« On voit que cette hausse dans le classement est le résultat direct des investissements récents de la province dans notre région », poursuit Mme Litalien. Cela permet à nos entreprises de se développer et de planifier à long terme. »
Elle nuance toutefois : « Nous sommes confrontés à des défis juste comme les autres communautés du Nord, la disponibilité des logements, la main-d’œuvre, les tarifs, mais peut-être moins qu’ailleurs car nous dépendons de plusieurs secteurs. »

Le secteur minier comme pilier économique
L’étude de la BMO attribue la vigueur des marchés de l’Ouest canadien et de Sudbury à la performance des économies axées sur les ressources. Alex Ross, responsable du développement commercial pour la Ville du Grand Sudbury, confirme cette dynamique locale.
« Le rapport montre qu’il y a eu des résultats plus forts et plus positifs dans l’économie des ressources », explique-t-il.
« Je soupçonne qu’une grande partie de cela pourrait être due à l’importance croissante des minéraux critiques, comparativement à certaines des villes qui n’ont pas aussi bien performé et qui étaient davantage basées sur le secteur manufacturier dans le Sud. »
Selon les données de la municipalité, l’industrie minière demeure justement un pilier central et le premier secteur en matière d’employabilité.
« Le secteur de l’approvisionnement et des services miniers emploie environ 14 000 personnes, et environ 5500 autres travaillent directement dans l’extraction et le traitement, précise M. Ross. C’est donc un moteur majeur de l’économie de Sudbury. »
Cette activité génère des retombées plus larges sur l’économie locale.

« Quand le secteur minier a un succès, ça bénéficie à toute la communauté, ajoute Mme Litalien. Ce n’est pas juste le secteur minier, il y a par exemple plus de gens qui vont dans nos restaurants ou nos magasins. »
Une structure économique diversifiée
Malgré l’impact des ressources, la stabilité du marché du travail repose également sur d’autres secteurs clés comme la vente et les services, qui représentent plus de 20 000 emplois, suivis par la santé et l’assistance sociale avec plus de 13 000 postes, puis par l’administration publique, l’éducation et la justice.
La municipalité ajoute que la croissance est soutenue par le recrutement continu en santé, un niveau record de productions cinématographiques, ayant généré 16 millions de dollars de dépenses locales, et par l’activité touristique lors d’événements majeurs.
De plus, la municipalité a enregistré près de 600 millions de dollars en permis de construction en 2025, incluant un investissement manufacturier de 85,1 millions de dollars de la part de l’entreprise Sandvik.
Cette conjoncture favorise la création d’entreprises, bien que le profil de ces dernières évolue de manière contrastée. « Les données de la table de la main-d’œuvre de février montrent que de 2024 à 2025, il y a eu une augmentation positive du nombre total d’entreprises, avec une hausse nette de 291 firmes », indique M. Ross.

« Beaucoup de celles-ci étaient de petites entreprises. Les catégories d’entreprises avec zéro employé ont augmenté, celles de 1 à 19 employés ont diminué, mais les entreprises de 20 à 99 employés et celles de 100 employés et plus ont augmenté. »
Du côté de la Chambre de commerce, l’adhésion suit une courbe similaire. L’organisme indique avoir terminé sa dernière année fiscale avec 782 membres, pour atteindre actuellement un total de 825 membres actifs.
Le rôle des flux migratoires et de l’immigration
La croissance démographique alimente ce marché du travail, la population de la région métropolitaine de recensement étant estimée à près de 194 000 habitants en 2025 alors qu’elle était de 165 000 en 2021. À l’échelle provinciale, l’étude de la BMO note que le coût de la vie pousse certains jeunes adultes à quitter Toronto et à choisir la ville du nickel.
Selon des données de Statistique Canada fournies par la municipalité, le Grand Sudbury enregistre un solde migratoire intraprovincial systématiquement positif, ayant attiré plus de 2500 résidents en provenance d’autres régions de l’Ontario au cours des quatre dernières années.
M. Ross souligne d’ailleurs que le Grand Sudbury est la communauté qui attire le plus grand nombre de nouveaux arrivants d’expression française parmi toutes les villes du Nord de l’Ontario avec 480 résidents permanents francophones établis dans la région au cours de l’année 2025 (contre 45 à Timmins), selon les données de l’Observatoire en immigration francophone au Canada.

Pour encadrer ces arrivées, la ville s’appuie sur des programmes fédéraux. L’année dernière, 46 personnes et leurs familles se sont établies via le nouveau Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones, remplissant la totalité des quotas alloués.
Le Programme pilote d’immigration rurale et du Nord a quant à lui généré plus de 900 demandes pour 525 places. « C’est formidable de voir ce programme pleinement utilisé, conclut M. Ross. Il est de nouveau disponible cette année. »
« Notre membriété compte beaucoup de petites entreprises et de nouvelles entreprises qui sont des immigrants, mentionne quant à elle Mme Litalien. On diversifie nos membres, c’est vraiment beau à voir. Quand on voit les différents immigrants avec de nouvelles entreprises, ça nous aide à être une communauté plus accueillante. Alors ça a des effets sur notre capacité de croissance et sur l’économie. »