Le Théâtre du Nouvel-Ontario dévoile sa 55e saison et annonce un financement majeur
SUDBURY – Le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) a dévoilé sa 55e saison à la Place des Arts — un moment charnière pour l’institution qui reçoit également un financement de 371 300 dollars. Cette subvention provinciale, versée par l’entremise de la Fondation Trillium de l’Ontario (FTO), servira à un projet d’initiation artistique destiné aux jeunes francophones et francophiles de Sudbury.
Pour sa 55e saison, le Théâtre du Nouvel-Ontario explorera le thème « Dévoiler l’invisible », un concept artistique sur lequel se basera une série de spectacles évocateurs. Entre récits autobiographiques, contes autochtones et comédies musicales, la nouvelle programmation regroupera notamment des œuvres centrées autour de la notion de mémoire, à la fois collective et individuelle.
« C’était vraiment une façon de nous inviter ensemble à avoir envie de plonger, puis se donner le droit de regarder les choses, la vie, le monde qu’on a devant nous d’un autre regard, d’une autre perspective, puis voir ce qui est caché en dessous qu’on voit pas au premier regard finalement », confie Marie-Pierre Proulx, qui entame d’ailleurs sa dixième saison en tant que directrice artistique du théâtre.
Fondé en 1971, le TNO est devenu au fil des années un véritable pilier de la dramaturgie franco-ontarienne. La 55e saison mettra en vedette des auteurs confirmés, mais aussi des talents émergents. « On offre quelque chose où je pense qu’il y a une confiance qui est là et il y a le souhait de plaire aux gens, de leur proposer des spectacles rassembleurs qui vont aussi créer des discussions », ajoute Mme Proulx.
Des récits axés sur la mémoire
La saison s’amorce le 23 octobre prochain avec Frétillant et agile de Jocelyn Sioui, un conte inspiré du héros wendat Auhaïtsic. Le spectacle sera codiffusé avec la Slague et le Centre franco-ontarien de folklore. Plus tard en novembre, également née d’une collaboration avec la Slague, la comédie musicale Patenteuses, signée Chloé Thériault, sera présentée. Cette pièce suit l’histoire de la mafia canadienne-française.
En hiver, le Théâtre du Nouvel-Ontario jouera Sansremords et Sansregret, une comédie familiale de la metteuse en scène Hélène Dallaire accompagnée des auteurs, Antoine Côté Légault et Chloé Thériault. Le TNO proposera également aux spectateurs une production maison. En effet, l’institution dévoilera Os, une pièce mêlant humour, poésie, projection visuelle, et marionnettes, créée par Vincent Leblanc-Beaudoin.

La programmation adulte s’achèvera le 1er mai avec En sortant de Cochrane, un récit autobiographique d’Alain Lauzon, un francophone originaire de Moonbeam. Il raconte l’histoire de deux silences : ceux qui ont suivi l’accident de la route de sa mère ainsi que son coming-out effectué un an plus tard. « L’accident a eu lieu dans la région de Cochrane, ensuite mon coming-out se fait à Sudbury, lors de ma première année à l’Université Laurentienne », raconte-t-il.
Pour honorer ses racines francophones et nord-ontariennes, le dramaturge s’est servi des expressions francophones de la région. « Là où il y a une portée régionale dans le texte dont je suis très fier, c’est que c’est vraiment écrit et porté par les comédiens dans la langue de Moonbeam. On a vraiment gardé l’accent ».
Quant à sa programmation jeunesse, le TNO présentera Lou dans la nuit, le premier spectacle pour enfants de la saison le 28 novembre. Conçu par le Théâtre des confettis, il sera destiné aux enfants de quatre à huit ans. En avril, le public aura aussi droit à Batailles, une pièce de DynamO Théâtre, dédiée aux enfants de huit à dix ans. La 55e saison se conclura avec Oryza, une production jeunesse pour les tout-petits, signée Théâtre des petites âmes.
Un financement majeur pour la jeunesse
Cette année, le théâtre reçoit un financement important du gouvernement provincial. Versée par l’entremise de la Fondation Trillium de l’Ontario, la somme de 371 300 dollars appuiera le projet Activation de la jeunesse. « C’est l’aboutissement d’une réflexion qu’on a depuis les trois dernières années par rapport au besoin d’aller développer le jeune public qui s’intéresse aux arts francophones à Sudbury », explique Maxime Cayouette, responsable de la médiation et du développement des publics du théâtre.
Bien que le TNO offre déjà des ateliers pour la jeunesse, l’équipe avait constaté quelques trous dans sa programmation. « On offrait des activités pour les plus jeunes, parfois pour les ados aussi, mais il manquait quelque chose pour les 13-14 ans », poursuit-il. Avec ce financement, le projet étalé sur une période de trois ans ciblera tous les âges afin de « solidifier et pérenniser les activités qu’on fait, puis s’assurer que ça rejoint autant de groupes d’âge que possible ».

Pour y parvenir, le théâtre compte s’ancrer dans le milieu scolaire francophone afin d’offrir des ateliers et outils d’initiation aux arts de la scène au sein des écoles. « Notre canal principal pour accéder aux jeunes francophones, c’est les conseils scolaires francophones », ajoute le coordonnateur. Le TNO collaborera également avec le Carrefour francophone de Sudbury.
Le premier projet d’Activation de la jeunesse consistera en des cours de théâtre animés par Natalie Lalonde. À travers ces activités, les jeunes impliqués pourront participer à la création d’une pièce communautaire, Sous le voile des bûches, une production qui sera dévoilée le 26 décembre prochain.